Aujourd’hui sur le pod, je jase avec Dr. Claudia Marcotte, une ancienne directrice RH en SaaS qui a passé à travers un M&A, et qui est maintenant psychologue du travail avec sa propre entreprise de consultation.
On discute globalement de la santé mentale des entrepreneurs.
On contextualise le niveau de risque d’affaires associé à la psychologie des fondateurs. C’est fou de voir comment la vie personnelle & la vitesse de croissance en SaaS peut accentuer ces challenges-là.
On passe par un paquet de sujets fascinants comme les différents profils de fondateurs, la tolérance au risque, la robotisation du comportement, la tension entre la vision stratégique vs. les besoins opérationnels.
On tombe aussi dans le pratique, i.e. comment faire des annonces critiques, embaucher & mettre à pied des employés, gérer des joueurs toxiques.
Au final, prendre des bonnes décisions et bien communiquer c’est le rôle numéro un des founders et gestionnaires. Claudia m’a beaucoup aidé à faire ça, moi, et plusieurs autres fondateurs. C’est une belle personne puis une belle discussion!
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La job du mois SaaSpasse chez DashThis!
DashThis est un cool SaaS de reporting pour marketing digital.
Pour l’histoire du fondateur, écoutez [Ep.16 - Stéphane Guérin : 12+ années de SaaS 🎧]
DashThis sont à la recherche d’un spécialiste des ventes ou “account executive”.
Ils ont un paquet de leads qualifiés à aller convertir, donc si vous ou une personne dans votre réseau avez le profil, allez sur saaspasse.com/lajobdumois! Prenez le temps d'écouter l'entrevue sur la culture de l’entreprise et la nature du poste, avec Jean-Philippe Fortin-Cantin, associé chez DashThis.
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François Lanthier Nadeau:What's up, folks ? C'est François Lantier Nadeau. Bienvenue sur SaaSpasse le podcast où on jase de croître un Saas ou une carrière en Saas au Québec. On est sur Shopify Apple Podcasts et les autres. Vous savez pas, game, d'aller vous abonner ou, s'il vous plaît, nous laisser un review. Ça nous aide à grandir l'audience puis à obtenir des commandites. On drop un épisode par semaine minimum. juste des discussions sans filtre avec des fondateurs ou employés clés en SaaS. Si vous faites partie d'un SaaS québécois, allez sur Saas cliquez sur le bouton mauve, ça va ajouter votre SaaS pour être indexé dans notre répertoire des SaaS au Québec. Le deuxième événement mensuel a eu lieu hier au bureau de Novotize et était sold out. On a enregistré un live pod avec Ismaël Meskine, cofondateur de Kimobi. L'audio puis vidéo devraient sortir dans les prochaines semaines. Un énorme merci à tous ceux qui sont venus. C'est encore irréel de voir ça prendre forme dans le vrai monde. On a un segment commandité pour le pod. La job du mois, SaaSpasse. Et puis pour juin, la job du mois, SaaSpasse chez Dashdisk. Un cool SaaS de reporting pour marketing digital. Dashdisk sont à la recherche d'un spécialiste des ventes ou account executive. Il y a un paquet de leads qualifiés à aller convertir. Donc si vous ou une personne dans votre réseau avez le profil, cliquez sur le lien job du mois. dans les show notes ou allez sur saspasse.com slash lajobdumois sans tiret. Vous allez y trouver une entrevue aussi sur la culture de l'entreprise et la nature du poste avec Jean-Philippe Fortin-Quentin, associé chez Dashdisk. Alright, aujourd'hui sur le pod, je jase avec Dr. Claudia Marcotte, une ancienne directrice RH en SaaS qui est passée à travers un M&A, Merger and Acquisition, et qui est maintenant psychologue du travail avec sa propre entreprise de consultation. On discute globalement de la santé mentale des entrepreneurs. On va contextualiser le niveau de risque d'affaires qui est associé à la psychologie des fondateurs. C'est fou de voir comment la vie personnelle et la vitesse de croissance en SaaS peuvent accentuer ces challenges-là. On passe par un paquet de sujets comme les différents profils fondateurs, la tolérance aux risques, robotisation du comportement, la tension entre la vision stratégique et les besoins opérationnels. Mais on tombe aussi dans le pratique. C'est-à-dire comment faire des annonces critiques, embaucher ou mettre à pied des employés, puis gérer des joueurs toxiques. Au final, prendre des bonnes décisions puis bien communiquer, c'est le rôle numéro un des founders et gestionnaires. Claudia m'a beaucoup aidé à faire ça, moi, mais plusieurs autres fondateurs aussi. C'est une belle personne et une belle discussion. All right, on passe au show. Let's go !
