Aujourd’hui sur le pod, je discute avec Julie Simard, fondatrice de Jsimardesign et experte en UI/UX.
On jase de son parcours, de quand les SaaS devraient investir en UI/UX, travailler avec un collectif vs. une agence, design thinking, comment donner du feedback aux designers et pourquoi tu veux pas la même face que ton voisin.
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François Lanthier Nadeau:What's up, folks ? François Lanthier Nadeau ici. Bienvenue sur SaaSpasse, le podcast où on jase de croître un SaaS ou une carrière en SaaS au Québec. On est maintenant dispo sur Spotify, Apple Podcasts, pas mal de tous les autres. Donc, vous êtes pas game d'aller vous abonner. Ça serait smart, mais il nous faut assez de downloads pour avoir des commandites. pour enfin payer le producer Ludo, a.k.a. le pro du bono, a.k.a. The Real Pussycat. On drop un épisode par semaine minimum, juste des discussions sans filtre avec des founders ou des employés clés en SaaS. D'ailleurs, si vous faites partie d'un SaaS au Québec, allez sur SaaSpasse.com, S-A-A-S-P-A-S-S-E.com. Cliquez sur le bouton mauve Ajouter votre SaaS pour être indexé dans notre répertoire des SaaS au Québec. Aujourd'hui sur le pod, je discute avec Julie Simard. fondatrice de J.Smart Design et experte en UI UX. On jase de son parcours, de quand les SaaS devraient investir en UI UX, de travailler avec un collectif versus une agence, de design thinking, comment donner du feedback à des designers, et pourquoi tu ne veux pas la même face que ton voisin. All right, on passe au show. Let's go. Bienvenue sur le pod Julie J.Smart merci d'être là. J'ai envie d'introduire c'est qui Julie pour commencer. Donc Julie c'est la personne qui m'a appris dans le fond c'est quoi la définition du mot neurodivergence.
Julie Simard: C'est parfait.
François Lanthier Nadeau: La dernière fois qu'on s'est vu Julie j'étais en train de finir ton mac and cheese au diner parce que je suis un glouton pis que toi t'en avais eu assez pis on a eu vraiment des bons talks par rapport au design à l'entrepreneuriat et à plein d'autres trucs dans la vie donc j'étais comme, je pense que ça fait vraiment du sens de t'inviter sur le pod pis qu'on jase d'une couple de trucs donc merci d'être là merci de m'accueillir d'abord c'était vraiment cool de passer Ça me fait plaisir et je suis vraiment stoked qu'on puisse faire ça. Aujourd'hui, sur le show, on a comme une couple de thèmes lousses qu'on va aborder. Puis on va voir où ça nous mène.
Julie Simard: Parfait.
François Lanthier Nadeau: Mais grosso modo, juste pour l'audience, un quick, quick, quick profile, mettons, de t'es qui, c'est quoi tu fais, c'est quoi tes skills. Puis après ça, on va avoir le background suffisant pour continuer.
Julie Simard: C'est bon. Bien écoute, je vais commencer au départ. parler un peu de ma jeunesse. Ça te tente-tu ? Sure !
François Lanthier Nadeau: Let's go !
Julie Simard: Parfait. Bien, écoute, moi, ça a commencé dans le bureau de mes parents. Mes parents, ils avaient les premiers ordis, là, tu sais, à l'école. Personne n'avait d'ordi à la maison.
François Lanthier Nadeau: IBM, genre ?
Julie Simard: Ah, oui, là, tu sais, les trucs avec des disquettes puis les vieilles choses beige.
François Lanthier Nadeau: Fait que... OK. Oui,
Julie Simard: alors, j'ai commencé avec ça puis ça m'a vraiment réveillée. Je me suis sentie dans mon élément puis... J'ai senti qu'il y avait une connexion avec les ordinateurs, puis qu'on pouvait vraiment approfondir là-dedans. J'ai joué à plein de petits jeux aussi, puis tout ça. Fait que je trippais bien raide. Puis à ce moment-là, j'ai jamais vraiment décroché. Tu sais, je me suis isolée dans ce monde-là aussi, mais ça a été une porte pour moi. Fait que c'est depuis ma tendre enfance que je trippe sur les ordinateurs. Puis j'étais aussi une petite fille super active, super sociale, très sportive. Fait que j'avais comme ces deux entités-là, complètement différentes. Puis j'étais aussi lunatique, puis dans ma bulle, tu sais, très artistique aussi. Fait que tu sais, pour moi, ça a été un fil conducteur de m'en aller, là, tu sais, en or.
François Lanthier Nadeau: Puis après ça,
Julie Simard: bon, j'ai fait un décor en or au Cégep Beau-Sapalache à Saint-Georges. Fait que je viens de la campagne.
François Lanthier Nadeau: C'est ça, hein ? Oui ! Ta gang, ta famille, c'est beau, c'est... Oui, c'est ça.
Julie Simard: Puis après, c'est, écoute, je suis partie dans la grande ville, à Québec. J'avais jamais touché un Mac de ma vie. Puis là, c'est là que je me suis dit...
François Lanthier Nadeau: T'avais quel âge,
Julie Simard: genre ? Eh, j'avais quel âge, écoute ? J'ai commencé en 2018, là, tu sais, à l'université. Fait que j'avais 19 ans, là.
François Lanthier Nadeau: OK, Fait que, franchement, sorti de la campagne pour te lancer dans... T'as-tu dit, écoute, c'est ce que tu voulais faire dans la vie rendue là ?
Julie Simard: Pas en doute. Je savais que j'aimais vraiment l'art, j'aimais les ordinateurs. Je faisais de la photographie argentique. Puis je développais, dans le fond, mes négatifs moi-même. Puis je fais de la retouche photo là-dessus, après. Ça, c'est comme parti comme ça. Puis après ça, je suis allée en design graphique. J'ai appris, bon, les rudiments, de c'est quoi le design. J'avais aucune idée c'était quoi. J'avais jamais eu d'ordinateur comme un Mac avant. Fait que c'était tout qu'un apprentissage. Puis j'ai comme vraiment trippé. Puis à ce moment-là, je faisais de la photo argentique encore. Fait que tu sais, j'étais isolée dans mon lab. Je faisais ça. J'ai trippé bien raide. Puis après ça, je me suis dit, Hey, le web, c'est cool, il m'a semble. C'est super émergent. Tu sais, on se retrouve en 2008, donc le Apple Store, ça n'existait pas. Les applications n'existaient pas.
François Lanthier Nadeau: Ça s'en venait, mais c'était pas là.
Julie Simard: Pas là encore, tu sais.
François Lanthier Nadeau: Quand tu as... Attends, le premier iPhone, c'était quoi ? C'était ça, 2008 ? Oui,
Julie Simard: 2008, exact. La première fois que j'ai tenu un iPhone dans mes mains, j'étais comme wow, ok, c'est cool J'étais la seule qui trippait vraiment dans mon entourage sur le web. Après l'université, je suis partie à Montréal, écoute, puis là, j'ai commencé à travailler dans le domaine du web. J'ai atterri chez Pages Jaunes. Oh, ok. Oui, donc Pages Jaunes, c'était fini les annuaires téléphoniques. Il fallait fonder des sites web. J'étais la première designer, j'avais aucune idée. Je ne savais pas vraiment designer quoi que ce soit. Donc, j'ai appris sur le tas. Je me suis vite sentie comme contrainte. Ça se trouve que Pajon, on avait un certain gauge. Il fallait rouler beaucoup de sites. C'était des petites entreprises, il fallait que ça passe.
François Lanthier Nadeau: C'est une game de volume. Volume. C'est une game de la faire aux autres.
Julie Simard: Exactement. Puis, je pense qu'en fond, encore...
François Lanthier Nadeau: actuellement. Il y a ce concept-là. By the way, chez Duda, il y a plein de gros clients de chez Duda qui étaient des services similaires dans n'importe quel autre pays. Le pageant du Brésil, le pageant du Mexique ou whatever. Je pense que c'est encore un modèle d'affaires qui marche. C'est sûr qu'il y a une certaine teinte old school à ce modèle d'affaires-là aujourd'hui en 2023 quand on en parle. Mais c'est intéressant peut-être quand c'est là. All right. Website building, fast forward à aujourd'hui, c'est quoi le chemin ?
Julie Simard: Écoute, après ça, je suis partie en Australie, pas de job. Je suis partie vivre pendant un an et demi là-bas. Mon rêve, c'était de faire du surf. J'avais envie d'apprendre le surf. Puis à ce moment-là, j'avais acheté une grosse van avec mon ex. On était partis, on voyageait, puis tout. Puis j'avais envie d'atterrir à Melbourne, où c'est comme là où l'art, la culture est très présente. Les beer gardens, le café aussi, c'est super stimulant. Puis finalement, j'ai commencé à travailler dans une petite boîte qui faisait des expériences avec des beacons. C'était un essai, je ne sais pas si tu sais encore, si on utilise encore ça, mais c'est utilisé dans les musées pour créer des expériences avec absolument ce que la personne se trouve. Puis là, tu peux lui pusher des informations.
