Aujourd’hui sur le pod, je jase avec mon ami Lucas Marcotte Richardson, Staff Product Designer chez Shopify.
On discute de carrière en SaaS, plus spécifiquement de celle de Luke, qui m’a toujours inspiré.
C’est un joueur clé qui a passé à travers différents rôles et types de SaaS haut-calibre. Il a une riche expérience produit & UI/UX — je pense que plusieurs junior ou intermédiaires pourraient apprendre de son parcours. On couvre plusieurs trucs :
C’est un vrai plaisir pour moi de mettre un spotlight sur la carrière et les réflexions d’un de mes plus vieux amis, et surtout, un des plus talentueux.
—
SaaSpasse à Montréal — édition 3
Le 7 septembre prochain, SaaSpasse débarque dans la métropole en force avec l'enregistrement d'un podcast LIVE avec ⁠Simon De Baene⁠, CEO @⁠Workleap⁠ et ⁠François⁠, fondateur @⁠SaaSpasse⁠.
⁠Réservez vos billets 🎟️⁠
—
⁠Envoyez-nous vos questions pour Simon De Baene ⁠
—
Cool SaaS peeps mentionnés :
—
Crédits musique
Si vous faites partie d’un SaaS québécois, allez sur ⁠saaspasse.com⁠, cliquez sur le bouton “Ajoutez votre SaaS” pour être indexé dans notre répertoire.
—
Suivez-nous sur LinkedIn et Instagram pour découvrir des SaaS de la province et avoir des updates sur le projet + les nouveaux épisodes du podcast.
Lucas Marcotte-Richardson:Quand tu commences ta carrière et que tu as besoin de cette proximité plus directe avec des gens d'autres disciplines, de te voir ce que le dev fait sur son ordi, d'y parler de concepts techniques au dîner. Mais je sympathise pour les gens qui commencent leur carrière en ce moment et qui vont vivre une vie fully remote au complet. Tu n'auras pas cet osmosis-là d'apprendre par proximité quand tu en as vraiment besoin au début.
François Lanthier Nadeau: Ah, à qui je suis pogné pour le tuer ? À qui je suis pogné pour m'écouter, non ? On est pogné dans ce tuer. Moi, puis tu es riche, tu fais mieux, tu es top. Juste des discussions sans filtre avec founders ou employés clés en SaaS. Si vous faites partie d'un SaaS québécois, allez sur Saas bouton mauve Ajouter votre SaaS pour être indexé dans notre répertoire des SaaS au Québec. On a plus de 150 startups d'index. Le prochain event SaaSpasse aura lieu à Montréal le 7 septembre dans les bureaux de WorkLeap, qui était précédemment GSoft. Les billets sont dispos sur Evenbright, sur la bannière de notre site, et puis en show notes. Ça va être un live. pod avec le cofondateur Simon Deben. Donc, ça promet, si vous avez des questions pour lui, utilisez le lien en show notes pour nous envoyer des questions. OK, segment promo pour le pod. On a un nouveau projet. Moi et deux amis avec un solide track record en SEO, Chappefleur McLaughlin-Piché et Ludovic Armand de RealPosica. On monte tranquillement une offre premium d'SEO pour SaaS avec au-dessus de 2 millions d'ERR ou en phase de croissance forte. On offre le full package. Donc SEO technique, acquisition de backlinks et contenu. On peut aussi travailler avec des rédacteurs à l'interne au besoin. Si ça vous intéresse, glissez dans mes DMs LinkedIn ou écrivez-nous à bonjourhi.SaaSpasse.com. Aujourd'hui, sur le pod, je jase avec mon ami Lucas Marcotte-Richardson, Staff Product Designer chez Shopify. On discute de carrière en SaaS, plus spécifiquement celle de Luke, qui m'a toujours inspiré. C'est un joueur clé qui est passé à travers différents rôles et types de SaaS de haut calibre. Il y a une riche expérience produit et UI UX. Je pense qu'il y a plusieurs juniors ou intermédiaires qui pourraient apprendre de son parcours. On va couvrir plusieurs trucs comme quand et pourquoi changer de compagnie, comment apprendre par soi-même, naviguer des phases de mise à pied, la culture interne chez Shopify la composante action ou équité d'une rémunération et les réajustements stratégiques chez Shopify incluant l'AI. C'est un vrai plaisir pour moi de mettre un spotlight sur la culture intermédiaire. carrière et les réflexions d'un de mes plus vieux amis et surtout un des plus talentueux. All right, on passe au show. Let's go ! Lucas Marcotte Richardson, bienvenue sur SaaSpasse.
Lucas Marcotte-Richardson: Merci.
François Lanthier Nadeau: En fait, je devrais plutôt dire re-bienvenue, parce que t'as été un de nos early invités, puis on s'est complètement gouré avec la prise de son, donc on a dû le canceller. Mais là, t'as eu l'amabilité de revenir, mon ami, fait que je suis content de t'avoir.
Lucas Marcotte-Richardson: Ben oui, ça me fait plaisir d'être là, merci de me recevoir.
François Lanthier Nadeau: Fait que Luke, moi je te connais bien, mais il y a probablement une couple de personnes qui écoutent qui ne te connaissent pas encore. Si tu nous fais un mini-recap professionnel de Luke, ça ressemble à quoi ton parcours ?
Lucas Marcotte-Richardson: Ouais. Fait que j'ai, on a fait le même programme à l'Université de Sherbrooke en communication, rédaction et multimédia. Un programme assez large, le tronc commun c'était vraiment la rédaction en français. Puis après ça c'était libre à chacun d'un peu choisir les cours qui les intéressaient parmi publicité, design, relations publiques, grammaire, rédaction, tout plein de choses qui ont rapport de part et de loin à communication marketing. Puis, c'est ça. Après l'école, j'ai fait la vie d'agence web à peu près pas longtemps, en fait. Peut-être un an dans une agence qui s'appelait l'agence Option, dans laquelle on travaillait les deux aussi. Une agence qui faisait surtout des projets de sites web, publicité en ligne, ce genre d'affaires-là. Puis ensuite, encore là, par l'entremise de nos connaissances partagées, j'ai fait le switch vers vraiment une startup, Expertise. Start-up high-tech dans l'industrie de l'aquaculture. Expertise, c'était une compagnie qui avait développé un produit très novateur d'analyse pour compter, mesurer et caractériser des petits organismes aquatiques. J'ai commencé dans un rôle de marketing, plus marketing général, marketing de contenu, que j'ai fait pendant un certain temps, mais il y avait un produit qui était en développement. qui n'était pas prêt, donc il n'y avait pas grand-chose à marketer. Mais il y avait beaucoup de travail comme d'interface à faire pour l'appareil physique, donc l'interface tactile de tablette. La compagnie faisait beaucoup à faire avec des agences externes à ce moment-là pour des trucs comme leur site web et tout, donc il y avait une opportunité de rapatrier ça à l'interne aussi. Puis éventuellement, il y avait une application web, une application mobile qui ont été développées. Par la force des choses, je me suis trouvé comme à être juste la personne dans la compagnie qui avait un peu de compétences en design, UX, même gestion de produits, puis compétences, intérêts plus que compétences. J'ai comme rapidement transitionné plus dans l'équipe de R&D à faire de la gestion de produits, travailler avec des devs, mais aussi beaucoup du design UX. Puis j'avais un peu l'expérience par mon bac. mais juste quelques cours. C'est vraiment à ce moment-là que je me suis formé moi-même en dehors des heures du travail sur une plateforme qui s'appelle Treehouse en développement front-end, design graphique comme peu réduit. Puis c'est ça. Puis là, je me suis trouvé à vraiment triper là-dessus, beaucoup plus que les genres de tâches que je faisais en marketing ou même en gestion de produits. Fait que pendant longtemps, j'ai juste porté... plusieurs chapeaux marketing, design, produits là-bas, mais c'était clair que c'était plus le UX qui m'intéressait. J'ai transitionné au fil des années, je suis resté presque 4 ans, je pense, vraiment plus officiellement, en dehors du marketing, ils ont embauché l'autre monde pour ça, vers vraiment le UX à 100%. Puis, éventuellement, il est venu comme un moment où je me disais, pour passer à la prochaine étape, il faut que je... Il ne faut plus que je sois comme une équipe de 1. Il faut que je travaille avec d'autres mondes qui connaissent ça plus que moi, qui sont meilleurs là-dedans, dans les grosses équipes.
François Lanthier Nadeau: Pour faire le fait par le haut. Oui,
Lucas Marcotte-Richardson: puis aussi, surtout, travailler sur des produits différents. Je ne voulais pas devenir un expert en aquaculture, ou plus qu'il fallait. Mais travailler sur des produits qui étaient utilisés par plus de monde. Ça fait que c'était ça, un peu la poussée. J'ai commencé à avoir mon premier enfant aussi, à chercher la prochaine opportunité. C'est là que j'ai commencé chez... LogMeIn, qui s'appelle maintenant GoTo, dans un rôle de UX à 100 Parce qu'eux,
François Lanthier Nadeau: juste pour être clair, ils ont un bureau à Québec, c'est ça ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, ils ont...