François Lanthier Nadeau: Claudia Marcotte, dis-tu le dernier nom aussi ?
Claudia Marcotte: Tu peux le dire, des fois oui, des fois non. Marcotte Dubuc pour officiel.
François Lanthier Nadeau: Claudia Marcotte Dubuc, bienvenue sur SaaSpasse.
Claudia Marcotte: Merci Frank.
François Lanthier Nadeau: Comment tu vas ?
Claudia Marcotte: Ça va bien et toi ?
François Lanthier Nadeau: Ça va super bien, je suis vraiment content qu'on puisse prendre un moment pour chiller en présentiel.
Claudia Marcotte: En présentiel, à la lumière tamisée.
François Lanthier Nadeau: Oui, c'est vraiment une vibe, j'essaie de le dire en français, intime. Intime. Une vibe intime.
Claudia Marcotte: Confortable, douillet.
François Lanthier Nadeau: Oui, exact, mais il fait chaud, par exemple. Tu vois, à la fin du pod, c'est comme, il fait chaud. Écoute, comment on se connaît, Claudia t'en rappelles-tu ?
Claudia Marcotte: Ben, on s'en parlait tantôt, moi, j'étais pas sûre d'être sûre. Je savais qu'il y avait un lien avec Mathieu Dumont, parce que tout le monde le dit sur même sur... plusieurs pods, Mathieu Dumont, l'entremetteur par excellence, mais sinon, je n'étais pas sûr.
François Lanthier Nadeau: C'est le mot qu'un ami, en fait, Antoine, le co-host du podcast, a utilisé. C'est super connecteur
Claudia Marcotte: Ah, c'est beau.
François Lanthier Nadeau: Je n'allais pas sûr, oui. Puis oui, c'est exactement ça. Dans le fond, pour ceux qui écoutent le pod, le savent tous déjà, j'ai vendu ma compagnie en 2021. Puis une partie de vente de ta compagnie, c'est l'annoncer à ton équipe que c'est fait. Et puis Mathieu m'avait dit, écoute, tu devrais vraiment parler avec... Claudia, c'est une psychologue organisationnelle. Elle est passée à travers des acquisitions et fusions. Elle va sûrement pouvoir te donner quelques cues pour t'enligner. Ça fait que c'est ça. Oui. Ce qui me mène à notre disclosure. Vu que j'étais client officiellement de toi, là aujourd'hui, sur le pod, j'accepte de parler publiquement de cette collaboration qu'on a eue ensemble. Comme ça. La disclosure est faite. C'est bon.
Claudia Marcotte: Puis moi, je ne trahis rien. C'est bon. C'est toi qui l'as fait. Parfait.
François Lanthier Nadeau: Super. Claudia ?? T'es qui toi, mettons, en 1,5,10 ? C'est quoi ton parcours en mitraille ?
Claudia Marcotte: Ok, mitraille, fille de Québec, fait que... Petite fille de Québec, plus précisément de Saint-Augustin. Fait que j'ai fait mon bac en psycho à Laval, puis j'ai fait mon doc à Sherbrooke, puis j'ai fait un doc en psychologie du travail et des organisations. Pas très connu honnêtement comme champ d'expertise en psycho, on connaît plus que des psychologues cliniciens. notamment à Québec parce que ce doctorat-là ne se donne pas à l'Université Laval. Il y en a moins un peu dans la ville de Québec.