François Lanthier Nadeau: En fonction de où tu es géospatialement, tu peux avoir un pop-up sur ton phone ou quelque chose qui est triggered dans la pièce, si c'est du multimédia, un genre de...
Julie Simard: Oui. Je pense plus que c'est très utilisé encore.
François Lanthier Nadeau: Ça fait longtemps que je n'ai pas entendu ce nom-là, mais je m'en rappelle des expos. Clairement, je suis moins cultivé que toi au niveau de notre culture québécoise à Québec. Mais oui, I get it. Fait que t'as gossé avec ça.
Julie Simard: Exactement. J'ai travaillé là-dessus. Finalement, je me suis dit, je traite moins en Australie, c'est malade. Ils ont voulu me sponsoriser pour que je reste là-bas. puis j'ai fait... OK, quand même,
François Lanthier Nadeau: elle a immigré, là.
Julie Simard: Oui, immigré. Je me sentais bien trop québécoise pour ça. J'ai fait, oh my God, j'aime bien trop la poutine, j'aime bien trop parler français.
François Lanthier Nadeau: Faire d'autres à la poutine.
Julie Simard: Pour ça, ouais. Fait que je suis revenue chez nous. Puis là, j'ai travaillé un peu à mon compte, mais à ce moment-là, ça n'a pas duré longtemps. Je me suis faite poacher par plein d'agences, puis tu sais, comme, j'ai pas eu le temps d'approfondir. J'ai travaillé pendant six ans en agence chez Mirégo.
François Lanthier Nadeau: OK, cool.
Julie Simard: J'ai travaillé sur des super gros projets, là, tu sais, SAC, IGA. Oui. Des gens passent, Canadiens de Montréal, des grosses applications avec des équipes de 15 développeurs. Fait que, tu sais, de travailler dans une équipe, ça a été extrêmement formateur pour moi, puis j'ai appris énormément. Mais encore là, je me suis sentie un peu contrainte, puis j'avais besoin de m'émanciper un peu, puis de faire ce que j'avais envie. J'ai quitté l'agence Mirégo pour travailler à mon compte une semaine avant la pandémie. La pandémie est arrivée. J'avais un condo à payer, un chien, puis écoute, un char neuf.
François Lanthier Nadeau: Ton chien était-tu payé ?
Julie Simard: Mon chien payé. Mon chien était payé, c'est lui que j'allais garder. C'est ce que j'avais décidé si ça allait mal. Fait que je me suis dit, bon, game on, on y va, on essaye. Fait que j'ai commencé à me présenter dans des agences comme Sidley, il y a Sigmund juste à côté de chez nous. qui m'ont donné ma chance aussi, LG2, pour justement être consultante et les aider dans leurs projets.
François Lanthier Nadeau: Qu'est-ce que tu présentais, qu'est-ce que tu pitchais quand tu arrivais à ces agences-là ? Je sais qu'il y en a certaines là-dedans qui ont fait des produits numériques, des SaaS. Toi, tu arrivais comme une experte consultante en design web, en UI, UX. Comment tu te pitchais, genre ?
Julie Simard: Il y a plusieurs choses que je peux leur dire. Certainement, mon expertise à moi, c'est l'UX. C'est là-dessus que je me définis beaucoup. Mais le UI est toujours présent, c'est les deux. Oui, oui, bien sûr. Mais comment je me présentais avec ces agences-là, c'est que j'avais une plus value sur toute l'expertise d'un gros projet sur lequel j'avais souvent piloté avec une grosse équipe aussi. Donc, je connaissais le milieu de l'agence très bien, même en étant consultante. Puis aussi, mon plus value avec ça, je te dirais que c'est que... Vu que je consulte encore d'autres agences et d'autres clients, parce que j'ai mes clients actuellement aussi, je parlerai de ça plus tard, mais j'apporte de la valeur sur tous ces projets-là, puis toutes ces expertises-là, puis tout cet apprentissage-là aussi. Donc, je vais chercher tout le temps quelque chose à quelque part que je peux ramener ailleurs, tu sais. Ça, pour les agences, c'était vraiment plaisant d'entendre. Puis oui, c'est vrai, cette fille-là, elle a vécu plein d'enfer.
François Lanthier Nadeau: All right. Le travail d'agence, souvent, ça va être limité dans le temps, limité dans le budget. C'est un projet que tu vas shipper, puis il y a une deadline. Souvent, dans notre space, on va dire qu'il y a des devs ou des designers que ce qui les fait un peu chier, c'est de ne pas pouvoir aller au fond des choses puis builder un produit ou une plateforme pendant full longtemps, comme tu ferais en produit en SaaS. Toi, tu as été exposé à des projets d'agence, des projets clients beaucoup. Mais tu as aussi, je pense, travaillé sur du produit numérique, right ? Carrément des applications web.
Julie Simard: Oui, absolument. Bien oui, j'ai travaillé sur des projets qui mettaient en vedette une compagnie, puis que finalement, il y avait envie de se transformer, donc fonder un produit. Oui, j'ai travaillé autant en termes d'agriculture, par exemple. Ça pourrait être un client que j'ai en tête qui fait du 3D, donc un tasse totalement, dans lequel les gens vont s'enregistrer. Après ça, ils vont... apposer leur modèle 3D, ils vont pouvoir jouer avec ce modèle-là, le manipuler comme ils veulent pour finalement...
François Lanthier Nadeau: Ça c'est Visao, c'est ça ?
Julie Simard: Oui, c'est Visao, cette compagnie-là avec laquelle tu travailles.
François Lanthier Nadeau: Fais un shout-out à Visao, une SaaS de Québec. Thomas, le founder, s'il écoute, un petit shout-out. Fait que comment... Parle-moi, mettons, du flow d'arriver dans une SaaS de même, mettons. Comment c'est arrivé, pis... Parce que clairement qu'aujourd'hui, on va parler de design et de UI, UX, puis à quel point il y a beaucoup de founders et de devs qui suck directement là-dedans. Mais comment tu rentres dans un projet de même ? Oui.
Julie Simard: Premièrement, j'ai rencontré Thomas, qui est le founder de cette compagnie-là. Super type. D'ailleurs, toute petite équipe à ce moment-là, puis il m'a ouvert les bras. Il était comme Julie. J'ai tellement besoin de UX dans mon équipe, j'en ai pas actuellement, puis on le sait qu'on est allé rogue un peu, puis qu'on a fait quelque chose qui fonctionne bien. Par contre, la touche UX est tellement manquante, les gens ne comprennent pas nécessairement, des fois il faut réexpliquer, est-ce que tu pourrais m'aider avec ça ? Puis là je me suis dit, OK, Thomas, on va prendre du temps ensemble, je vais apporter justement mon équipe, j'avais apporté François avec moi qui est développeur. puis Arnaud qui est UXOI comme moi. Puis je trouve qu'on a toute une manière de penser. Fait que je me suis dit, les gars, ça vous tente-tu ? On va aller chez Visao, ils vont nous expliquer le produit. Fait qu'on s'est assis dans le fort sur Saint-Joseph. En fait, eux, ils ont un petit local. Puis on s'est assis avec eux dans une pièce pendant trois heures de temps puis ils nous ont montré comment est-ce que ça fonctionne. J'ai aucune idée du 3D. C'est pas un milieu dans lequel je navigue du tout. Alors j'ai posé un tas de questions puis j'ai essayé de comprendre aussi. Comment est-ce qu'eux, ils appliquent leur travail ? Ils sont vraiment des experts dans ça. Et puis, eux, leur but, c'était de faire des visionneuses 3D puis de rendre le plus possible leur client autonome. Donc, si, par exemple, on embed un 3D sur un site web, puis qu'on peut naviguer. Par exemple, si je prends une chaussure, mettons, un soulier Nike. Puis après ça, tu peux changer la couleur, tu peux le tourner, tu peux naviguer autour. Comment est-ce que ça fonctionne, cette visionneuse-là ? Donc, on a regardé tout ça ensemble. Comment est-ce que les gens s'inscrivent comme compagnie aussi sur leur database ? Fait que, tu sais, c'était vraiment de comprendre l'entité de ce projet-là qu'ils avaient envie de fonder, puis d'avoir de l'empathie directement avec ce client-là.
François Lanthier Nadeau: Mettons, si je peux me permettre, tu rentres dans une business qui est bootstrapped, qui commence, qui a un produit qui fonctionne, puis probablement des premières ventes. Que ce soit Visao ou n'importe quel autre, c'est quoi les genres de lacunes ou de faux pas en design, en UI, UX que tu vois souvent dans les SaaS qui commencent ?