François Lanthier Nadeau: Au Canada, là.
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, c'était un bureau qui était historiquement Jive, qui était la division téléphonie VOIP que GoTo avait... LogMeIn avait acheté. Eux avaient un bureau à Québec. Puis ils ont encore un bureau à Québec, à ce que je sache, mais... OK. Oui. Fait que là, beaucoup plus grosses compagnies étaient publiques au moment que j'ai joint. Ils se sont fait acheter, puis ils sont devenus privés. Mais là aussi, j'ai fait deux ans là-bas dans un rôle de Senior UX Designer, à travailler entre autres sur tout rapatrier les différents produits en une plateforme administrative centralisée. Puis j'ai aussi travaillé sur leurs produits de meeting, un Zoom, Google Meet, un peu, GoToMeeting. Puis après, la chose qui m'a fait ensuite chercher ma prochaine opportunité, c'est une très belle compagnie, GoTo, du monde du parlophone, un beau produit, mais pas nécessairement à la... Toujours pas dans un genre de créneau qui me faisait triper plus qu'il fallait. Là, j'étais plus rendu à trouver vraiment quelque chose comme qui... qui m'allumait, un produit que je voudrais utiliser moi-même et que je voudrais recommander à mes amis, puis à ma famille, puis tout ça. Puis c'est là que j'ai eu une de mes anciennes collègues qui avait commencé chez Shopify. Shopify était dans un gros boom d'embauche à cette époque-là, 2019. Fait que là, j'ai appliqué à une couple de places, puis finalement, j'ai été embauché chez Shopify encore dans un rôle de UX. Puis je suis toujours chez Shopify depuis bientôt deux ans.
François Lanthier Nadeau: À titre de ?
Lucas Marcotte-Richardson: présentement staff UX designer toujours un individual contributor pull manager ce que je trouve intéressant dans ce que tu viens de raconter qui est un super beau parcours de carrière c'est
François Lanthier Nadeau: Les motivations à bouger d'une fois à l'autre. Tu n'as pas beaucoup parlé de compensation et de salaire.
Lucas Marcotte-Richardson: Ça en faisait partie à chaque fois. Ça en fait partie à chaque fois.
François Lanthier Nadeau: C'est des jumps que tu peux pogner. Mais au début, tu as dit, OK, de expertise à go-to, j'ai le goût de développer mes compétences, mes hard skills de design UX, pas mal plus. Puis en allant dans une équipe, en étant entouré d'autres designers, comme ça, ça va aider.
Lucas Marcotte-Richardson: Oui.
François Lanthier Nadeau: Ça a-tu aidé ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, absolument. Le travail de tout le monde est vraiment bon chez GoTo aussi. Juste d'être dans une équipe où le craft de UX est un pilier au même titre qu'ingénierie, product management, support, où tu as une échelle de leadership, tu as des systèmes et des processus qui sont spécifiques à cette discipline-là. Oui, ça a vraiment beaucoup aidé.
François Lanthier Nadeau: Ce qui est intéressant aussi, c'est que ton prochain switch, celui-là te dit, j'ai envie, bon, j'ai maîtrisé, mettons, quand même mon craft, je suis quand même bon. Oui, je veux même l'irrer là-dedans, mais j'ai envie de travailler pour quelque chose qui me fait triper. Je sais que Expertise, super belle compagnie, on n'a rien à dire de négatif. Par contre, ta passion première dans la vie, ça ne devait pas être l'aquaculture, mettons. Non,
Lucas Marcotte-Richardson: c'est ça.
François Lanthier Nadeau: Même chose pour les communications, l'espèce de... collaboration d'équipe qu'il y avait autour des produits de GoTo. Oui,
Lucas Marcotte-Richardson: ça va être un peu rough pour GoTo, mais ça pourrait être des produits, évidemment, que j'utilise au jour où j'utilise Google Meet et tout ça au quotidien. Mais c'était beaucoup aussi d'essayer de chercher un level de performance, de qualité dans le software et le produit qui était développé, qui était une coche de plus. GoTo, super belle compagnie, mais... C'est plus comme un amalgame de différents produits et compagnies qui ont été acquéris. Puis, c'est plus genre founder-led. Puis, c'est un peu disparate en termes de l'offering.
François Lanthier Nadeau: Founder-led, c'est basically dire les personnes qui ont lancé ces compagnies-là sont encore impliquées. Elles ont un rôle, une influence forte. Elles sont présentes. Shopify c'est le cas, right ?
Lucas Marcotte-Richardson: C'est ça. Shopify c'est encore le même fondateur depuis 13 ans que ça existe. C'est objectivement le chef de file dans son créneau de plateforme de e-commerce pour les petits et maintenant gros entrepreneurs. C'est ça. Fait que vraiment, travailler pour une compagnie qui est la meilleure dans ce qu'ils font.
François Lanthier Nadeau: Est-ce que des fois, parce que là, tu es dans une compagnie cotée en bourse, compagnie publique internationale, c'est véridique de dire que Shopify c'est un géant de la tech est-ce que des fois il y a des trucs qui te manquent du côté un peu plus scrappy, startup, qui commence chaotique ?
Lucas Marcotte-Richardson: pas tant que ça, honnêtement c'est pas nécessairement un switch que je referais en ce moment retourner dans une petite équipe, juste parce que il y a tellement comme d'incertitudes évidemment que le le payoff peut être super grand, mais aussi, tu peux facilement travailler sur quelque chose que les gens ne veulent pas, n'aiment pas, n'utilisent pas. Avec Shopify le genre de product market fit n'est plus à prouver. Puis, pour une compagnie de sa taille, moi, je suis continuellement surpris à quel point ils restent lean dans leur processus et tout ça. Ça n'a jamais été un irritant à cette compagnie-là en particulier, mais ça pourrait facilement l'être pour... Je suis sûr que ça l'est dans plein d'autres compagnies de cette taille-là, 10 000 employés.
François Lanthier Nadeau: Comment tu as fait des switch de carrière stratégique et tu as été loin de faire du job hopping, genre je fais 9 mois, 12 mois, je m'en vais chercher un plus gros salaire ailleurs. Ce n'est pas nécessairement une pratique qui, moi personnellement, me plaît, mais je vois des gens le faire et ils font ce qu'ils veulent. Une fois que tu savais que tu voulais faire un switch, premièrement, tu réfléchis à ça, j'imagine dans ta tête tu te fais des pours des comptes, whatever c'est-tu dur d'annoncer ça ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, oui, c'est toujours dur surtout quand tu aimes les gens avec lesquels tu travailles chez Exputia en particulier c'était très dur évidemment parce que c'était c'était encore dans une de ces jobs où je rentrais au bureau physiquement chaque jour puis j'ai fait des amitiés qui perdurent jusqu'à ce jour fait que les petits je connaissais tous les fondateurs. Quand j'ai joint l'équipe, on était cinq. Puis quand je suis parti, on était plus que 50. Fait que je connaissais tout le monde, incluant les fondateurs de près. Je les aimais tous. Fait que oui, c'était vraiment dur. GoTo, c'était... C'était une beaucoup plus grosse compagnie, donc déjà là, tu as moins le sentiment d'attachement avec comme, je n'avais jamais parlé aussi, au genre executive management, quoi que ce soit. Puis c'était aussi remote à 100 même avant le COVID, c'était une compagnie qui permettait ça. Puis même s'il y avait un bureau à Québec, je travaillais surtout avec des gens de l'Allemagne et des États-Unis. Cette relation personnelle directe avec les collègues était moins présente. Celle-là, c'est un peu moins dur, mais c'est toujours quand même difficile. Il y a toujours des gens avec lesquels tu travailles au quotidien, que tu apprécies, et tu sais que ça a les impacts que tu partes.
François Lanthier Nadeau: Est-ce que tu leur donnais... J'imagine qu'il y a du monde qui écoute que justement, ils vont faire des switchs comme ça dans leur carrière. Soit ça s'en vient, soit ça va venir. Est-ce que tu leur donnais des notices à l'avance ? Tu leur expliquais, genre, c'est pas vous, c'est moi. Genre, j'ai envie d'upgrader mes skills, pis là-bas, y'a une opportunité qui m'attend. C'était-tu... Ou ben, tu le freestallais avec les émotions qui sortaient.