François Lanthier Nadeau: Un doc un peu plus spécifique comme ça, c'est quoi ? Tu es-tu une cohorte de trois personnes ou même pas ?
Claudia Marcotte: Tu vois, ça varie. Moi, dans ma cohorte, on était onze. Mais je sais qu'il y a des cohortes qui ont été comme, je pense, six-sept. C'est des petites cohortes. Puis en même temps, je pense que c'est correct comme ça. Fait que voilà, je suis partie à Sherbrooke, je suis revenue ici. Puis grosso modo, ce que je fais maintenant, en fait, j'ai travaillé, en fait pas maintenant, mais j'ai travaillé un bout dans les grandes firmes. Il y a des grandes firmes en psychologie du travail, c'est un peu comme les cabinets d'avocats, les cabinets comptables. Non, mais c'est ça, il n'y a pas grand-chose.
François Lanthier Nadeau: C'est dans NameDrop. Ben oui. Tu sais,
Claudia Marcotte: les grandes firmes qu'on connaît beaucoup, il y a Humance. Alia Conseil, André Filion et associés. Moi, j'ai travaillé pour André Filion et associés quelques années, mais c'est un peu vraiment un modèle similaire à ce que les gens connaissent des cabinets comptables, cabinets d'avocats. C'est vraiment du service conseil pour le français. Merci.
François Lanthier Nadeau: Je m'améliore.
Claudia Marcotte: Tu es quand même fort.
François Lanthier Nadeau: Je m'améliore.
Claudia Marcotte: C'est vraiment du service-conseil. En psychologie du travail, il y a question de redorer la profession et que les gens sachent un petit peu c'est quoi avant de continuer sur ce que j'ai fait. Les grands créneaux, il y a comme tout ce qui est gestion de carrière. Vraiment, transition de carrière, des choix professionnels, des choses comme ça. Il y a tout ce qui est développement organisationnel. Vraiment, autant des diagnostics, du climat de travail. Justement des communications en entreprise, quelque chose qu'on a travaillé ensemble. Tu as tout le volet qui s'appelle l'évaluation de potentiel, les tests psychométriques que les gens connaissent, connaissent pas. Tes clients,
François Lanthier Nadeau: c'est tout le temps les corporations ?
Claudia Marcotte: Pas tout le temps.
François Lanthier Nadeau: Tu as des individus aussi ?
Claudia Marcotte: Oui, j'ai des individus puis j'ai des business. Dans le fond, je te finis juste la boucle, mais dans le fond, après l'évaluation de potentiel, tu as le coaching, qui est un terme super galvaudé, on pourra en parler, mais... Dans le fond, on voit ça comme du développement des compétences. Il y avait autant des business que des individus. Quand je travaillais en firme, justement, à ce moment-là, c'était plus des business. Parce que c'était vraiment business to business. C'était autant des villes, des grandes institutions financières, des commissions scolaires. Ça ressemblait vraiment à ça. Mais bref, ceci étant dit, après avoir fait ça, puis je te reviens sur le point des individus après. Après avoir fait ça, j'ai travaillé chez Kronos un bout. Oui,
François Lanthier Nadeau: Kronos qui faisait software pour… Oui, Business Task,
Claudia Marcotte: qui est un CRM pour les professionnels de la finance puis de l'assurance. C'est ça. Fait que moi, j'étais partie dans le fond de la firme parce que, notamment, on parlait de coaching. Je faisais du coaching de gestion, mais j'étais comme, moi, je suis qui pour faire… Oui, c'est ça. Moi, je suis qui ? J'ai des connaissances à management, j'ai fait le doc, mais je suis qui, moi, pour faire ça ? Je respecte ça,
François Lanthier Nadeau: by the way, comme move.