Julie Simard: Bien, je te dirais que... Habituellement, on aime ça quand ça fonctionne. Puis quand ça fonctionne, c'est good, on part avec ça, puis c'est correct. Mais ça ne veut pas dire que tout le monde comprend bien comment l'utiliser, puis qu'ils vont aimer l'utiliser. Alors, c'est là où le UX puis le UI s'insèrent. En fait, c'est vraiment de communiquer par la fonction, donc par le design, quelque chose qui est à utiliser. Fait que, dans un sens... Pour moi, c'est comme une révélation. C'est là où j'entre dans le projet, puis que je peux m'insérer, puis appliquer mon expertise. Donc, je vais apprendre c'est quoi le produit, je vais bien le comprendre, puis c'est là où je vais donner des directives ou des objectifs. OK, je pense que là, je ne suis pas sûre que les gens comprennent bien. Des fois, la méthode, c'est de s'approcher directement du user, puis d'aller faire du user testing.
François Lanthier Nadeau: Qu'est-ce que ça veut dire, ça, pour le monde qui ne sont pas familiers ?
Julie Simard: C'est de la recherche utilisateur, en bon français. Donc, ce qu'on va faire, il y a plusieurs méthodes. Moi, j'aime vraiment ça, faire ça. D'ailleurs, c'est une de mes spécialités. Mais ce qu'on peut faire, c'est du shadowing, par exemple. On peut regarder comment est-ce que la personne fonctionne dans un système ou un design. Puis, on va soit lui demander de faire sa tâche. Et puis, on va pouvoir noter certains petits objectifs, certains petits détails qu'on peut voir. Puis ensuite de ça, ça nous permet de l'analyser. Donc, on peut passer trois, quatre personnes comme ça.
François Lanthier Nadeau: Qu'est-ce qui, mettons, si je challenge un petit peu, mettons, en fonction de la base d'utilisateur du client avec lequel tu travailles, comment tu fais pour t'assurer que le sample, l'échantillon que tu prends, est comme assez significatif pour tirer des conclusions ? Oui. Mettons comme là, tu disais quatre personnes. Je pense que si c'est une base de users de dix personnes, ça fait du sens. Mais mettons qu'il y a déjà mille users, tu vas-tu essayer de... Scaler ta recherche utilisateur ?
Julie Simard: Oui, tout à fait. On n'y va pas dans le quantitatif, on y va dans le qualitatif. Le type de recherche qu'on va faire, ça va être un échantillage beaucoup plus petit. Puis on parle aussi de budget, c'est du temps passé avec des gens. Il y a plein d'étapes avant ça. Si par exemple je fais de la recherche utilisateur ou des tests utilisateurs, je vais construire des scénarios pour essayer de comprendre c'est quoi l'objectif de faire. Pour finalement poser les bonnes questions à l'utilisateur, c'est super étudié. Après ça, je vais leur poser des questions, puis je vais essayer de les challenger un peu pour comprendre leur opinion. Après ça, c'est sûr que moi, je vais compiler toutes ces datas-là, puis je vais exposer de manière qualitative ces résultats-là.
François Lanthier Nadeau: Ça prend quelle forme, la compilation de la data, puis la présentation de ça, mettons, à des founders ou des parties prenantes d'une SaaS, mettons ?
Julie Simard: Oui, dans le fond, tout simplement, je vais compiler ça dans un slide deck, un keynote, puis je vais leur présenter. Au début, quand je commence avec les tests utilisateurs, je me demande pourquoi je voulais faire des tests. C'est quoi le but ? Je pars vraiment du commencement, puis après ça, je vais leur dire, Regardez, voici les éléments qui sont sortis avec les tests par rapport aux objectifs de faire des tests. On ne fait pas ça pour le fun. On veut vraiment avoir des analyses profondes. Ça nous permet aussi de comprendre quel type de persona on a. Est-ce qu'on s'est fourré tout simplement ? Puis qu'on a un persona qu'on pensait qui existait, mais finalement, cette persona n'existe pas. OK. Donc, c'est de sortir un peu de la fabulation puis de tomber dans le concret, puis dans le vrai feedback. Ce qu'on veut finalement, c'est que les gens utilisent nos produits.
François Lanthier Nadeau: Exact. C'est de transcender un peu les intuitions de fondateurs puis de early MVP, puis d'avoir du feedback terrain, d'avoir de la vraie data.
Julie Simard: Oui, c'est ça. Parce que... Même moi, je ne suis pas l'utilisatrice du produit. Je m'y consacre et je suis intéressée, mais ça ne veut pas dire que mon opinion est bonne.
François Lanthier Nadeau: Exactement. Ce n'était pas le ideal customer profile le genre ICP. Puis, OK, ce qui m'intéresse, c'est un peu de savoir le moment ou le timing où est-ce que toi, tu arrives dans une SaaS, mettons. Parce que, tu sais, on va se le dire, à moins que tu sois une SaaS super fundée, puis que tu ailles plein de cash, des pros en UI, UX, c'est pas là au début dans le décor. À moins que tu startes un produit de UI, UX, puis que tu sois ça, UI, UX, whatever. Mais, tu sais, ils sont pas là. tout de suite. Moi, ce que je me demande, c'est quand, dans l'espèce de croissance d'une early startup, que les growing pains ou les UI, UX pains apparaissent, puis que là, toi, tu rentres magiquement dans le décor. C'est-tu du monde qui va vers toi ? Il y a beaucoup de références. J'essaie de comprendre, c'est quand que tu rentres ?
Julie Simard: Écoute, il y a plusieurs aspects à ce que tu dis. Ça me fait vraiment réfléchir. Ça pourrait être à Yale, les gens nous appellent tout le temps. On est... tout le temps sur le support, on part du temps. C'est ce qui se passe. Ça pourrait être ça. Ça pourrait être aussi, bon, c'est étonnant, les gens nous parlent que notre design n'est pas fresh, ça ne fonctionne pas très bien. On nous a dit que ça nous prenait un UX UI. C'est ça que tu fais, toi. C'est ce que tu vas faire. Ça peut être de ce côté-là, ou tout simplement il y en a qui valorisent déjà l'idée qu'on prenne bien, c'est quoi la valeur d'avoir un bon design, c'est quoi... justement, de faire un produit, ça demande d'avoir une bonne expérience. Donc, ils sont déjà au courant. Puis, ils ont déjà entendu parler de mes services. Donc, ils viennent me voir spécialement pour ça. C'est à peu près les trois yousquakes je te dirais.
François Lanthier Nadeau: Puis, dans le fond, toi, tu passes sur un modèle vraiment intéressant, je pense, que tu appelles un collectif. Oui. C'est-à-dire que toi, tu es une entrepreneur. Tu chapeautes un petit réseau de pros. Basically, de monde qui sont vraiment forts dans différentes layers du numérique. Ça peut être des devs, ça peut être des designers, je pense vidéo, création. Y'a-tu d'autres choses ?
Julie Simard: La conception et l'action. Ça peut être du motion design et du branding aussi. On peut pas passer à côté de ça. Moi, je peux pas vivre vraiment seule. Puis une compagnie non plus peut pas vivre seule. J'ai comme l'impression que tous ces services-là... On en a un peu besoin à des moments importants. Donc, je me suis rendu compte que de m'entourer d'une équipe dans le collectif me permet soit d'offrir à mes clients d'autres services, mais aussi de les accompagner ou aussi de leur donner cet apprentissage-là. Hey, ce service-là, il existe, je peux t'aider. Si tu veux, on peut juste te présenter qu'est-ce que ça en est, puis voir si ça t'intéresse. Je pense que ça pourrait t'aider.
François Lanthier Nadeau: Puis, OK, nice. J'essaie de me mettre dans les souliers d'un founder, mettons. Puis je me dis, j'arrive à ce moment-là de pain explicite. Je suis tout le temps sur le support, le monde m'appelle, le monde me dit c'est buggy ton affaire, je ne sais pas où cliquer, peu importe, right ? J'ai des taux de rebond, peu importe les métriques qui pop dans ma face. Puis là, je me dis oh shit, clairement, il me faut du UI, UX, quelqu'un de pro. Comment je justifie dans ma tête travailler avec un collectif qui est comme... une espèce de SWAT team qui peut rentrer, régler des problèmes, transférer des connaissances, puis partir, comme le collectif, je pense, versus, mettons, engager quelqu'un temps plein. C'est-tu un principe de Ah, man, engager quelqu'un temps plein, bon en UI, UX, c'est trop rough sur le budget quand t'es early, ça fait plus de sens de faire un format avec un collectif. C'est-tu ça, l'espèce de réflexion d'en faire des founders ?