Lucas Marcotte-Richardson: Ouais, ben, c'est... Tu prends le temps de bien écrire une lettre, comme de démission, qui est respectueuse, pis qui met juste... Ben, qui dit la chose, pis qui explique un peu le pourquoi. Mais ultimement, c'est juste comme ton manager direct auquel tu fais le case. Puis c'est ça. Ces gens-là, c'est pas à eux la compagnie non plus. En fait, mon manager était parti un mois ou deux avant moi. Je le faisais même à un nouveau manager avec lequel je n'avais pas été très longtemps. Ça m'interesse. Oui,
François Lanthier Nadeau: c'est assez spécial. Je deviens comme VP de je ne sais pas quoi, je rencontre ma nouvelle team. Il y a une fille qui est comme, Hey, c'est super cool que tu sois là. By the way, je m'en vais dans deux semaines. All right, nice. Tell me more.
Lucas Marcotte-Richardson: C'est très différent de quand c'est la personne, que c'est sa compagnie qui t'a embauché et avec laquelle tu as travaillé sur, tu sais, raise du financement et tu es allé rencontrer des clients avec.
François Lanthier Nadeau: Est-ce que, moi, dans le fond, ce que j'aime des compagnies plus petites, qu'elles soient scrappy ou… ou pas, ou qu'elle ait un minimum de processus en place, mettons. C'est justement cette espèce de flexibilité-là, puis de l'impression de pouvoir faire bouger des choses rapidement, sans passer par des paliers d'approbation ou des trucs dans le genre. Quand je suis arrivé chez Duda, j'ai fait un petit peu un saut, tu sais, j'étais comme, wow, attends un peu, je suis habitué que, sur un coin de table, on prend des décisions quasiment existentielles pour la compagnie. Là, il y a deux, trois personnes qu'il faut qu'ils soient impliquées à deux, trois niveaux, etc. Juste l'embauche, tu sais, c'est genre une game complètement différente dans une startup qui est financée par du capital de risque il y a plusieurs années. T'as-tu eu l'impression que quand tu montais dans les échelons de ta carrière, qu'il y avait des couches de processus et de red tape qui s'ajoutaient ?
Lucas Marcotte-Richardson: Pas tant que ça. Encore là, c'est vraiment différent d'une compagnie à l'autre. Chez Shopify en particulier, ils ont... vraiment comme un framework interne de gestion de produits, que c'est un tool qu'eux ont bâti, que le but, c'est vraiment de balancer au maximum la visibilité du senior leadership qui sont, on va se dire, ceux qui sont imputables de setter la direction de la compagnie, qu'eux sachent c'est quoi qui se passe, puis qu'ils soient capables de mettre le frein si ça marche pas avec, si ça s'aligne pas avec les autres efforts de la compagnie, mais... qui ne mettent pas de bâton des roues, qui ne ralentissent pas le paste d'innovation et de shipping des équipes.
François Lanthier Nadeau: Ça s'appelle comment ce framework-là ?
Lucas Marcotte-Richardson: Ça s'appelle le GSD Framework, Get Shit Done. OK. Mais c'est assez simple. C'est juste que tout projet passe par trois phases, proposal, prototyping, puis build. Puis c'est vraiment aux phases de transition, aux périodes de transition d'une phase à l'autre. que c'est juste important de faire le case de pourquoi tu es prêt à passer à la prochaine étape. C'est là qu'il faut qu'il y ait deux personnes, senior, VP, directeur à produits UX, engineering, qui mettent un OK pour que la phase de transition se fasse.
François Lanthier Nadeau: Les phases, c'est ?
Lucas Marcotte-Richardson: Proposal. Il n'y a pas de design, il n'y a pas d'engineering qui a été fait. C'est juste un Google Doc. Ils ont un template pour ce que tu vas faire, c'est quoi le TLDR, pourquoi c'est important pour Shopify c'est quoi les guiding principles, les success metrics. c'est pas mal aussi simple que ça.
François Lanthier Nadeau: OK. Proposal, boom, le doc.
Lucas Marcotte-Richardson: Juste avec des mots, tu devrais être capable de faire le case pourquoi ton projet devrait être approuvé. Après ça, tu rentres dans la phase prototype. Fait que c'est là que tu designs puis tu implémentes une solution comme Scrappy.
François Lanthier Nadeau: OK, nice.
Lucas Marcotte-Richardson: Vraiment en code puis tout. Puis c'est, en théorie, tu devrais être capable de tout scrapper ça puis juste de le refaire comme du monde à la phase build.
François Lanthier Nadeau: OK.
Lucas Marcotte-Richardson: Fait que c'est là que tu... Tu travailles sur le vrai design comme officiel, mettons de la feature, puis tu l'implémentes, puis tu parles avec des merchants, tu testes, tu as peut-être du early access, un peu des affaires comme ça.
François Lanthier Nadeau: Tu parles avec des merchants au prototype.
Lucas Marcotte-Richardson: Non, tu parles avec des merchants tout le temps pour tout. Mais c'est à ce moment-là que tu buildes comme quelque chose qui fonctionne puis que tu vois qui s'intègre avec le reste du système. Puis après ça, tu présentes ça encore une fois, puis là, ça passe à OK, oui, c'est tout. C'est beaucoup là qu'il va y avoir, par exemple, pour l'équipe de design, le gros review, c'est de la phase prototype à build. Avant ça, tu peux explorer plein d'idées et tout, mais quand tu es prêt à passer de prototype à build, tu devrais avoir l'idée pas mal finale ou presque de c'est ça la shape de la chose qu'on veut livrer On a fait le dérisquage technique, on a fait un prototype qui est fonctionnel. Là, on est prêt à passer à builder la vraie chose puis la releaser.
François Lanthier Nadeau: Puis la builder, c'est là que l'équipe d'engineering s'en va.
Lucas Marcotte-Richardson: L'équipe d'engineering est impliquée tout au long de ce processus-là. C'est un partenariat entre les trois disciplines, Product, UX, Engineering qui inclut Data, du début jusqu'à la fin.
François Lanthier Nadeau: C'est bon,
Lucas Marcotte-Richardson: Mais, tu sais, builder la chose dans un système de production, c'est à la phase build que SaaSpasse.
François Lanthier Nadeau: Penses-tu qu'il y a un gros ratio de proposals ou de projets, disons, qui tombent, genre qui ne passent pas à l'autre étape, qui ne se rendent pas à build, mettons, le prototype ne se rend pas à build ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, puis ils sont tout le temps en train de raffiner ce système-là pour le rendre comme plus efficace. Mais la gage de succès un peu de ce modèle-là, c'est que la majorité des... projets qui se font arrêter, se font arrêter à la phase proposal. Idéalement à la phase proposal, sinon à la phase prototype. Si ça se fait arrêter en build, c'est que la balle a été échappée à quelque part. Récemment, ils shareaient des chiffres avec les changements qu'on a fait, qui review à quelle fréquence, on arrête des projets beaucoup plus à la phase proposal qu'avant. C'est ça.
François Lanthier Nadeau: Ce framework de travail-là qui est Get Shit Done s'orchestre dans trois étapes. Proposal, prototype, build. Mais ce que tu sembles dire en arrière, c'est qu'il y a un logiciel, il y a une application in-house qui a été construite pour gérer ça. Oui,
Lucas Marcotte-Richardson: c'est comme la combinaison de l'intranet puis du project management system. C'est comme un site. entièrement buildé et maintenu par des équipes à l'interne.
François Lanthier Nadeau: Tu montres le payroll straight up pour l'outil interne de Get Shit Done, mettons.
Lucas Marcotte-Richardson: C'est dans cet outil-là que tu as tout, comme le répertoire des employés, l'organigramme, que tu as toutes les missions de la compagnie qui ensuite, en fait, ça commence par des thèmes, ensuite des missions, ensuite des projets. Puis, Même toutes ces phases-là, de soumettre un projet, requester un changement de phase, tout ça, SaaSpasse dans cet outil-là.
François Lanthier Nadeau: C'est très cool, man. Très, très cool. Peux-tu parler, c'est con, de la stack qui est utilisée pour cet outil ?
Lucas Marcotte-Richardson: Je ne sais pas. Je ne le sais pas, c'est une shop de Ruby et de React. J'imagine que c'est ça.
François Lanthier Nadeau: Le double R, Ruby React. Écoute, dude. il y a eu l'affaire avec les grosses compagnies aussi c'est que elles sont pas à l'abri des fluctuations de marché mettons quand t'as un down market ou un crash économique ce qu'on a vécu récemment t'as un stock public genre le marché react pis tout ça fait que t'es passé à travers des rounds de layoff pis pas juste chez Shopify je pense Il y a du monde qui écoute qui sont passés aussi. À travers des rounds de l'AF ou que ça va malheureusement peut-être leur arriver. Ça ressemble à quoi la vibe ? Comment c'est communiqué ? Moi, je l'ai fait aussi de mon bord avec Duda mais je serais curieux de t'entendre là-dessus.