Claudia Marcotte: Bien, je trouvais que, en tout cas, la valeur d'authenticité, c'est bien important pour moi. Fait que c'est ça. Fait que j'ai fait ce move-là pour aller essayer la gestion, dans le fond, quelques années.
François Lanthier Nadeau: Tu étais directrice RH. Oui,
Claudia Marcotte: j'étais DRH chez Kronos. Puis on a vécu une grande, grande croissance, dans le fond. Quand je suis rentrée, on devait être 20 ans. quelques, puis quand je suis sortie, on devait frôler le 70.
François Lanthier Nadeau: C'était avant l'acquisition dont on va parler plus tard.
Claudia Marcotte: Oui, c'est ça, exactement, qui a été ma porte de sortie.
François Lanthier Nadeau: OK. Puis après, l'étape après Chronos, quand tu es sortie, après l'acquisition par Equisoft, sais-tu ce que tu fais en ce moment ? Ou comme il y a eu une couple d'autres étapes avant qu'on arrive à aujourd'hui, mettons ?
Claudia Marcotte: Il y a eu une couple d'autres étapes, tant sur le plan personnel que professionnel. Quand je suis sortie de l'acquisition post-chronos, je me suis lancée dans le fond à mon compte directement avec un peu les champs de pratique que je faisais chez André Filion mais justement en prenant plus d'individus aussi. Donc, moins juste des grosses business.
François Lanthier Nadeau: C'est là qu'on s'est connu dans cette phase-là ?
Claudia Marcotte: Oui, je crois 2020, 2019, je ne sais pas. Entre les deux peut-être. Peu importe. C'est ça, en prenant plus d'individus, parce que justement, il y avait beaucoup de gens qui avaient besoin d'accompagnement aussi individuel sur tout ce qui est santé psychologique, gestion du stress, parce que mon doc est en psychologie du travail et des organisations. Psychologie des organisations, c'est clair, tout ce qui est gestion de changement, tout ça. Psychologie du travail, c'est tous les enjeux professionnels. J'ai pris, c'est ça, plus de clients là, puis j'ai, en freelance, puis dans le fond, j'ai enseigné aussi à l'université en même temps.
François Lanthier Nadeau: OK.
Claudia Marcotte: Ça a été mon après-chronos, puis ça en est suivi des congés de maternité.
François Lanthier Nadeau: T'es maman de combien ?
Claudia Marcotte: Maman de deux petites filles, enfin de congés de maternité de la deuxième.
François Lanthier Nadeau: OK. Félicitations.
Claudia Marcotte: Merci.
François Lanthier Nadeau: Puis aujourd'hui, ça ressemble à quoi, le setup ? Mettons, mec, ce congé-là finisse. Tu retournes sur le marché du travail.
Claudia Marcotte: Le marché du travail.
François Lanthier Nadeau: Tu vas faire quoi ?
Claudia Marcotte: Écoute, dans le fond, avant de partir en maternité, j'avais encore une pratique un peu hybride. J'ai souvent été dans des modes hybrides. Même quand j'étais chez Chronos, j'entraînais à l'université. J'avais besoin de cette diversité-là. Je me suis toujours arrangée pour la garder. Justement, les emplois où c'était trop cadré, juste une job, j'avais peut-être plus de misère. Ça fitait moins. Orvenant, possiblement, dans le fond, que je faisais avant de partir de l'accompagnement de groupes de chefs d'entreprise chez Entrechefs. entre FF-PME, qui est une business qui regroupe des chefs d'entreprise et des relèves aussi pour tout ce qui est entraide. C'est vraiment comme des petites cellules où les gens s'entraident dans la croissance de leur business, dans leurs enjeux perso-professionnels.
François Lanthier Nadeau: Le modèle d'affaires, c'est comme un abonnement à ça ? Oui,
Claudia Marcotte: c'est un membership annuel.