Julie Simard: Ben, je te dirais que ce qui est cool avec nous autres, c'est qu'à la base, quand je... prends contact avec un client, je vais prendre la prise de besoin qu'on appelle, je vais lui dire est-ce que tu serais intéressé à ce que je fasse un audit avec toi et que je regarde l'ensemble de tes problèmes. Ça se peut que tu n'aies pas besoin de moi pour telle telle telle affaire, mais écoute, ça se peut que je puisse t'orienter sur certaines choses. Fait qu'un audit tout simplement c'est que je regarde les métriques que tu viens de me parler et ensuite de ça, je vais lui proposer des services ou des hypothèses que je pense que ça serait intéressant qu'on s'y attache. Ok. À partir de ça, notre force en tant que collectif, c'est que le client a toujours la responsabilité ou la possibilité de fermer la porte quand il n'a plus de budget, quand il n'est plus capable de nous apporter avec lui. Ça arrive, je veux dire, quand tu travailles avec des startups, le budget est très vacillant. Ça se peut qu'il y ait une subvention qui rentre, il est comme go, ok,
François Lanthier Nadeau: on commence demain Exactement,
Julie Simard: c'est une subvention qu'on a. tant besoin. En tant que tel, ça se peut qu'on dérape un peu et qu'on ne puisse pas rester dans le projet jusqu'à la fin. Pour moi, ce que j'ai trouvé qui est un avantage de travailler avec nous autres, c'est d'apporter cet apprentissage-là et de finalement rendre nos clients les plus autonomes possibles. Ça ne veut pas dire que je vais faire le projet de UX UI jusqu'à la fin, mais ça se peut que je m'insère quand le client en a besoin. Quand il n'en a plus besoin, il peut fermer la porte, mais nous, on est toujours là si il y a besoin.
François Lanthier Nadeau: Merci. Parce que moi, je travaille, en ce moment, j'en fais un peu de consultes, puis j'ai des clients SaaS, j'en ai parlé, je pense, quand on est à manger. Puis c'est tout le temps une espèce de conundrum de, OK, bien là, je suis-tu rendu à embaucher le freelancer le moins cher possible que je peux trouver sur Internet, ou embaucher des bons freelancers, ou un collectif, un peu comme ton modèle, ou une agence, ou embaucher à l'interne. C'est comme, basically, quand tu as de quoi faire un out... put dans une dimension spécifique de ta business, c'est comme ça, tu sais, les choix.
Julie Simard: Absolument.
François Lanthier Nadeau: Fait que je me dis, il y en a plein qui externalisent des services, là, avec des agences, des collectifs. Puis là, mettons, je suis dans le nitty-gritty, mais j'essaie de voir c'est quoi la différence entre l'approche collectif et l'approche, mettons, agence. Si t'avais à comme la...
Julie Simard: Écoute, c'est vraiment unique ce qu'on fait, là. C'est simple. En tant que tel, j'apporte beaucoup d'importance. à travailler directement avec le client, mais qui comprennent, genre, c'est quoi le design, c'est quoi la valeur ajoutée du design, puis comment est-ce que nous, en tant que partenaires, si on veut, on les suive dans leur aventure. Fait qu'on est... Je te dirais qu'une agence, c'est quelqu'un qui va prendre tes besoins, prendre tes problématiques, puis il va te shipper un projet dans un deadline hyper précis. Nous, on est plus comme on est à côté de toi, Puis si tu as besoin de nous, on va te suivre là-dedans. Puis on va te conseiller, puis on va te donner les outils pour que tu puisses y arriver, même si on ne travaille pas avec toi.
François Lanthier Nadeau: C'est vraiment plus... On en parlait avant de rec le pod, mais genre... Des fois, j'ai l'impression que les agences, que ce soit pour du software ou du marketing ou du design, c'est souvent comme noir un peu la connaissance qui ship. C'est genre, non, non, on a l'expertise, fais-nous confiance, voici le résultat. Mais la poutine de comment ça a été fait, pourquoi tu réfléchis comme ça ? Comment tu leur ferais si tu avais à leur faire ? Et comme pas nécessairement là. Alors que toi, le feeling que j'ai, c'est une espèce de notion de embedding. Genre, la personne est proche de toi, elle s'incruste un peu dans tes ups, puis elle s'adapte à ton niveau d'intérêt, ton niveau de connaissance pour justement empower l'autre personne.
Julie Simard: Tout à fait. C'est vraiment là la différence pour moi. Puis c'est là où j'ai trouvé qu'il y avait une niche, si on veut, puis qu'il y avait du potentiel pour nous autres de s'incruster avec. justement des petites compagnies, des startups. Des fois, ça peut être des grosses compagnies aussi. C'est très divergent. C'est très différent ce qu'on fait aussi avec les types de clients. Mais ce qui est unique avec nous autres, c'est vraiment de rendre nos clients les plus autonomes possibles et qu'ils comprennent dans quoi on les embarque. Puis après ça, eux autres sont comme Hey, je viens, vous avez parlé de ça, ça serait cool. J'aimerais ça qu'elle nous réexplique. C'est arrivé des fois que j'ai fait des journées de formation. J'ai expliqué c'est quoi l'importance du design. C'est vraiment là où est-ce que j'aime m'insérer. C'est de leur donner des conseils, mais aussi de leur donner les outils pour qu'ils puissent partir avec ça. Écoute, s'ils n'ont pas d'argent pour faire du UX, ils vont être capables peut-être même de se débrouiller avec ce que je leur ai donné.
François Lanthier Nadeau: Exact, c'est fondamental. J'ai le goût qu'on parle un peu, Julie, de brand Ok. J'ai comme l'impression que c'est dans l'espèce d'espace de move fast and break things pis ship des MVP dont t'es pas fier pis comme fais tes premières ventes Tu sais, j'ai été un advocate de ça pendant plusieurs années pis je crois encore à ça, mais j'ai comme l'impression que souvent la brand elle se fait comme pas considérée pis comme 5 ou 6 ans. in quand là, tu fais du profit, puis là, ça va bien, ou là, là, tu commences à penser à ta brand. J'ai l'impression que c'est comme peut-être six ans de gaspé que t'aurais pu la builder de façon lean ou même si t'as pas tant de ressources. Bon, clairement, encore une fois, si t'es une startup fondée au fond, Léon, tu vas peut-être avoir un brand designer day one, tant mieux pour toi. Mais mettons, pour les plus petites startups, je sais pas comment les conscientiser à l'importance du branding. puis les équiper là-dessus, c'est-tu quelque chose que tu touches, toi ? Oui. Ou ils sont comme Oh non, non, Julie, on veut que l'app marche bien, parle-moi de ça plus tard.
Julie Simard: Ah, bien, tu sais, ça leur arrive que des fois, c'est pas mis en priorité, puis je vais pas leur pousser ça dans le fond de la gorge, là. Tu sais, mais sincèrement, le branding, c'est super important pour une chose, c'est que c'est comme, c'est la chose que tu vas présenter à tes clients, puis à l'univers.
François Lanthier Nadeau: C'est-tu comme intangible comme ça ?
Julie Simard: Intangible ? Bien, c'est sûr que tu crées ta personnalité autour de ton brand, tu vas être reconnu, tu as ton positionnement, la façon dont la marque se démarque, mais aussi, tu sais, comment est-ce que les gens vont voir ça ? C'est de la communication, c'est de la rédaction, le brand, c'est très, très large, puis je trouve ça bien triste, mais tu sais, ça arrive que parfois, il y a des gens qui me disent, bien, écoute, je lis, je vais me faire un... Un logo sur Internet, sur Fiverr, en deux minutes, je suis capable d'avoir des possibilités et tout ça. Mais ce qui est important, c'est que moi, je disais à mes clients, c'est correct, tu peux le faire. Je ne lui ai dit pas de ne pas le faire. Mais est-ce que tu aimerais ça avoir la même face que ton voisin ?
François Lanthier Nadeau: Yo, ça dépend de ton voisin.
Julie Simard: Exactement. Mais tu ne veux pas te retrouver, tu te retournes et carline, il a la même face que moi, ce gars-là Ben là, voyons donc. Tu sais,
François Lanthier Nadeau: t'as pas... C'est sûr que je t'évoque ça. Mais, non, je comprends. C'est comme un... Tu sais, moi, je dis souvent à des startups que je m'entends ou que je conseille, comme, t'as pas besoin d'être le best, t'as besoin d'être le only, genre. Être le seul, mais non le meilleur. Genre, ouais. Pis le brand, c'est une des manières d'être le seul. C'est-à-dire, genre, ton messaging, les couleurs que tu utilises, la manière que tu... phrases, tes press releases, ton contenu ou juste comme les prompts dans ton app ou les labels dans ton app. Tout ça, ça peut comme s'inscrire dans un facteur différenciateur. C'est juste que j'ai l'impression que c'est loin de la psychologie du founder qui est comme en mode validation, traction.
Julie Simard: Ben, c'est parce que j'ai l'impression qu'ils se disent on a d'autres chats à fouetter, fait qu'on peut pas m'y... Ah ouais ? Fait que dans un sens, on a d'autres choses à faire. Le branding, ça viendra après. Puis des fois, un an, deux ans, trois ans, ça passe. Puis là, tabarouette, notre branding, il n'est pas fort, fort. Il faudrait qu'on y travaille. Sauf que comme tu dis, c'est ça, il y a de l'eau qui a coulé en dessous des ponts. Puis il y a plusieurs années qui se sont espacées. Puis après ça, tu veux changer la face. Ça va te coûter cher.
François Lanthier Nadeau: C'est comme une chirurgie plastique pour ne pas ressembler à ton voisin.
Julie Simard: Exact.