Lucas Marcotte-Richardson: C'est très variable encore d'une compagnie à l'autre.
François Lanthier Nadeau: Shopify.
Lucas Marcotte-Richardson: Shopify c'était... Il y avait toujours le contexte macro qui était comme une justification très facile pour les lay-offs qui ont fait cette année, un mois ou deux, puis l'année dernière. Dans le sens que Shopify était comme la compagnie, c'était comme un Zoom avec la COVID. Une des compagnies qui a le plus profité de l'époque COVID, où est-ce que du jour au lendemain, tous les business qui avaient juste pignon sur rue et qui n'avaient pas de site web en ligne se retrouvent à... pu avoir le droit d'avoir de monde dans leur magasin. Fait que là, ils s'en virent de bord, ils checkent en ligne comment je peux vendre mes affaires en ligne, ils tombent sur Shopify puis la quantité de merchants en monte en fou, le chiffre d'affaires monte en fou. Puis juste, l'e-commerce en général a explosé pendant ces années-là. C'était comme la fin du boom tech, zero interest rate era aussi. Fait que Shopify était, c'est ça, à 1500 de l'action. Moi, je suis arrivé à ce moment-là. Puis c'est ça, ils ont fait le bet que cette augmentation de croissance folle allait, même si elle arrêtait un petit peu après la COVID, elle allait avoir comme pris un bum qui allait se soutenir, puis juste comme la tendance des dix dernières années allait continuer et s'accroître. Mais finalement, puis by the way, c'est pas les seuls qui ont fait cette bête-là. Amazon l'ont faite. Ils ont ouvert des genres de centres de distribution, des warehouses. Ça a pu finir partout dans le monde. Puis ils ont été obligés d'en revendre plein. Fait que c'est ça, COVID arrête. Puis ils se rendent compte que c'est un retour à la normale pas mal plus violent que tout le monde avait anticipé. Fait qu'à ce moment-là, la première ronde de lay-off, c'était comme, ben tu sais, on a certaines fonctions dans la compagnie qu'on embauche sur une... sur une trajectoire linéaire par rapport à la quantité de merchants qu'on a, de support en particulier, parce qu'il y a un agent de support qui a de supporter, je ne sais pas combien de merchants, puis recruiting aussi, des genres de choses comme ça. C'était beaucoup ces fonctions-là qui étaient affectées dans la première ronde. Puis là, la ronde la plus récente, c'était encore là une réalisation que... Parce que Shopify était rentré de façon très sérieuse dans le monde des atomes et non des bits. Dans les deux dernières années, il avait fait de l'acquisition de Deliver pour 2 milliards ou quoi que ce soit. Bref, ce n'était plus juste une compagnie de logiciel et de software, mais il avait commencé à être une compagnie de monde physique aussi, à avoir des fulfillment centers, acheter des compagnies de robotique, tous ces genres de choses-là. Puis parce qu'il voyait que pour... compétitionner avec Amazon. Il faut que tu sois comme verticalement intégré, que tu contrôles toute la stack pour être capable d'offrir le meilleur produit pour les merchants puis pour les buyers. Mais ils ont, tu sais, après avoir quand même joué dans cette arène-là pendant un bout, ils se sont rendus compte que c'est pas dans leur ADN de compagnie, de un. Ils ont toujours été une compagnie très capital efficient, tu sais, lean, puis qui était... qui pouvait être le meilleur au monde dans la chose qu'il faisait, qui était comme une plateforme de management d'e-commerce. Puis, ils se sont rendus compte que pour ce qui est de la logistique, ce n'était pas quelque chose qui pensait pouvoir être le meilleur au monde. Ça ne valait pas la peine d'essayer de l'être. Ils ont vendu toute cette division-là à une autre compagnie.
François Lanthier Nadeau: Qui s'appelle ?
Lucas Marcotte-Richardson: Le nom m'échappe en ce moment.
François Lanthier Nadeau: Flexport. Flexport.
Lucas Marcotte-Richardson: Puis, ça, c'était comme une des justifications des lay-offs, que bon, on se départit de toute cette division-là de la compagnie dans la plus récente. Évidemment que dans les deux cas, c'était aussi comme, bon, bien, toutes les gens qui avaient eu des performance reviews dans le, je ne sais pas quel percentile plus bas, en ont aussi fait partie. Mais il y avait d'autres justifications aussi. Ils voulaient, surtout dans la plus récente, ronde, avoir... beaucoup moins de couches de middle management. Tu te rends compte qu'il y avait justement c'est ça trop de genre directeur qui reporte à un directeur, qui reporte à un VP, qui reporte à un autre VP. Puis que ça, tu sais, ça, au final, tu as plus de monde, mais tu fais moins de choses. Trop, justement, de personnes qui doivent signer off sur des projets, des trucs comme ça. Puis Ils ont vraiment double down sur comme empowerer les crafters, puis individual contributors, ceux qui designent, qui codent, puis tout ça. Puis avoir moins de people managers, moins de leaders, mais...
François Lanthier Nadeau: plus de monde autonome.
Lucas Marcotte-Richardson: Il peut y avoir plus d'influence. Moins de gens qui s'aident à la direction du bateau. Puis en même temps, ils ont mis beaucoup d'efforts à créer des tracks de carrière pour les individual contributors. Ou est-ce qu'ils pouvaient continuer à être des individual contributors. Historiquement, tu étais toujours un peu dans la plus d'expérience que tu prenais. C'était comme la prochaine étape pour avoir plus d'impact dans la compagnie, avoir plus d'influence sur le produit, avoir un plus gros salaire. C'était comme ça. Faut que t'arrêtes de coder, faut que t'arrêtes de designer. Faut que tu t'occupes de... Tu gères des équipes et des choses comme ça. Il y a plein de monde qui ont fait cette transition-là un peu par la force des choses pour se rendre compte que, genre, un, je suis pas bon dans cette chose-là, puis je suis plus malheureux, puis personne gagne. Ouais.
François Lanthier Nadeau: Non, c'est vraiment... C'est fou parce que c'est justement le crunch du marché qui te fait apprendre par la force ces leçons-là. C'est comme... Ce n'est pas la seule organisation qui a appris ces leçons-là. Vraiment, vraiment pas. Comment est-ce que les gens... Parce que là, justement, tu es chez Shopify. C'est une compagnie publique. Il y a une partie de ta compensation qui n'est pas juste du salaire, qui est carrément des stocks, des actions de Shopify.
Participant 3: Oui.
François Lanthier Nadeau: Ça, les gens... Premièrement, quand tu rentres chez Shopify mettons, est-ce que c'est genre une égo ? ou c'est comme des formules quand même rigides qui disent, check, voici la partie stock, voici la partie salaire, voici tous tes autres bonus et avantages sociaux ?
Lucas Marcotte-Richardson: Évidemment qu'eux ont des chartes à l'interne pour le genre d'offres qu'ils font en fonction du poste, de la séniorité, d'où est-ce que tu es, dans quelle ville tu habites, toutes ces choses-là. C'est sûr que tu peux négocier comme n'importe quoi quand tu te fais embaucher. Personnellement, moi, je ne peux pas t'en négocier. Ça faisait mon affaire. Je ne suis pas trop là. Je ne suis pas super bon là-dedans. C'est ça. Oui, je suis sûr qu'il y a une formule, mais cela dit, ça a changé entre le moment que je me suis fait embaucher et comment ça fonctionne en ce moment. Comment ça fonctionne ? Moi, quand j'ai été embauché, c'était comme voici le chiffre que tu as pour ton salaire puis voici annuel. Ça, c'est l'argent que tu vas avoir à chaque année. Puis voici un chiffre fixe, one time, que tu vas avoir en action. qui vont être versés sur deux ans. Évidemment qu'après ça, ils t'en redonnaient en fonction de si tu te faisais promoter ou des choses comme ça. Mais en général, c'est comme ça que ça marche.
François Lanthier Nadeau: C'était des... C'est pas des stock options, vous autres, c'est ça ?
Lucas Marcotte-Richardson: Un restricted stock unit. C'est carrément des actions d'un compagnie qui t'achètent au prix de ta date d'entrée dans la compagnie puis qui réservent. puis après un an, ils t'en donnent comme l'équivalent de ce que tu aurais eu après un an. Donc,
François Lanthier Nadeau: il y a un cliff.
Lucas Marcotte-Richardson: Il y avait un cliff, oui.
François Lanthier Nadeau: Et puis là ?