François Lanthier Nadeau: C'est une exposition multipliée à tout plein d'entrepreneurs. Exact. Dans le fond,
Claudia Marcotte: je baigne dans des enjeux d'entrepreneur. Mon quotidien, c'est clairement ça. Ou des enjeux de gestion, parce qu'il y a l'entrepreneur, mais aussi des gestionnaires. C'est beaucoup ça, ma clientèle. Moi, c'est entrepreneur, mais beaucoup des gestionnaires aussi.
François Lanthier Nadeau: L'exec ou directeur VP, suite C, tout ça. Oui,
Claudia Marcotte: puis pas juste de PME ou de startup, vraiment de grandes entreprises aussi.
François Lanthier Nadeau: Puis baigner dans l'entrepreneuriat comme ça, via ce rôle-là, ça te fait-tu manquer d'avoir plus ta business, tes affaires, ton projet ?
Claudia Marcotte: Bien, je n'ai jamais été capable de la lâcher, justement. C'est comme si j'ai une base vraiment, où je fais une base de salariés, puis il y a un bout qui est comme ma business, où justement je fais de l'accompagnement individuel et de l'accompagnement organisationnel. Principalement, je fais encore de l'évaluation, je fais encore du coaching, je donne des formations d'entreprise. C'est plus ça que je fais dans le fond dans ma business à moi, mais c'est beaucoup de l'accompagnement, honnêtement. Les besoins sont vraiment là.
François Lanthier Nadeau: Super. récemment. En fait, récemment, on s'est parlé. Souvent, quand on se parle, toi et moi, ça avère un peu un mix de coaching, business et thérapie personnelle. Ce qui est un mix vraiment aidant pour moi. Mais récemment, via le podcast, je me connecte avec un paquet de fondateurs. Je parlais avec un fondateur qui avait une charge émotive sur les épaules. Un petit peu comme... toutes les émotions, les angoisses puis les difficultés de ses employés.
Participant 3: Oui.
François Lanthier Nadeau: Il sentait un peu qu'il y avait ça sur les épaules, il savait plus trop comment gérer ça. Il a pris une petite pause pour décanter tout ça. Puis on en reparlait, on faisait des postes mortels là-dessus, puis j'étais comme, tu sais, je crois que le plus grand risque pour une entreprise, c'est la psychologie des fondateurs, du fondateur, parce que c'est la personne qui a le plus d'influence. sur le futur de la compagnie, sur son succès, à cause des décisions que cette personne-là va prendre, de son leadership, comment elle perçut les shots que cette personne-là va caler. First, es-tu d'accord de dire que ce serait probablement un des plus gros risques d'une compagnie, d'une startup ?
Claudia Marcotte: Je pense que oui. J'ai de la misère avec les grandes généralités, dans le sens où je ne te dirais pas que c'est le plus grand risque, mais c'est clairement... dans les risques les plus importants.
François Lanthier Nadeau: OK.
Claudia Marcotte: Tu sais, les fondateurs, les entrepreneurs, c'est qu'il ne faut pas oublier que, tu sais, un des plus grands outils avec lesquels ils travaillent, c'est eux. Puis, tu sais, je vais faire même un parallèle avec ma propre job. Tu sais, un de mes plus grands outils, c'est moi. Tu sais, dans le fond, c'est ça, ma job. Mais c'est un peu pareil, souvent, je trouve, sur les fondateurs, les entrepreneurs. Puis, c'est souvent sous-estimé aussi. Puis, il y a un coq. tel d'élément qui s'imbrique, je trouve, particulièrement, justement, chez les fondateurs. Il y a une grande vision, il y a une vision ambitieuse, il y a un volet très stratégique. Souvent, il y a certains profils, on pourra en reparler parce qu'il y a différents profils d'entrepreneurs. Je ne crois pas, moi, à la