François Lanthier Nadeau: Une affaire que, avant qu'on se rencontre en vrai, j'avais comme gossé sur ton site, j'avais stalké un peu sur LinkedIn parce qu'on se parlait après mon annonce que j'étais parti chez Duda. Puis un thème qui gravite autour de, je pense, ta personnalité puis ta profession, c'est le design thinking, puis les design sprints. Puis comme je te disais avant qu'on rec le pod, c'est genre, à chaque fois que j'entends ça... genre je hoche de la tête solennellement pis je suis comme oh for sure ça c'est important mais la vérité sale de tout ça c'est que j'ai aucune fucking idée c'est quoi. Fait que dans le fond j'ai le goût que tu me traites comme un noob pis que tu m'expliques de ton point de vue le design thinking c'est quoi, le design sprint c'est quoi.
Julie Simard: Parfait c'est super simple écoute je vais faire le plus le plus minimalement possible pour que tu comprennes. N'hésite pas si tu as des questions aussi après ça. Le design thinking, c'est le fameux buzzword que tout le monde utilise. Pour moi, c'est vraiment une démarche dans mon travail, tout simplement. Je vais l'expliquer rapidement. Donc, on a l'empathie qui est la première étape. Donc, on va écouter, on va essayer de comprendre. On laisse la place à notre client, au projet, pour vraiment bien satisfaire les besoins. Puis à ce moment-là, on va être capable de poser des questions, essayer de trouver des hypothèses, quelles sont les problématiques qu'on essaie de résoudre. Puis ensuite de ça, on tombe vers le define, qui va être la partie où on va définir peut-être un backlog, définir des tâches, définir des tâches de design, des tâches de branding, des tâches de dev. C'est là où on va placer les éléments qu'on a besoin pour fonder notre système, notre produit, tout simplement. Puis ensuite de ça, on va aller du côté du brainstorm, où on va s'asseoir dans une pièce avec plein d'identités prenantes. On va essayer de challenger des idées. Des fois, ça peut partir dans tous les sens. On est encore dans le converge. Puis après ça, on va revenir vers quelque chose dans un silo qui est plus proche. Puis là, on va aller vers du prototypage. On va salir les mains, comme tu disais tantôt. On va prototyper des wireframes, des maquettes. peut-être, on va essayer de les animer, ça se peut, ça se peut qu'on les code aussi un peu, on joue avec, puis après ça, on part avec ça, puis on va le tester. Donc la dernière étape, c'est de les mettre dans les mains de nos utilisateurs, puis de voir comment est-ce qu'ils vont réagir. Tantôt, je parlais du user testing, puis de la recherche d'utilisateurs, ça peut se faire au début, ça peut se faire à la fin, ça peut se faire pendant. Il y a plusieurs méthodes, ça dépend de ce que tu as envie de calculer, ce que tu as envie d'avoir comme métrique. Mais ça peut être super intéressant de les faire rentrer dans le processus aussi.
François Lanthier Nadeau: Puis, l'affaire qui m'intrigue, c'est quand tu dis, OK, on rassemble plein de parties prenantes pour participer à ce processus-là de design thinking. Bon, nous, on a fait... Sont-tu là à chaque step ? Tu sais, dans l'écoute, l'empathie, tout ça, au début, mettons, sont-tu pas là ou sont-tu là ?
Julie Simard: Bien, c'est sûr que moi, je tente d'avoir les mêmes personnes du début à la fin.
François Lanthier Nadeau: Qui genre ?
Julie Simard: Ça peut être les founders, ça peut être les devs qui participent au projet. Ça peut être le gestionnaire de projet, le clignant, le gestionnaire de projet, le product owner, celui qui s'occupe de la direction du produit. On met tout ce beau monde-là dans une pièce. Le designer, effectivement, qui est à la table, qui dirige, facilite ces opérations-là.
François Lanthier Nadeau: Tu es comme chef d'orchestre, ça.
Julie Simard: Oui, c'est sûr, je peux agir à titre de facilitateur pour justement monitorer tout ça avec l'équipe. Mais aussi, je peux assister comme, Hello, je suis assis à la table, puis je donne mes idées aussi. Mais le but, c'est d'amener ces gens-là à se parler, puis à donner des idées, puis à voir si on peut essayer d'autres choses.
François Lanthier Nadeau: Puis, mettons, pour avoir été dans différentes compagnies, ben en fait, mostly deux compagnies, les parties prenantes, les fameux stakeholders, j'ai comme l'impression que c'est du monde vraiment busy, tout le temps occupé, puis que c'est pas nécessairement facile d'avoir leur attention puis leur présence. sur une longue période de temps. Fait que, comment tu réussis à faire ça ? C'est-tu, mettons, une condition de, je ne sais pas si tu es une agence ou un collectif, tu es comme, nous, on va faire un sprint de design thinking, puis il faut que les parties prenantes soient là, sinon on ne travaille pas avec vous. Ou c'est comme, tu sais, j'essaie de voir ça, là.
Julie Simard: Bien, c'est sûr que la disponibilité des clients est hyper importante, puis de l'équipe, parce que s'il y a du monde qui s'engage, puis qu'après ça, ils partent du bateau, bien là, ça devient un petit peu inconstant, puis il perd un peu le fil, tu sais. Qu'est-ce qu'il avait dit, lui ? OK, je m'en souviens pas. Bon, c'est pas grave. Ça prend du monde qui va défendre leurs idées jusqu'au bout. Par contre, la notion de budget puis justement d'avoir ce beau monde-là tout le temps, oui, il y a du monde pressé, puis on a d'autres choses à faire. Par exemple, un design sprint, il y a un livre là-dessus, vous pouvez aller le lire, qui s'appelle Design sprint Ça se trouve être un processus sur cinq jours consécutifs. Donc, quand je parlais de l'empathie, définir. Après ça, brainstorm, prototypage et test, on fait ça du lundi au vendredi. D'avoir quelqu'un pendant une semaine, c'est quand même assez prenant. Les parties prenantes sont prises. Dans un sens, c'est sûr que c'est peut-être un niveau, je te dirais, d'études qui est quand même très évolué et qui n'est pas donné à tout le monde. Par contre, ma méthode à moi, c'est d'appliquer la même chose. On applique encore le design thinking. Mais on va aller le faire, par exemple, en petite séance. On va le faire en cinq semaines. Donc, on va le faire cette semaine-là en hebdomadaire. On va pratiquer l'empathie, puis je vais leur expliquer c'est quoi. Ils vont comprendre. On va faire des ateliers ensemble. La prochaine séance, OK, on va le faire. Ou ça peut être aussi en une heure, on essaie de sortir quelques idées, puis on y va avec ce qu'on a aussi. Il faut savoir s'adapter dans ce milieu-là. Je pense qu'on ne peut pas toujours le faire comme c'est buy the book c'est comme ça qu'on le fait. Je pense que l'adaptation, puis trouver des nouvelles façons, les outils aussi, c'est important.
François Lanthier Nadeau: D'accord. Dans le fond, mettons que tu es une SaaS qui roule son produit de façon récurrente, tu opères en mode Scrum, genre tu as des sprints de deux semaines avec les artefacts, les itérations, tous ces cossins-là. Puis là, tu as des challenges UI, UX, qui font que je rentre en connexion avec toi, avec ton collectif. Le design thinking, quand il y a déjà un process comme, mettons, Scrum qui est sur place, c'est-tu quelque chose qui devient une espèce de tampon de Oh, on va mettre le process sur pause, on va se craquer un genre de design sprint, puis après ça, ça va alimenter notre process d'avant qu'on... d'artistes, genre ça.
Julie Simard: Ça peut être ça, ça peut être un frein, on se rend compte que finalement, le produit est à risque. Il y a plein de flags partout, ça marche pas. OK, on arrête le dev, on met ça sur pause deux semaines, on repart en idéation. Ça arrive. Par contre, j'aime plus une méthode soft dans laquelle on peut penser qu'il y a deux roulettes qui sont unes à côté de l'autre, donc il y a le design qui est en train de se faire faire. C'est pas nécessairement waterfall, on pitch des maquettes. puis après ça, arrangez-vous avec ça. C'est plus, je vais faire partie de votre grooming, je vais faire partie de vos tâches que vous allez scoper. Puis à partir de ça, si on se rend compte que là, ça va coûter vraiment cher, je vais repartir en design, je vais vous suggérer d'autres trucs. C'est possible de travailler en collaboration comme deux processus parallèles. Puis quand je travaillais chez Mirégo, ça, c'était super fort. Moi, j'allais groomer les tâches. des devs, puis j'allais voir c'était quoi leurs objectifs par rapport à leurs points, puis je pouvais adapter certains éléments pour qu'on y arrive. Tu sais, le but, c'est qu'on ship après tout. Donc, je fais ça aussi avec mes clients. Ça se peut que le budget ne soit pas là. C'est correct. Écoute, on va suggérer quelque chose d'un petit peu moins cher. Puis, dans un sens, le but, c'est qu'au moins, on fasse un MVP qui fonctionne, puis on va le retravailler après ça, puis c'est cool.