Lucas Marcotte-Richardson: Puis là, à la première ronde de lay-off l'année dernière, ils ont profité pour tout refactorer leur système de compensation parce qu'ils s'étaient rendus compte, évidemment, que quand l'action passe de 1 500 à 200 ou 300 en l'espace de trois mois, Tu as quelqu'un, moi en particulier, qui rentre et qui se fait acheter toutes ses actions, toutes ses RSU à 1500$. Meet que ça donne 100 actions, juste pour donner un chiffron. La personne, trois mois plus tard, qui rentre, pour la même quantité monétaire d'actions à 300$, elle a 400 actions. Puis après ça, si ça remonte... parce que ce que ça fait, il y a une personne qui est vraiment perdante dans cette équation-là par le simple fait qu'elle a décidé de joindre la compagnie au mauvais moment.
François Lanthier Nadeau: Exact. C'est comme si... C'est un peu comme du timing de market. On s'entend, tu ne rentres pas dans une compagnie comme Shopify ou peu importe laquelle en fonction de...
Lucas Marcotte-Richardson: On est-tu dans un low ou dans un high ? Ils ont fait un gros effort de... un peu repondé, ils ont révisé les salaires de tout le monde puis ils ont pris en compte cette disparité-là de comme le prix auquel ils avaient eu versus le prix actuel dans cette repondération-là. Puis à partir de ce moment-là, ils ont implémenté un nouveau système où est-ce que n'importe quel employé peut choisir la portion de cash versus action qu'ils veulent avoir dans leur compensation totale.
François Lanthier Nadeau: Annuellement ?
Lucas Marcotte-Richardson: Annuellement, oui. Meet que ta compensation totale, c'est 200 000. Tu peux dire, je veux jusqu'à 200 000 en cash puis zéro d'action. Il y a comme des minimums, mais bref, c'est un peu une idée.
François Lanthier Nadeau: Mais ce slider-là dont tu me parlais quasiment offline, je ne sais pas si c'est vraiment un GUI. C'est vraiment un slider. Ce slider-là, tu peux le slider. Une fois par mois, une fois par an ?
Lucas Marcotte-Richardson: C'est comme trois fois par année ou de quoi de même, pendant des genres de fenêtres d'une semaine. Ça,
François Lanthier Nadeau: ça vit dans l'app interne ?
Lucas Marcotte-Richardson: Comme une autre web app, mais c'est un produit interne aussi. Mais là, il n'y a plus de cliff non plus. Chief
François Lanthier Nadeau: ça veut dire cliff, on l'appelle cliff.
Lucas Marcotte-Richardson: Il n'y a plus de période de time-out avant que tu te fasses donner tes actions. Avant, si tu disais que tu as 50 000 de RSU à signature, mais que tu restais juste six mois, si tu as 50 000, tu touchais zéro.
François Lanthier Nadeau: Exact.
Lucas Marcotte-Richardson: À Star, c'est... C'est ça, c'est juste, il n'y a pas de cliff. C'est juste à ta paye, tu as une portion en cash, tu as une portion en action et that's it.
François Lanthier Nadeau: Une fois que tu reçois tes restricted reserved ? Restricted ?
Lucas Marcotte-Richardson: Restricted.
François Lanthier Nadeau: Tes RSU, tes actions que tu reçois, peux-tu directement les liquider sur le marché public ?
Lucas Marcotte-Richardson: Il y a des périodes de trading window. Juste pour, vu que c'est une compagnie publique pour manipulation de marché et des choses de même.
François Lanthier Nadeau: Parce que Je ne sais pas si tu peux en parler ou si tu veux en parler, puis ce n'est pas grave sinon, mais il me semble que quand l'action a droppé, il y avait du monde qui montait au rideau un peu chez Shopify qui disait Shit, je suis rentré avec la prémisse que, dans le fond, mon salaire, ma compensation totale valait ça, mais une partie, c'était en stock, c'était en train de crasher.
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, parce qu'il y avait plusieurs facteurs qui compoundaient le problème. De un, la raison de travailler chez Shopify parce que Shopify historiquement, payait bien. pour le marché canadien, mais payait en-delà du going rate pour une compagnie de sa taille en technologie si tu comparais au marché américain.
François Lanthier Nadeau: En bas ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, en bas. Ils payaient beaucoup moins, mettons, que Facebook, Amazon, Google, Apple. Puis là, dans une dynamique de bon, tout le monde travaille de la maison, tout le monde est théoriquement capable, beaucoup de gens chez Shopify sont assez bons pour travailler dans toutes ces autres compagnies-là en masse. Oui. Fait que là, c'est comme ben là, je travaille chez Facebook. pour 5 fois le salaire ou chez Shopify. Mais la raison de rester chez Shopify historiquement, c'était que l'action monte en fou depuis qu'ils sont publics. Ça vaut la peine parce que ça, ça compense. Mais quand l'action arrête de monter en fou et qu'en plus, tu fais moins d'argent en genre de base salary, non seulement qu'elle ne monte pas en fou, mais en plus, elle descend sur les RSU que tu t'es fait donner de 80 c'est sûr que ça commence à faire mal au portefeuille.
François Lanthier Nadeau: Ça me fait juste penser, ça me fait juste raser aussi que tu sais, une compagnie aussi grosse que ça, clairement, il y a des gens qui rentrent puis qui prennent une décision stratégique de carrière, d'être là pour plein de facteurs, mais ils sont pas nécessairement in it pour avoir du skin in the game, puis être dans la ride avec les fondateurs, puis tout ups and downs, genre. Ça, c'est comme...
Lucas Marcotte-Richardson: Non, c'est ça. C'est différent pour chaque personne, mais... Mais c'est facile de vraiment aimer la mission de Shopify et tout, mais c'est ça, au final, tout le monde est différent dedans. Puis quand c'est une plus grosse compagnie comme ça, que, ouais, c'est...
François Lanthier Nadeau: Mais c'est super intéressant pour moi d'entendre ces histoires-là de l'interne, tu sais, je n'ai pas été exposé à ça.
Lucas Marcotte-Richardson: Fait que bref, dans le refactoring, système de compensation, il y avait aussi une pondération à la hausse pour être plus compétitif avec les autres.
François Lanthier Nadeau: Ah, OK.
Lucas Marcotte-Richardson: Fang, grosse compagnie de tech.
François Lanthier Nadeau: Ok, sweet. Puis, tu as mentionné justement, OK, COVID arrive, tout le monde travaille remote, blablabla. Toi, j'ai l'impression que chez Expertise, tu n'étais pas remote. Tu étais en physique au bureau, principalement.
Lucas Marcotte-Richardson: Oui.
François Lanthier Nadeau: Go-to, full remote.
Lucas Marcotte-Richardson: Hybride, parce qu'il y avait un bureau, mais je n'y allais pas tant que ça. Mais il y avait un bureau, oui. Presque full remote.
François Lanthier Nadeau: Shopify full remote.
Lucas Marcotte-Richardson: Full remote.
François Lanthier Nadeau: Pourquoi tu as fait cette décision-là ? Je pense que tout le monde est différent, mais es-tu bien full remote ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, je suis bien. Honnêtement, c'était quand même réfléchi, moi, de ma part depuis longtemps. Je viens de Tewksbury, j'ai du fond du bois, j'aime ça être dans le bois. J'ai vécu en ville un bout, mais après ça, on s'est construit une maison à Tewksbury encore. Puis, c'était pas un monde fully remote à ce moment-là, mais je voyais toujours ça comme le life hack ultime d'être capable de vivre dans les bois. À partir du moment que tu travailles… dans la tech, puis que tu travailles à partir de ton ordinateur, puis que tu peux te faire livrer n'importe quoi par Amazon en deux jours, même quand tu habites loin. C'est comme, c'est quoi, c'est le life hack ultime d'habiter dans la nature, mais de quand même pouvoir avoir une job vraiment nice, que tu fais, et vous, puis tout, c'était comme le meilleur des deux mondes, dans ma tête à moi. Oui, Ça s'est réalisé avec le temps. Je travaillais encore au bureau quand j'ai construit ma maison, mais ce genre de vision s'est réalisée pour moi parce que je travaillais vers ça, évidemment. Pour moi, j'adore ça, mais je suis rendu là dans ma vie aussi. J'ai été capable de vivre l'expérience de bureau. Puis encore là, c'était génial pour rencontrer du monde, créer des liens. Quand tu commences à ta carrière et que tu as besoin de cette proximité plus directe avec des gens d'autres disciplines, de te permettre de voir ce que le dev fait sur son ordi, d'y parler de concepts techniques au dîner. Puis après ça, quand tu es plus à l'aise avec tout ça, juste après ça, faire tes affaires, aller dans le bois. Puis là, j'ai des enfants, puis tout ce qui a à faire de rester chez nous avec mes enfants, dîner avec, des voir, de marcher mon chien le midi. Mais je sympathise pour les gens qui commencent leur carrière en ce moment, puis ils vont vivre une vie fully remote au complet. Tu n'auras pas cette osmosis-là d'apprendre par proximité. Décalque. que tu en as vraiment besoin au début.