sauce unique. Mais il y en a, justement, il y a beaucoup de gens qui sont dans la vision, c'est des visionnaires, ils ont vu, dans le fond, une occasion, tout ça. Fait que tu vas dans le stratégique, en même temps, pour réussir à le faire, tu te rentres les mains dedans jusqu'au coude, c'est pas jusqu'aux épaules. Fait que déjà là, t'as une dissonance. Après ça, souvent, t'as des grandes ambitions, des ressources super limitées. Fait que tu sais, il y a énormément d'éléments qui viennent un peu en contradiction, qui viennent, je pense, impacter la psychologie, comme tu dis, du fondateur. Dans le fond, l'état de santé psychologique du fondateur. Puis... Il l'amène à, je vais dire, s'auto-épuiser. Ce n'est pas volontaire, mais je veux dire, c'est vraiment la réalité, je trouve, qui est difficile dans ce sens-là. Puis ce déséquilibre-là, puis on pourra en reparler un petit peu tantôt de l'épuisement professionnel ou du burn-out, mais on comprend que les éléments sont comme en place pour un peu se dessiner un épuisement professionnel. Parce que l'espèce de grand modèle de l'épuisement professionnel, c'est que tu arrives avec comme... ton bagage, mettons, des attentes qui sont élevées, un surinvestissement dans le travail, c'est des profils que je vois énormément. Puis t'ajoutes à ça des stresseurs professionnels et personnels, le output, la résultante de tout ça, c'est souvent justement une espèce de sentiment comme désabusé, de ne pas rencontrer, une robotisation du comportement aussi, les gens deviennent...
François Lanthier Nadeau: Qu'est-ce que ça veut dire,
Claudia Marcotte: ça ? C'est comme si tu deviens... comme un peu désengagé de toi-même. Fait que tu fais juste les choses de façon robotique. Tu sais, sans... Tu sais, mettons, on parlait du volet...
François Lanthier Nadeau: T'es pas en pleine conscience.
Claudia Marcotte: T'es pas en pleine conscience, mais t'es même pas dans l'intention, là. Tu fais les choses parce qu'il faut que tu les fasses, mais t'es pas du tout dans quelque chose qui te comble ou qui te stimule, là.
François Lanthier Nadeau: Penses-tu qu'il y a un... De ce que tu dis, ça me fait penser à un paquet de trucs, mais un qui saute plus fort dans ma conscience, c'est la déchirure entre... vouloir construire, mettons, une réalité dans le futur, mais avoir à vivre dans un présent un peu suboptimal pour arriver dans cette réalité-là. Fait que t'es toujours entre ta vision pis ta réalité. Pis je pense que les entrepreneurs matures, ils ont un bon time preference, c'est-à-dire qu'ils sont capables de pas vouloir les retours trop rapidement pis comprendre qu'il y a comme des effets de compounding, des intérêts composés, pis que c'est un marathon. et que ce n'est pas juste comme je vais all out, ça revient boom.
Claudia Marcotte: Et beaucoup dans les business Saas. On s'entend que ton pote, SaaSpasse dans les business Saas comme le modèle d'affaires est très rapide. C'est quand même un modèle différent. Il peut y avoir une croissance quand même exponentielle, mais en tout cas, ça aussi, ça l'amène.
François Lanthier Nadeau: Tu parlais de différents profils, mettons, psychologiques de fondateurs. Il y en a-tu... Écoute, je vais la cadrer comme ça, la question, puis tu me diras, mais il y en a-tu qui ont juste génétiquement ou comme par hasard un profil plus optimal pour gérer le risque, gérer la pression, toffer l'espèce de longue course, long marathon, tout ça ? T'as-tu l'impression que c'est comme... Il y a des profils plus adaptés que d'autres ?