François Lanthier Nadeau: Mettons, j'essaie de... Pour m'éduquer moi-même, puis hopefully l'audience, j'essaie de voir dans le life cycle d'un produit SaaS, est-ce que le design thinking a sa place de façon comme... spontanée, c'est-à-dire à pré-revenu, pré-validation, pré-revenu, post-validation, même que tu aies du product market fit, quand tu pognes un plateau. Dans ma tête, on dirait que ce n'est pas un processus qui est toujours en train de runner dans le background, mais peut-être que je me fourre.
Julie Simard: Moi, je te dirais que oui. J'ai l'impression que le design thinking, c'est un peu dans tout. Je veux dire, c'est comment tu runs ta business, comment tu vois les choses. C'est aussi parfois, tu sais, nous, on va s'insérer en termes de UX, UI, surtout UX, je te dirais, on commence par ça. On va essayer de définir tout ce qui est les tâches. Ça fait que, tu sais, ça se peut que le client, il nous dise, bien, moi, mon projet, c'est ça. Puis finalement, après l'empathie, la période où on a posé des questions, c'est pas ça pendant tout. Ça va transformer tout le reste. Puis sincèrement, quelqu'un qui fait du design va aussi être amené jusqu'à la fin, jusqu'au lancement du projet. parce qu'il va faire du Q&A. Il va passer sur tous les échelons du projet, de A à Z. Je te dirais que c'est important d'asseoir un designer à la table dès le début. Dès qu'on commence à parler du projet, il faut être là pour justement aider à la compréhension et faciliter les opérations.
François Lanthier Nadeau: Parce qu'il y a une grosse différence entre, j'en ai connu une couple de designers, il y en a qui sont super focus sur le UI. Ils font ça. pixel perfect, c'est vraiment, ça suit les dernières trends, l'usabilité est cool, pis tout ça, mais il y en a qui sont pleinement focus sur les users, pis comme, comment les users vivent, interagissent, se sentent avec ton app. Fait que j'ai l'impression que quand tu dis Ah, il faut qu'il y ait un designer qui est tôt là idéalement, il faudrait que ce soit un designer UX aussi, genre. UX,
Julie Simard: fondé sur l'expérience utilisateur, c'est sûr.
François Lanthier Nadeau: Ben oui,
Julie Simard: je suis quand même d'accord, par contre, J'aimerais bien ça me pair avec ton ami Pixel Perfect, tu comprends ?
François Lanthier Nadeau: OK.
Julie Simard: Dans un sens où, des fois, on n'est pas un chien à trois têtes. Des fois, on est vraiment bon sur le UX, mais ça nous prendrait peut-être quelqu'un d'autre avec nous autres pour nous backer.
François Lanthier Nadeau: Oui, juste comme complémentarité des skillsets et tout ça.
Julie Simard: Absolument, c'est ça. Fait que oui, il existe plusieurs sortes de designers. On est des bébites un peu spéciales.
François Lanthier Nadeau: Moi, no joke, mettons, j'ai fait... Tout plein de projets différents dans Simard puis dans Duda, puis même perso. Puis j'ai l'impression d'être quelqu'un qui est capable quand même bien s'exprimer l'envie puis de bien transmettre, partager mes idées, mettons, puis expliquer ce que j'ai besoin, ce que je veux, whatever. Mais bien franchement, à chaque fois que c'était du design, un nouveau website ou genre une nouvelle version de l'app, je struggle. C'est comme si j'explique ce dont j'ai besoin, puis... Là, il y a le flow d'itération de genre la personne design, puis elle revient pour du feedback. C'est pas vraiment, mettons, ce que j'avais en tête. Puis là, je suis comme dumbfounded parce que je suis comme, bien, je sais pas exactement comment le dire. Puis ça me buzz, là, vraiment. J'ai l'impression que c'est une de mes failles. Puis je parlais de ça avec un pote hier parce qu'on est allé souper, puis il fait le design pour le branding pour... SaaSpasse pour le projet podcast, la database, tout ça. Puis il était comme... Ouais, man, tu sais, c'est une bibitte, le design, pis tu sais, c'est pas tout le temps comme, dis, langage, verbe, mot, l'air, tu sais, des fois, c'est comme feeling, pis là, j'suis tout le temps comme... Fait que je sais pas... C'est compliqué. Comment tu fais pour, genre, donner du bon feedback à des designers, mettons, qui te chipent de quoi que t'es pas content, genre ?
Julie Simard: Oh boy, ok, c'est un bon conseil, je pensais pas que ça allait diverger vers ça. Moi, je te dirais que donner des bons... des bons feedbacks... Bien, écoute, il faut que la personne soit capable de bien les recevoir aussi en tant que telle. Je pense que ça fait partie de toute chose, de toute pièce de ce qu'on fait. C'est d'être capable d'aller chercher ce feedback-là et de le faire d'une manière constructive. Pour que tu puisses donner ces conseils-là, je pense que c'est d'exprimer d'une manière, Bien, ça ne fonctionne pas avec mon besoin. Est-ce que tu aurais besoin que je te réexplique ? Comment est-ce que je le vois ? As-tu besoin que je vais schématiser, dessiner, faire des trucs ? Peut-être qu'on a besoin de s'asseoir dans une pièce et en discuter finalement. Parce que je pense que la qualité numéro un d'un designer, c'est d'être curieux. C'est de poser les bonnes questions. puis d'être capable de bien identifier ça va être quoi qu'il faut que je fasse. Il ne faut pas que tu partes genre, OK, j'ai des idées de UI malades, je m'isole là-dessus. Je pense que c'est important que tu poses les bonnes questions puis après ça, tu t'exécutes. En tout cas, c'est ce que je donnerais à des young wolves qui commencent en design, ça serait ça. Mais ensuite, il ne faut pas que tu aies peur de dire que ça ne marche pas. Écoute, c'est correct, on se rasseoit puis on commence.
François Lanthier Nadeau: J'ai comme l'impression qu'il y a vraiment beaucoup de designers qui sont non seulement passionnés par ce qu'ils font, ce qui est bien, mais aussi avec des fortes opinions sur, mettons, qu'est-ce qui fait un UI slick, qu'est-ce qui fait un color scheme trendy ou accessible ou avec du bon contraste, quel genre d'illustration fait le mieux. J'ai comme l'impression que des fois, j'arrivais à des genres de... de cul-de-sac. J'étais comme, mais c'est pas ça que je veux, c'est pas ça que j'ai besoin. Puis toi, tu me dis que c'est hot, puis que c'est la bonne affaire, mais moi, c'est pas ça que je sens. Fait que c'était comme genre... J'avais l'impression qu'il y avait comme pas d'issue, tu sais. Moi,
Julie Simard: j'ai l'impression qu'il faut que tu bâtisses une relation de confiance avec le designer avec lequel tu travailles. Ça se peut que des fois, c'est pas un super bon pairing. Je veux dire, des fois, on communique pas de la même façon, il y a quelque chose qui passe pas, ça bloque. C'est important d'avoir quelqu'un de confiance en lequel tu vas dire, « Bien, ce gars-là, je le sais qu'il torche. Cette fille-là, elle torche. C'est cool. Je lui fais confiance sur ce qu'elle fait. » Mais du côté du designer, on a quand même une mission qui est de se coller aux objectifs d'affaires. Puis c'est quoi qu'on essaye de faire ? On n'est pas des artistes. On fait du design, donc on design quelque chose pour une fonction. Pour moi, c'est super important. On n'est pas en train de construire quelque chose de beau, puis ça va flasher. Il faut que ça marche, il faut que ça fonctionne, puis que la personne, elle comprend qu'elle n'a pas essuyé le bouton, tu sais, à la base. Fait que des fois, il faut peut-être revenir à... T'es-tu sûre que la personne, elle va comprendre qu'est-ce qui se passe ? Parce que là, on s'éloigne un peu, tu sais.
François Lanthier Nadeau: C'est comme une ouverture, puis une certaine littératie d'impératif d'affaires, tu sais. Genre, pourquoi, dans quel contexte business ça s'inscrit le design que je fais. Puis, ce que je suis en train de me dire pendant que tu dis ça, c'est... Ce qui est tough, je pense, pour moi dans ces situations-là, c'est que je sais foncièrement, parce que moi, juste pour être clair, on n'a jamais eu de designer temps plein à l'interne. Parce que c'est complètement différent ça, parce que t'as quelqu'un qui reste là 5 ans, la personne, elle absorbe tes users, ton monde, ton langage. C'est ça, exact. Ça, c'est pas un problème. Moi, j'ai eu des designers à l'externe, puis vraiment des bons designers, que j'aime beaucoup, puis que je faisais confiance. Mais je me disais tout le temps, si t'es personnelle autant que je les aime, je suis... Je suis conscient qu'ils n'ont pas la même capacité, puis expérience, puis expertise dans mon projet, dans mon space. Je connais mes users plus qu'eux autres. Je connais le space. Je connais mes compétiteurs, tout ça. Fait que je sentais tout le temps une espèce d'obligation de leur partager ça, pas de leur imposer ça. Puis c'est ça. J'ai l'impression que c'était là que ça clashait.