François Lanthier Nadeau: Mais c'est intéressant ce que tu dis, parce qu'on dirait que ça résonne super fort avec moi, le fait qu'au début, il faut que tu sois exposé à différents profils, différentes compétences, juste de langage, de vocabulaire. Puis si au début, tu as besoin de ça, mais que tu es dans une compagnie fully distributed complètement remote comment est-ce que tu reproduis ça ? C'est des questions que je vais réfléchir. Oui,
Lucas Marcotte-Richardson: bien, c'est ça. Parce que même en design, mettons, être assis à côté d'un designer vraiment plus senior que toi, juste voir comment il travaille, tout ça, puis apprendre de ça, c'est la même chose pour les devs, évidemment. Pour répondre à ta question, je pense qu'il faut vraiment que ce soit intentionnel dans la culture de la compagnie. Chez Shopify ils ont toujours été vraiment, vraiment big sur le peer programming. Donc, ils investissent dans des outils vraiment, vraiment bons. Topol. C'est vraiment encouragé. Tu as des VAPE et d'engineering qui pair-programment avec des devs super juniors. C'est encouragé de faire ça le plus possible. Toby en parle beaucoup, lui, le CEO de Shopify. Dans les premiers jours de la compagnie, quand il était juste deux devs, il faisait tout en pair-programming. Ils se forçaient tout le temps à coder quelque chose, le trasher, le recoder le lendemain, et toujours essayer de réduire ça à la version plus efficient. Il fallait que je me carrière de coder leur feature en une journée. Quand ils étaient rendus là, c'était comme là qu'ils étaient prêts à la mettre en production. C'est ça, le concept qu'on peut avoir, il y a moins de mains sur le clavier, ça produit moins. C'est vraiment comme... pas... C'est pas vrai. Ils disent tout le contraire, en fait, que c'est comme... C'est juste ces deux cerveaux qui essayent d'arriver à la meilleure solution ensemble. Puis aussi, tu peux faire la même affaire en design, c'est important.
François Lanthier Nadeau: Je te l'ai demandé, l'as-tu fait ? Avec des plus seniors, avec des plus juniors, toi, l'as-tu fait ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, c'est ça, c'est encore beaucoup encourager. Les meetings de plusieurs personnes sont découragés le plus possible, mais les genres de... vidéo call, one-on-one, impromptu de genre, hey, on travaille-tu sur cette affaire-là en même temps dans Figma ou en pair programming ? Ça, c'est comme le plus possible. C'est la meilleure façon d'arriver au meilleur outcome produit, mais aussi de partager les connaissances.
François Lanthier Nadeau: Mais là, toi, Luc, je sais que t'aimes ça que tes affaires soient bien classées et bien droites dans Figma. Quand il y a un junior cow-boy qui arrive avec sa petite main et son petit curseur, tu lui dis, hey, va pas dans... On va faire dans cette area-là.
Lucas Marcotte-Richardson: C'est moi qui rentre dans ses affaires et qui le fait. Ben non, ben non. C'est... Tu l'as utilisé pour Topol ? Topol, oui, je l'ai utilisé quand même pour le design. C'est comme... C'est une belle compagnie....tant nécessaire dans Figma maintenant qu'il y a du audio dans le produit comme tel. Puis comme tu peux déjà suivre la personne, voir ce qu'elle fait, tu vois son curseur, il n'y a pas tant de raisons, mais je... Je l'ai quand même déjà faite parce que c'est la seule façon de voir où est-ce que l'autre clique comme dans son éditeur. Dans l'OS au complet. Oui, c'est ça, de voir son panel d'outils et tout. Ce que tu ne vois pas quand tu es juste dans ton propre figuement.
François Lanthier Nadeau: J'ai l'impression qu'il y a eu une grosse narrative qui s'est marchandisée. Il n'y a pas eu de la pub, mais ça a été très public de Shopify. Nous, on supporte, on fait monter les marchands indépendants. qui font des belles, vraies business, tout ça. Pas une espèce de consumérisme de masque à la Amazon. On en est où, là, dans l'espèce de conflit Amazon-Shopify, tu penses ?
Lucas Marcotte-Richardson: C'est... Je suis honnêtement pas la personne la plus calée dans cette dynamique-là, mais c'est une relation... Je sais, c'est un genre de... healthy competition. Dans le onboarding de Shopify il en parle. Il n'y a pas de plus worthy competitor. Mais il met beaucoup d'emphase aussi sur le concept de positive sum. Le monde du commerce, ce n'est pas un zero sum monde. Ce n'est pas comme... Il appartient à Shopify. Il n'appartient pas à... à Amazon ou vice-versa. Puis, il y a des dynamiques amicales entre les deux compagnies comme Buy with Prime qui va potentiellement être sur Shopify. Mais c'est ça. Oui, il y a beaucoup d'overlap, mais c'est aussi des produits quand même différents. Amazon, c'est ça, il y a une histoire un peu drôle. Amazon n'a pas nécessairement un genre de website builder à la Shopify. Ils en ont déjà eu un dans lequel ils ont investi un peu, puis ils se sont rendu compte que ce n'est pas ce qu'on veut faire. Puis quand ils ont shutté down ça, le genre de page qui shuttait down, ils redirigeaient tout le monde vers Shopify. Ça, c'était quand Shopify était encore quand même petit. Peut-être qu'ils regrettent ce move-là aujourd'hui.
François Lanthier Nadeau: C'est un bon bump. Web 3. Il se passe quoi avec la bonne vieille crypto chez Shopify ??
Lucas Marcotte-Richardson: Ouais, le contexte, c'est que moi et toi, on est là-dedans depuis
François Lanthier Nadeau: 2014. Disons dans Bitcoin.
Lucas Marcotte-Richardson: Dans Bitcoin en particulier, ouais. Puis que moi, j'ai été sur l'équipe blockchain de Shopify pendant un an. Je ne le suis plus parce qu'elle n'existe plus. Mais encore là, comme... beaucoup de choses à part du head honcho de la compagnie Toby qui est un crypto fan pour ceux qui ne le savent pas il est sur le board de Coinbase puis c'est ça c'est un gros believer dans la technologie puis évidemment qu'il y a plein d'applications très comme directes et pertinentes avec le monde du commerce mais c'est ça Shopify avait tu sais Shopify tu peux accepté des paiements en crypto depuis 2013, mais toujours par des third-party payment processors. Mais au boom, à la hauteur du dernier boom crypto, il y avait une équipe blockchain qui s'est formée. Avec Shopify c'est beaucoup de répondre à la demande organique de ce qui se passe avec ses clients, les merchants. Par la force des choses, il y avait beaucoup... beaucoup de merchants, des projets d'NFT, des choses comme ça, qui voulaient soit vendre des NFT sur Shopify ou gaiter l'accès à certains produits en montrant que tu possédais un certain NFT. C'était beaucoup dans cette dynamique-là de loyauté, qu'on faisait surtout du travail d'infrastructure pour permettre à la plateforme de supporter des trucs comme avant tout de supporter des... développeurs pour qu'ils puissent créer des applications qui ajoutaient de la fonctionnalité blockchain-related à la plateforme. Puis, il y a aussi eu certains projets plus expérimentaux, first party. Puis, c'était tout vraiment le fun, honnêtement, travailler dans ce secteur-là pendant ce temps-là. Puis, c'est sûr que ça va revenir, mais pour l'instant, il y a encore certains projets à l'interne qui perdurent, plus du côté comme Wallet, identité, des choses comme ça. Mais comme tel, c'est sûr que l'engouement et le momentum dans cet espace-là est à un lot en ce moment. C'est ça.
François Lanthier Nadeau: Le développement produit a suivi un peu le cycle de la crypto. C'est clair de dire ça.
Lucas Marcotte-Richardson: Comme contexte additionnel, encore là, c'était un phénomène très partagé dans l'industrie. Tu as vu... Twitter a ajouté la connexion de CryptoWallet. Instagram avec les collectibles, la connexion de CryptoWallet. Netflix avait des projets là-dedans. Reddit a ajouté les avatars NFT. Il y avait vraiment un momentum qui se passait là-dedans. C'était comme... il y avait un effet d'entrain ou est-ce qu'il y avait beaucoup de raisons d'être excité et de vouloir au moins être joué dans cette arène-là. Puis c'est ça, la demande va et vient.
François Lanthier Nadeau: Je me rappelle, j'ai eu une petite passe de l'NFT, ce que, bien franchement, je suis capable d'admettre que je regrette. Sinon, j'ai l'impression que les gens... regarde Shopify les gens en tech, le monde startup, SaaS, peu importe. Souvent, tu vas connaître une personne ou connaître une personne qui connaît une personne qui travaille sur Shopify. Tu as une idée des salaires ou tu as une idée des perks. C'est comme, man, tu chips tout ça chez vous, tout le stock, tu as un budget de lifestyle, tu es fully remote. C'est le gros setup. Je trouve qu'il y a une fausse perception qui peut s'installer dans le tête du monde de ce genre cushy, ce genre confo. Mais toi et moi, on en a parlé de ça offline. C'est comme, tu me disais, non, non, man, c'est performance-driven. Fait que, c'est-tu facile de travailler chez Shopify ??