Claudia Marcotte: Ta question est bonne. Moi, dans mon travail ou dans ma perception des gens, j'y vais beaucoup par compétence. Dans le fond, les différentes compétences, quand tu les mets ensemble, ça fait différents profils. Tout le monde a son profil de compétence qui peut ressembler justement à la personnalité. Mais les compétences, c'est ce que tu es capable de mettre en action dans ton quotidien. Moi, ce que je vois, c'est clair qu'on entend beaucoup la tolérance aux risques, une bonne tolérance aux risques. Tu as même des... tests, je pense, en ligne, tu sais, que tu peux voir est-ce que tu as le profil d'un entrepreneur, tu sais. Fait que souvent, c'est ça. Le côté, parfois, même, il y a du monde qui va dire qu'il faut quelqu'un d'assez désorganisé, quelqu'un de plus intuitif, plus adaptatif, tu sais. Fait que ça, on dirait que c'est comme les grandes lignes véhiculées. Moi, ma vision, qui n'est pas nécessairement une vérité, mais c'est que je pense que chaque profil d'entrepreneur a comme ses zones de risque, puis les autres ont leurs zones de force. C'est sûr que si... Je veux dire, si tu es quelqu'un qui s'inquiète facilement, qui a la difficulté à prendre des décisions, c'est sûr que c'est surtout que ça va être énergivore. La fatigue décisionnelle, elle est immense. Ça, c'est des choses qu'on voit, mais un profil, moi, je ne suis pas certaine.
François Lanthier Nadeau: Moi, je pense que quand j'étais jeune, je pensais que je n'étais pas, mettons, un vrai entrepreneur parce que j'avais un profil sur le... spectre de tolérance au risque. J'étais un petit peu plus vers l'intolérance que la tolérance.
Claudia Marcotte: Fait que t'étais quelqu'un de plus prudent.
François Lanthier Nadeau: Un petit peu plus prudent. Parce que je pense que je me fais des scénarios. Je m'imagine trop de... d'histoires qui vont mal ou whatever. Je me disais, si je ne suis pas capable de sauter dans le vide et de demander des mille piastres à ma famille et mes amis et de faire la grind pendant cinq ans et de me planter, je ne suis pas un vrai entrepreneur. En vieillissant, ce que je me dis, c'est que non, ça, c'est de la bullshit. En fait, tu peux créer de la valeur, créer une entreprise, rentrer dans le marché, même si tu as un niveau de tolérance au risque qui est violemment différent d'une personne à l'autre. Un exemple qui m'a... qui m'a aussi saisi récemment dans mes amis, mes contacts. J'ai un ami d'enfance qui a une business, un Shopify, qui roule tempête. C'est des millions de revenus par année. Puis, cette personne-là l'a construit tranquillement sans jamais prendre de dettes, sans jamais laisser partir de l'équité pour accélérer ou quoi que ce soit. Aujourd'hui, sa business, comme je te dis, c'est un gros succès. Il y a un cashflow positif à un point qu'il y a des SaaS ou des startups qui feraient... C'était genre ce ratio de cash dans le compte. Lui, il est turbo prudent, pas de tolérance aux risques financiers. Il made it work. Ça marche. Je pense vraiment que ce n'est pas juste ça. Ce n'est pas juste, es-tu full tolérant aux risques ?
Claudia Marcotte: Je suis tellement d'accord avec toi. Tu mets en lumière cette personne-là. Sûrement qu'elle a décidé de construire une business en respect de ses valeurs. Ça, c'est sûrement la chose qui... pour prendre soin de toi, comme d'être cohérent avec tes valeurs dans ce que tu fais et dans comment tu le fais. Il y a quelque chose là-dedans. Pour moi, c'est une belle histoire à succès, ce que tu racontes, mais pas juste parce que le cashflow est incroyable, parce que la personne a possiblement construit quelque chose aligné et en cohérence avec qui il est et comment il fonctionne.