Julie Simard: OK. Bien, je pense que... En tant que designer, il faut savoir s'approcher de ça et lâcher le morceau un petit peu. Aussi, en tant qu'équipe, avec la compagnie, avec la start-up, peu importe, le client, il faut aller dans la même direction. Il faut sentir qu'on va dans la même... Je pense que des fois, c'est d'avoir peut-être une petite discussion et de faire genre, attends un peu, il faut se réaligner. Mais sincèrement... Je te dirais, ça fait 12 ans que je fais du design. Ça vient avec la maturité. Il y a un moment où on est inconfortable, on cherche un peu. On est un peu comme des adolescents du design. On aimerait donc ça que ça flash et gagner des prix. Mais à un moment donné, il faut juste qu'on remplisse une mission d'affaires et qu'on livre ce produit-là.
François Lanthier Nadeau: Pour faire un meilleur coup de pas sur les ondes, je ne pense vraiment pas que je suis le client le plus facile. Vu que je suis habitué de dire ce que j'ai besoin, puis d'expliquer ce que j'ai besoin, puis d'avoir un résultat qui ressemble pas mal à ça, qui revient, quand c'est pas ça qui arrive, comme avec le design, c'est comme si je devenais impatient un petit peu, tu sais.
Julie Simard: Ouais.
François Lanthier Nadeau: Puis moi, je veux dire, je gérais une business, fait que tu sais, j'avais comme plein d'autres affaires à faire. Tu avais des idées sur le fait que... C'est ça, je fais miaou ! Fait que, dans le fond, j'avais plein d'autres affaires à faire, puis j'étais comme, le design, ça coûte cher, man, c'est long, c'est compliqué, fait que je pense que j'avais des biais négatifs. déjà dans ma tête, qui faisait que c'était plus tough collaborer avec le designer. C'est pas juste sur la personne designer.
Julie Simard: Je suis contente que tu en parles parce que ça se peut que des fois, on voit le design comme un mal nécessaire. Ah non, ça se peut. Genre. Ah, ça va être difficile de jaser avec ces gens-là. J'espère que ça ne va pas trop me coûter cher et qu'on ne fera pas des milliers d'itérations. Exact ! Mais je pense qu'il faut comprendre c'est quoi la situation de chaque personne et essayer d'avancer ensemble. Moi, c'est ça que je fais avec mes clients beaucoup.
François Lanthier Nadeau: Oui, oui, oui. C'est l'embedding qu'on parlait.
Julie Simard: Exactement. Des fois, c'est que... Est-ce que le designer peut adopter une approche un petit peu plus douce par rapport à ce qu'il a envie de faire ? de s'adapter, de se remettre au niveau un peu. Fait que...
François Lanthier Nadeau: Shout-out à tous les excellents designers qui ont travaillé avec moi. Je vous aime tous d'amour.
Julie Simard: Ça prend de la patience aussi, être designer.
François Lanthier Nadeau: Ah, c'est sûr, man. Je vois des memes de designers que c'est genre le client a demandé ça, tu donnes ça puis après ça, il dit non, c'est pas ça que je veux. Bon, c'est le pire exemple de meme que je viens de faire verbose.
Julie Simard: Ah ben des fois on se tourne un peu la langue 3-4 fois pis on se dit j'aurais pas le choix, je vais le faire
François Lanthier Nadeau: J'ai une question pour toi Julie, je sais que t'es quand même une personne très, avec beaucoup de compassion, très gentille, mais quand même t'es capable d'être off pis raide quand t'as besoin de l'aide. Fait que je vais te poser une question, sur 100 designers, tu penses qu'il y en a combien qui sont pas bons ? En ce moment, dans le market.
Julie Simard: Aïe, c'est rough comme question ! Ils sont immatures dans leur profession,
François Lanthier Nadeau: si je pourrais essayer de le framer de façon plus soft.
Julie Simard: Ok, je vais te dire que tu peux en cote la moitié, mais c'est comme dans n'importe quelle autre profession. Je te dirais qu'il y en a qui ne sont peut-être pas exactement leur... ou qui sont pas capables de bien écouter. Il y en a qui ont les soft skills, c'est pas toujours leur tasse de thé. Il y a beaucoup de choses là-dedans. Pour être un bon designer avec sa vision, il faut être un excellent communicateur. Ça se peut que tu sois pas rendu à ce niveau-là. Dans cinq ans, tu vas avoir lu quelques livres et tu vas t'avoir fessé la donnée sur plusieurs portes et tu vas te l'avoir fait dire que t'es fendant. Il y a un moment donné où tu... tu deviens un petit peu plus... un petit peu plus... léger, puis tu prends moins ça au sérieux, puis t'es capable d'en rire, puis t'es capable de prendre la critique. Fait que je pense que c'est plus la maturité. Mais ce qui a trait de la performance puis d'être un bon designer, tu peux apprendre, tu peux toucher à des outils, mais il faut que tu ailles le talent. Le talent, ça s'apprend pas toujours très bien.
François Lanthier Nadeau: C'est weird, ça. J'ai déjà eu des discussions à ça avec des... copywriters, parce que moi j'en ai formé une couple, que genre, peux-tu apprendre à être bon à écrire ? Tu sais, tu peux apprendre de la grammaire, tu peux apprendre du formatting, tu peux apprendre certaines règles de syntaxe, whatever, tu peux apprendre une langue, mais comme, tu sais, le style, mettons, l'écriture, ou genre le soul. Mais ça,
Julie Simard: c'est la fibre que tu possèdes depuis très jeune, pis que tu nurtures, pis que tu... Tu évolues avec ça, puis c'est la façon dont tu vois les choses, c'est la façon dont tu t'exprimes. Être designer, c'est un peu un way of life. Il y en a qui sont super bons, puis il y en a qui se voient, qui se struggle un peu. C'est correct qu'ils vont se transformer. À un moment donné, ils vont trouver leur voie, mais ça se peut que des fois, tu ne sois pas exactement à la bonne place. C'est correct.
François Lanthier Nadeau: Comme dans tout. Comme dans tout,
Julie Simard: exact,
François Lanthier Nadeau: c'est ça. Quelle réponse honnête ? Aucun gros bashing, on aime ça. On aime ça. C'est comme une question piège quasiment. Parce que moi j'ai des designers que je connais qui sont comme Man, la moitié des designers suck, genre tu sais, direct. J'aime vraiment quand t'as répondu qui est comme de donner une chance au monde, un contexte au monde de genre peut-être qu'ils sont pas à la bonne place, peut-être qu'ils sont pas encore rendus à la bonne place.
Julie Simard: Ben oui.
François Lanthier Nadeau: Puis peut-être qu'il y a des soft skills, j'aime ça man. Tu sais, c'est comme...
Julie Simard: Développe un peu, tu sais. Tellement.
François Lanthier Nadeau: une rockstar en design ou en dev qui est un tu sais le fameux 10x developer 10x designer whatever si elle a aucun soft skills cette personne là pis qu'elle a limite à créer mettons de l'awkwardness de la toxicité de la confusion dans l'équipe exact tu sais tu se remanges les profits ou les retours que tu fais là-dedans avec toutes les mauvaises énergies toute la gestion tout à fait ben oui si t'es quelqu'un qui a un ego super
Julie Simard: fort, t'acceptes jamais la critique, pis ça devient confrontant.
François Lanthier Nadeau: Moi, ça a été long avant que j'accepte la critique. Ben, c'est difficile ! Aujourd'hui, je l'accepte. Je la cherche quand même, mais garder son ego, on le check. Julie, j'ai le goût qu'on finisse avec de quoi d'un peu plus funky. Je vais appeler ça les SaaS pics. Pour le podcast, SaaSpasse. Donc, j'ai 100% volé ce thème-là dans un autre podcast que j'écoutais way back, qui est grosso modo quand on finit le show, On fait juste parler de trucs qui nous font triper, c'est ensuite. Fait que genre... 1 à 2 à 3 trucs qui te font triper si t'es en site. Puis, je peux commencer si ça te ease into it, ou si t'as une bonne idée. Vas-y, vas-y.
Julie Simard: On va poursuivre. Au pire, on y va à un intervalle, si ça te tente. Anyway.
François Lanthier Nadeau: C'est tellement interactif, j'adore ça. On collabore, site. OK, moi, mes SaaS pics pour cette semaine. Honnêtement, j'en écoutais en m'en venant dans le char. Fait que je vais dire, l'album Melt My Eyes. See my futures de Denzel Curry, en tout cas. Vraiment un sick album de rap qu'un de mes chums aux États-Unis m'a fait découvrir quand il est venu nous voir à Québec et Montréal. Fait que si jamais vous écoutez du rap, checkez ça. Sinon, t'en as-tu un ?
Julie Simard: Ah, tu veux que je t'en sorte un ?
François Lanthier Nadeau: Ouais.
Julie Simard: Ben là, en ce moment, je travaille sur un projet de l'unicité des genres. Fait que tous les genres qui existent autour de nous. Puis là, mon père, on jasait ensemble. Attends,
François Lanthier Nadeau: attends, attends, attends,
Julie Simard: attends.