Lucas Marcotte-Richardson: Ben non, c'est pas facile de travailler chez Shopify. De un, rentrer chez Shopify c'est pas facile. Puis rester chez Shopify c'est pas facile non plus, comme on l'a vu récemment. Non, c'est ça, ça a toujours été une... Compagnie très performance-driven, mais là, aujourd'hui, plus que jamais, avec juste la dynamique de market versus zero interest rate, c'est fini. Puis, c'est ça. Il faut que tu sois quelqu'un qui thrive un peu dans cet environnement-là de comme, tu sais, il faut que tu get shit done, puis il faut que tu ailles l'appétit pour toujours t'améliorer, puis que tu sois capable de De bien dealer avec ça quand tu te fais brasser par du leadership ou des choses comme ça. Il faut que tu sois toujours capable de démontrer ton impact à la compagnie et d'être à l'aise dans cette dynamique-là.
François Lanthier Nadeau: On dit une performance mesurée et gérée par la performance. Comment est-ce qu'elle est mesurée, la performance, concrètement ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, chez Shopify il y a des performance reviews. Je pense que c'est deux fois par année. Mais c'est beaucoup le peer review. Toutes les personnes avec lesquelles tu travailles le plus directement reçoivent un formulaire pour t'évaluer toi en tant que leur collègue. Non, ce n'est pas anonyme. Puis, il y a plein de questions. Sorry, Jeff. Il y a des questions. Je ne sais pas si je peux dévoiler des questions comme telles, mais ça, c'est... Est-ce qu'échelle de 1 à 5, est-ce qu'ils sont bons, telle affaire, telle affaire, meilleurs que leur pire, pas meilleurs que leur pire, etc.
François Lanthier Nadeau: Tu en reçois-tu tout ça, toi ?
Lucas Marcotte-Richardson: J'en reçois à chaque performance review, j'en reçois, je ne sais pas, 7-8 pour les postes avec lesquels je travaille le plus.
François Lanthier Nadeau: C'est écrit John Shit a répondu...
Lucas Marcotte-Richardson: Non, mais cette personne-là ne voit pas ce que moi j'écris, mais son manager et les people managers. C'est bon,
François Lanthier Nadeau: c'est sûr que j'essaie de le cacher. Oui, oui, oui.
Lucas Marcotte-Richardson: Mais la personne, après ça, quand c'est fini, a comme un recap de son manager qui a vu tout ce feedback-là, de comme, voici les choses où est-ce que ça va bien, voici les choses sur lesquelles il faut que tu travailles, puis tu as un rating, carrément, après. Un chiffre ? Ce n'est pas un chiffre, non, il y a comme quatre, je pense, trucs.
François Lanthier Nadeau: OK, OK. Mais il y a un système rigoureux en place pour ça, justement. Le leadership, on en a parlé un petit peu. Tu sembles avoir un certain respect à un minimum pour Toby Luke c'est comme ça qu'on le pense ? Puis moi, j'avais vu aussi un des leaders de Shopify que je trouvais quand même cool sur une couple d'apparences publiques, Arlie Finkelstein, comment tu dis ?
Lucas Marcotte-Richardson: Finkelstein.
François Lanthier Nadeau: Finkelstein, all right, that's it. C'est-tu des figures inspirantes ? Sont-tu bien présentes ? T'interagis-tu avec eux ? Parle-moi de l'impact que ça a sur ta job à toi.
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, c'est des figures inspirantes. Oui, elles sont très présentes. Non, je n'interagis pas avec eux tant que ça. J'ai juste eu, avec Toby en particulier, des interactions indirectes. Il voit un genre de vidéo où je présente un design et il commente via un directeur de produit ou de quoi de même. Évidemment que si j'étais dans un bureau, il y aurait probablement eu plus d'opportunités. Mais ouais, c'est ça. Harley, c'est plus la figure de relations publiques de la compagnie. C'est lui comme la face publique. C'est lui qui va sur les... Les podcasts. Qui fait genre les conference calls avec les investisseurs à chaque earnings call. Qui va sur la télé et les choses comme ça. C'est le... mais il est moins impliqué côté produits. Puis Toby, c'est celui qui est très impliqué. C'est le CEO et Chief Product Officer. Puis effectivement, le CTO aussi. Oui, c'est ça. Ça fait que c'est ça. Il est intégré dans tout ce que la compagnie fait. Puis c'est ça qui est inspirant, qu'il soit aussi in the weeds après toutes ces années. Puis il care autant à propos de son produit. Il va commenter sur les plus... petites choses de façon très opinionated. C'est ça, la meilleure formule pour avoir une compagnie performante et successful, à mon avis.
François Lanthier Nadeau: C'est un vrai builder, le dude. Si jamais tu le rencontres plus sérieusement en personne, je vais être curieux de savoir ton take sur quel genre de dude. Il a un petit peu l'air d'un Bond villain, des fois. Donc là, vous êtes remote, toute la gang, mais tu sais, justement, tu as du monde fucking talentueux, c'est performance-driven, on en a parlé, tu as du monde vraiment cool, comment tu fais pour te connecter avec eux autres, pour bonder un peu avec ce monde-là ?
Lucas Marcotte-Richardson: Ouais, ça aussi, ça fait partie de la genre de formule de compagnie Remote First, puis le genre de playbook que Shopify implémente. puis améliore puis ajuste depuis qu'ils ont fait la décision d'être une compagnie 100% remote. Puis c'est, comment qu'ils font ces connexions physiques-là, c'est par l'entremise de quelque chose qu'ils appellent des bursts, mais c'est vraiment juste des voyages d'équipe pour se rencontrer de façon stratégique quelques fois par année. OK. Fait qu'il y a des systèmes en place où est-ce que tu peux quand même facilement planifier un burst. Ah ouais ? Puis là, on a pu plus de bureaux officiels où est-ce que tout le monde rentre à chaque jour, mais on a encore des bureaux qui appartiennent à Shopify dans plusieurs villes, Montréal, Toronto, New York, etc. Puis tu peux réserver une place dans un de ces bureaux-là qui fait le plus de sens par rapport à où est-ce que les membres de ton équipe sont situés. Puis c'est facile de juste planifier un voyage pour se rencontrer. D'habitude, il faut que tu ailles une raison de te rencontrer, tu launches un nouveau projet, des choses comme ça, tu travailles sur la roadmap ou tu as une nouvelle équipe qui vient de se former, les gens veulent se rencontrer. Mais oui, j'en ai eu déjà plusieurs. C'est une cadence, je dirais, une fois par quart, une fois par moitié d'année que tu te rencontres avec ton équipe. C'est cool. Oui, c'est ça, c'est super important. même de juste se rencontrer une fois, juste pour avoir cette relation directe avec la personne, ça change la dynamique interpersonnelle comme Alain, Advitam, Eternam. Après, de juste être vu une fois, d'avoir break bread ensemble, puis après ça, c'est beaucoup plus... Les conversations Zoom, Meet, par après, sont beaucoup plus naturelles.
François Lanthier Nadeau: J'ai le goût qu'on finisse sur le AI. J'ai vu quelques annonces que Shopify a faites. D'ailleurs, tu m'avais envoyé une espèce de wrap-up super bien designé. Vous aviez un micro-site que vous aviez sorti sur plein d'annonces, entre autres des trucs sur l'AI. Comment ça a été communiqué, la part du AI, dans la vision de Shopify ??
Lucas Marcotte-Richardson: C'est communiqué comme étant un des genres de switch de plateforme. technologiques les plus importants depuis le téléphone mobile. Puis que dans le six mois quand tout ça sortait, le mid-journey de Chad Gibity, ça a tout réorienté la vision stratégique de la compagnie. Honnêtement. Dans le sens que c'est comme tout vient de changer, tout va changer. Puis nous, il faut qu'on soit, il faut qu'on bouge au... pace de cette innovation-là. Notre job, c'est toujours de faire comme de rester au cutting edge pour les gens qui utilisent la plateforme pour leur faire profiter de ces percées technologiques-là le plus possible.
François Lanthier Nadeau: Toi, ton job, as-tu changé ?
Lucas Marcotte-Richardson: Moi, personnellement, pas tant changé que ça. J'utilise... chez AGPT, tu sais, pour des...
François Lanthier Nadeau: Tâches légères.