François Lanthier Nadeau: C'est quoi l'unicité des genres ?
Julie Simard: L'unicité des genres, on peut parler de gens qui sont trans, des gens qui sont non-binaires. OK,
François Lanthier Nadeau: OK.
Julie Simard: Des fois, on a de la misère à parler de ça, c'est difficile.
François Lanthier Nadeau: C'est that modern life man. C'est pas tout le monde qui est de la même fréquence, par rapport à ça. Exactement,
Julie Simard: le même apprentissage, prêt à absorber ça. Puis je parlais de ça avec mon père. Mon père, puis... Il me disait, il y en a tellement, justement, perdus, tellement compliqués. Moi, c'était simple dans mon temps. Puis mon père, il est super ouvert d'esprit, mais tu voyais qu'il était comme perplexe. Là, je lui dis que c'est, bien voyons, t'es bien comme à crampes, c'est quoi que tu passes ? Il dit, je ne sais pas, je ne comprends rien de ça. J'étais comme, bien voilà, c'est parce que tu ne comprends pas, intéresse-toi donc un peu. Regarde ça, va faire des recherches sur Internet et tout ça. pis il m'a dit, c'est vrai, t'as raison, je pense que je suis juste pas conscient pis ça me fait peur,
François Lanthier Nadeau: t'sais c'est beaucoup d'inconnus pis t'sais, je pense qu'avec les décennies on se fait une certaine croûte rapace autour de nous, genre le monde fonctionne de même pis comme, ça, ça fait du sens pour moi pis quand y'a de quoi être flagrant différent de ça qui arrive, t'es comme wow, wow, wow, t'as peur, là, ça fuck ma compréhension du monde,
Julie Simard: pis c'est quand même épeurant c'est déstabilisant mais le monde... Le monde va avancer sans toi.
François Lanthier Nadeau: Le monde va avancer sans toi.
Julie Simard: Je te suis à quelque part.
François Lanthier Nadeau: Ça dépend où est-ce qu'il s'en va.
Julie Simard: Oups ! On tombe dans un terrain flippant.
François Lanthier Nadeau: C'est quoi le projet ?
Julie Simard: Je travaille avec le Musée de la civilisation actuellement sur une exposition qui expose les différents genres.
François Lanthier Nadeau: Ils ont fait assez de real estate pour exposer tous les genres modernes ?
Julie Simard: Actuellement, je pense qu'ils travaillent avec l'université et le gris. qui est une association, le gris.
François Lanthier Nadeau: C'est un couloir,
Julie Simard: dans le fond. Non, le gris comporte plusieurs aspects.
François Lanthier Nadeau: J'adore ton gris.
Julie Simard: Vous irez voir là-dessus. Ils sont très bien accompagnés. Ça s'appelle comment ? L'exposition en tant que telle. Je pense qu'ils sont encore en train de la définir.
François Lanthier Nadeau: C'est ça,
Julie Simard: OK. Je ne peux pas dévoiler non plus tout de suite, mais vous allez la voir, vous irez voir cette exposition-là. Mais je trouve que ça ouvre les idées, justement. Puis ça permet d'accueillir ces gens-là avec nous, puis cette diversité-là. Écoute, même dans des boîtes de design, dans les agences, tu sais, accueillez-les, ces gens-là. Bien, allez vous informer, ça fait du bien. Puis ça nous permet de comprendre aussi.
François Lanthier Nadeau: Ah, puis tu sais, tu disais que les bons designers sont curieux, les bons entrepreneurs aussi. Exact. La curiosité n'est pas obligée de s'arrêter juste à comment je fais scaler mon SaaS, tu sais. Tu peux être curieux sur plein d'affaires.
Julie Simard: Oui, tout à fait. Je trippais bien. C'est cool.
François Lanthier Nadeau: T'en as-tu un autre ? Mon dernier SaaS pic, ça va être The Last of Us, le show TV. C'est un monde post-apocalyptique. T'as-tu aimé ça,
Julie Simard: cette émission-là ?
François Lanthier Nadeau: Moi, j'ai joué aux deux jeux. J'ai trippé en malade. Le show, j'étais comme... Tu sais, c'est comme tout le temps tough, là, ça, là, l'espèce de transition de genre du gameplay à la cinématographie ou à l'écran TV. J'ai aimé ça, là. J'adore Joel, j'adore Pedro Pascal, tout ça. Je trouve que Julie au début, j'étais comme... Ah, merde, c'est pas avec l'image que j'avais Julie dans ma tête, mais pour vrai, elle nail quand même l'actrice, le personnage. Puis, tu sais, c'est comme... Un peu comme Walking Dead, genre les zombies pis tout, c'est juste une excuse pour conter une histoire profondément humaine. C'est ça. Pis ça, j'ai bien aimé ça, fait que je vais le prendre, tu sais, je mettrais 8 sur 10, mettons, pour moi.
Julie Simard: Ok.
François Lanthier Nadeau: Mais, ouais, ça vaut la peine d'être écouté.
Julie Simard: Parfait. Écoute, je l'ai écouté, j'ai pas adoré, mais quand même, tout le monde me parlait du jeu, fait que j'avais pas le choix.
François Lanthier Nadeau: T'as-tu joué ?
Julie Simard: Non, j'ai pas joué, mais c'est dans ma liste, là, j'ai plein, plein de jeux, justement. Mais là, de ce temps-ci, je joue à Jurassic Park, écoute, on en jasait tout à l'heure. Ben oui, ben oui. Fait que, ce qui est bien drôle avec Jurassic Park, c'est que tu peux designer ton parc, pis tu peux designer, t'sais, dans le fond, taponner dans le génome, pis dans l'ADN de ton dinosaure, pis de le... coupler pis de le transformer, donc y'a toute qu'une expertise là-dedans de faire ton...
François Lanthier Nadeau: J'suis plus au bon dieu avec les dinosaures, là, SaaSpasse, là, vraiment.
Julie Simard: Ben moi, j'ai tout le temps trippé sur les jeux de simulation, là, écoute, j'avais 8 ans pis je jouais à SimCity, là, t'sais, fait... Yo,
François Lanthier Nadeau: ma soeur aussi a trippé là-dessus en malade. Non, ma soeur, c'était les Simard.
Julie Simard: Oui, moi, je construisais des villes, là, pis t'sais, fallait que ça marche dans le plan financier, pis que tu construises... Ouais, ouais, je gérais déjà des affaires bien trop bien. T'étais déjà entrepreneur,
François Lanthier Nadeau: c'était nice.
Julie Simard: Maman, elle était comme, qu'est-ce que tu fais dans le sous-sol ? Maman, je construis Chicago, genre. Elle était comme, OK.
François Lanthier Nadeau: Passe-toi de là. Écoute, Julie, c'était vraiment un plaisir de t'avoir sur le show. T'étais ma première invitée.
Julie Simard: Oui.
François Lanthier Nadeau: On s'est rencontrées non-officiellement, genre l'automne passé, en prenant un verre. Là, on s'est... On a mangé de la scrap ensemble au diner, puis là, on a juste un podcast ensemble. Fait que comme quoi, les genres de relations numériques, digitales peuvent se transformer en cool relations. Ben oui,
Julie Simard: tout à fait ! Ben oui, ça me fait plaisir d'avoir été là aujourd'hui. C'était très plaisant de jaser de plein de sujets. Oui,
François Lanthier Nadeau: réciproque.
Julie Simard: Écoute, j'ai bien hâte de voir comment ça va aller, ce podcast-là.
François Lanthier Nadeau: Moi aussi, puis si, mettons, le monde veut le checker, ce que tu fais, toi, ce que tu fais avec le collectif, où est-ce qu'il pourrait aller ?
Julie Simard: Ben oui, ils peuvent me rejoindre, écoute, sur mon site web, jcimardesign.com. Sinon, Julie Simard sur LinkedIn, très facile à trouver. Gênez-vous pas, autant si vous avez des projets à jaser, que vous êtes un client, vous avez une compagnie, vous savez pas trop quoi faire avec le design thinking, puis ça vous intéresse. Puis sinon, si vous êtes un collaborateur qui fait d'autres produits, d'autres services qui pourraient être connexes à ce que j'offre déjà, gênez-vous pas de venir me voir. Je suis toujours à l'affût de vous accueillir dans les...
François Lanthier Nadeau: J'ajouterais, si vous êtes un SaaS founder, que ton UI, ton UX et ou ta brand suck, puis que vous avez le goût d'avoir un expert input, ça pourrait être une bonne idée aussi qui est à faire avant d'avoir quelqu'un temps plein, mettons.
Julie Simard: Ben oui, on peut jaser ensemble, puis je vous oriente un peu, il n'y a aucun problème, ça va me faire plaisir.
François Lanthier Nadeau: Bon, on s'en va au musée, Julie.
Julie Simard: Yes !
François Lanthier Nadeau: Salut ! Bye ! Au dérête, ça va bien, puisque le pied dans. Merci, c'est le pied dans.
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