Lucas Marcotte-Richardson: Tâches légères de... Ouais, genre, tu sais, explique-moi tel concept de data science pour la feature sur laquelle je travaille. Génère-moi un tableau de data. Génère-moi du dummy content pour mes designs. Ouais, OK, cool. Mais surtout, je l'utilise pas vraiment quotidiennement, mais plus pour... Pas pour des use cases révolutionnaires, mais juste comme carrément assistant, là, pour... Beaucoup de choses que j'aurais cherché sur Google, puis cliquer sur trois, quatre liens, à la place, je peux juste poser une question, puis avoir une réponse vraiment, vraiment détaillée sur à peu près n'importe quoi qui est comme reliée à la chose sur laquelle je travaille. Mais c'est ça, c'est vraiment, tu sais, c'est comme, c'est un des thèmes de cette année-là, de genre Shopify keeps me on the cutting edge, puis il y a plein de projets en cours. des choses qui ont déjà été reissues.
François Lanthier Nadeau: Peux-tu donner des exemples ?
Lucas Marcotte-Richardson: Les choses qui ont été reissues, c'est les générations de descriptions de produits. Quand tu es un merchant, tu as des centaines, des fois des milliers de produits, puis tu es toujours en train d'ajouter des nouveaux. Juste la tâche de écrire la description de produits, c'est time-consuming. Là, on a un genre de generative text generator directement dans l'admin, dans ta page de produits. Tu fais juste cliquer sur un bouton. bouton, puis rentrer. C'est un vase en céramique de belle provenance. Tu choisis le ton, puis ça te génère le contenu. Puis là, tu peux raccourcir et expander tout ça. Puis ça, ça a déjà été utilisé vraiment,
François Lanthier Nadeau: vraiment beaucoup.
Lucas Marcotte-Richardson: Puis sinon, c'est dans l'application de consommateur Shopify qui est comme l'équivalent de notre Amazon, notre Aggregation Play du côté buyer. N'importe qui qui a un magasin sur Shopify peut rendre disponible ses produits sur ce channel-là aussi. Dans Shopify il y a un Shopify Assistant. C'est un chatbot dans lequel tu peux dire Trouve-moi des bottes rouges de taille 6 qui vont être livrées à ma porte en moins de 5 jours qui coûtent en bas de 100$, etc.
François Lanthier Nadeau: Très cool. Est-ce que tu peux parler... des modèles qui sont utilisés chez Shopify ou c'est pas nécessairement un sujet qu'on rentre dedans ?
Lucas Marcotte-Richardson: C'est un partenariat avec OpenAI. C'est ça ?
François Lanthier Nadeau: Ok, intéressant. Écoute, man, ce que je suis très heureux de constater, c'est que t'as une christie de belle gig. Pis j'ai pas infusé tout ce pod-là de toutes nos histoires rocambolesques d'amitié pis personnelles, mais t'es un de mes meilleurs amis. Puis je trouve ça malade de voir le parcours de carrière que tu as eu en tech. Je me demande, tu sais, mon chum Luke, va-tu être là dans cinq ans chez Chappefleur ?
Lucas Marcotte-Richardson: Potentiellement. Si ça continue d'aller comme ça va depuis les deux dernières années, je n'ai pas vraiment de raison de chercher ailleurs. Pour l'instant, je suis vraiment satisfait.
François Lanthier Nadeau: Puis pour finir, Luke, t'as-tu, mettons, aux événements, SaaSpasse. J'ai rencontré des jeunes juniors UX designers qui se trouvent une job ou whatever. As-tu des conseils pour les jeunes qui commencent là-dedans ou les juniors qui commencent là-dedans ? Comment ils peuvent être plus sharp ? Comment ils peuvent s'améliorer ou être mieux perçus dans les équipes ?
Lucas Marcotte-Richardson: Oui, bien, la job de designer, c'est comme créer le design, après ça, le présenter. Puis après ça, assister à l'implémentation. C'est vraiment, vraiment important d'être bon dans ces trois choses-là. Évidemment, il faut que tu crées des bons designs puis que tu comprennes les aspects fondamentaux du UX pour juste être capable de produire du bon work. Mais tout ça, ça ne vaut pas grand-chose si tu n'es pas capable de bien le présenter, bien l'expliquer. Puis là, honnêtement, c'est peut-être le skill le plus high ROI. vraiment bon pour présenter tes designs, de ne pas être gêné de enregistrer une vidéo où est-ce que tu parles par-dessus ton prototype, tout ça. Mais après ça aussi, l'étape de je travaille avec les devs pour l'implémenter au niveau de qualité que je veux qu'il aille c'est tout aussi important. C'est genre de trois étapes fondamentales du genre de rôle de designer, c'est vraiment important de toutes les travailler les trois.
François Lanthier Nadeau: Puis des fois,
Lucas Marcotte-Richardson: ça veut dire, c'est ça, tu cueilles quelque chose que des devs ont travaillé pendant une journée, une semaine, mais c'est ça qui est important au final, c'est le produit qui en sort au bout. Juste d'avoir cet intérêt-là pour les produits en général, de toutes les choses que tu utilises dans la vie quand tu... quand tu t'en rends compte de à quel point, ou bien encore mieux, quand tu t'en rends pas compte quasiment, à cause que c'est tellement genre seamless et intuitif, bien de t'en rendre compte, puis de penser à comme pourquoi c'est le même, comment ça a été fait, puis juste d'avoir ce genre d'appréciation puis intérêt inhérent là pour les produits. Puis l'étape suivante, c'est comme après ça, de juste faire plus la job. de product management le plus possible, de contribuer à la vision produit parce qu'en tant que designer, on a ce genre de super pouvoir-là de pouvoir visualiser la chose, la chose que quelqu'un, un PM, essaye peut-être de communiquer juste dans un Google Doc. Toi, tu peux prendre une journée pour créer un genre de vrai prototype, puis après ça, présenter ça, puis ça peut être super, super puissant, cette capacité-là à visualiser le futur. pour rallier l'équipe vers une direction. Moi,
François Lanthier Nadeau: je me rappelle un bon designer qui me fait un bon pitch d'une direction artistique, par exemple, ou whatever, ça me fire up. C'est le fun. Ce que je veux que le monde en retienne, ce n'est pas juste à propos d'un hard skill, d'être bon en face de ton écran, dans ton interface, puis de faire des beaux rectangles. Il y a aussi des soft skills, comme... communiquer, présenter. Il y a aussi l'excellence de collaboration avec une équipe technique. Si vous pouvez aller chercher de l'exposition à des programmeurs, à du monde front-end, peu importe. Il faut que vous parliez leur langage. C'est pour que votre vision vienne en vie.
Lucas Marcotte-Richardson: Bien prendre le feedback, toutes ces choses-là. Ce n'est pas facile. Je suis premier à l'admettre. Quand tu te présentes de quoi, c'est toi qui as tout pensé à chaque petit pixel. C'est comme n'importe quoi d'autre que tu crées avec tes mains. C'est une extension de toi, en quelque sorte. Mais il ne faut pas que tu le voyes de même quand quelqu'un te dit que tu es complètement à côté de la traque ou de quoi de même. Il faut que tu le prennes comme juste une opportunité pour l'améliorer. Puis toi,
François Lanthier Nadeau: à l'inverse, toi, tu es rendu staff, senior, senior, peu importe. Tu es rendu un designer très senior. Comment tu fais pour continuer de t'améliorer ?
Lucas Marcotte-Richardson: La meilleure façon, c'est de continuer à travailler avec d'autres mondes seniors et sharp, puis de voir comment ils travaillent, puis de toujours être inspiré par les... Quand tu vois quelque chose que quelqu'un d'autre fait que tu trouves vraiment bon, de comme être curieux, de comme bon... Ou bien de juste comme, c'est ça, de l'intégrer dans ton toolkit, ou d'aller leur demander telle affaire, comment tu l'as faite, de surtout jamais être gêné de dire, Hé, voyons donc, ce genre de nouvelle technique-là, je la connais pas. pas, mais je vais demander à quelqu'un moins senior que moi comment il l'a fait. C'est sûr que non. C'est juste de toujours être curieux puis ouvert, puis idéalement travailler avec du monde vraiment bon. C'est la meilleure façon.
François Lanthier Nadeau: Bon, parlant de monde vraiment bon, si le monde veut te parler, t'es sur Twitter Lucas L-U-C-A-S-M-R-I-C-H Lucas Marcotte Richardson sur LinkedIn.
Lucas Marcotte-Richardson: C'est pas un gros Twitter ou social media, mais ils peuvent me trouver là, certainement.
François Lanthier Nadeau: Puis à Suxbury. Merci, mon pote, d'être venu sur le podcast.
Lucas Marcotte-Richardson: Merci, ça me fait plaisir.
Updates sur le podcast, la cie, les events IRL. Contenu premium pour les abonnés SaaSpal — éditorial de Frank, Q&A, roadmap du pod.