François Lanthier Nadeau: Les entrepreneurs matures qui m'inspirent aujourd'hui, c'est ceux qui se connaissent vraiment bien. pis qu'ils ont essayé, mettons, d'être un type d'entrepreneur ou d'être un type de personne dans les contextes que ça marchait juste pas pour eux autres. Pis moi, ça, c'est le genre de truc qui m'a inspiré à prendre la décision de partir de chez Duda, tu sais. Parce que j'étais comme, OK, un gros rôle d'exec, mettons, dans une plus grosse compagnie, avoir un rôle critique, mais dans un plus grand bassin, pour moi, ça fonctionne pas. C'est pas là que je vais briller, c'est pas là que je vais en avoir le plus de valeur. Par contre, avoir un rôle critique dans un plus petit bassin... entouré plus de gens proches, puis d'avoir une structure moins décentralisée, peu importe. Là, ça, c'est mon X, mais ça a pris 9-10 ans avant que je catche ça, tu comprends ? Fait que je pense que l'espèce de connaissance de soi pour les entrepreneurs, surtout les jeunes qui commencent, c'est un avantage compétitif. Parce que tu le sais, quel modèle, quelle pression t'es capable de taper, puis pendant combien de temps, puis ça va t'amener où. Alors qu'au début, tu commences, puis t'es tellement influencé, influençable. Genre, OK, bien là, tu fais une startup tech, un SaaS, ben, il faut que tu lèves l'argent. Ou l'inverse, genre, t'es obligé de bootstrapper ça. Puis là, t'es comme, OK, genre, I don't know better. Fait que je vais juste prendre une formule.
Claudia Marcotte: Mais tu sais-tu quoi ? Je vais te challenger un peu là-dessus. Je suis d'accord avec toi sur le fait, dirais-je, des jeunes entrepreneurs, je pense que ça leur fait gagner des années. Puis je pense que ça éloigne le burn-out, tu sais. Mais c'est impressionnant comment des entrepreneurs de... toute génération, de tout stade entrepreneurial pourrait gagner, avoir une meilleure connaissance de soi. Il y en a qui sont assis dans un modèle qui ne leur convient pas, mais ils ne sont pas capables de lâcher ou ils ne voient pas comment, en fait, ils peuvent s'en sortir. Mais je suis d'accord avec toi qu'il y a vraiment un levier sur la connaissance de soi et c'est facile à dire, mais c'est super difficile à faire. Puis souvent, ça s'apprend dans l'expérientiel. Fait que justement, ton exemple, tu t'es ramassé exact dans une grosse business, ça a fait une genre de dissonance interne, ça ne marchait pas. Si tu ne l'avais pas faite... Tu ne l'aurais peut-être pas su, parce que quand l'offre est tombée, je ne le sais pas, mais quand l'offre est tombée sur la table, tu as dû te questionner et te dire ça a l'air intéressant, ça a l'air le fun,
François Lanthier Nadeau: ta-ta-ta Je ne suis pas assez questionné. Je suis laissé influencer, pense, par l'excitation du... un petit peu du titre, puis de l'importance, puis du nouveau salaire. Qu'est-ce que ça pouvait vouloir dire pour le futur ? La compagnie allait publique, puis moi, j'étais un VP. Mais la connaissance de soi, comme tu dis, je pense que il n'y a pas de... Un de mes amis, Phil, disait 5 ans d'expérience, ça prend 5 ans. Puis genre, j'ai l'impression que moi, mettons, pour arriver au niveau de connaissance de moi-même que j'ai aujourd'hui, ça a pris je ne sais pas combien de milliers de dollars en thérapie. combien d'années de moments difficiles, même de dépression, puis d'aller sur les limites de l'inconfort ou du malheur. Pour moi, bon, j'ai un bagage en moi qui m'appartient, whatever. C'est pas tout le monde qui a besoin d'aller aussi loin, je pense. Ça a été long, ça a pris du temps, ça a pris de l'argent, me connaître. Je sais pas si il y a comme une manière d'accélérer ça avec, yes, les genres de tests psychométriques. On dirait que je suis un petit peu cynique. Ça m'énerve d'être cynique, mais... Je ne sais pas si tu penses que c'est un outil pour accélérer un peu ça, la connaissance de soi.
Claudia Marcotte: Bien, moi, je pense que oui. En fait, ce que tu me dis m'amène deux choses. La première... En fait, j'ai comme envie de te féliciter d'avoir fait ce travail-là, parce qu'encore aujourd'hui, je trouve ça triste. En tout cas, la vision qu'on a des psychologues, puis que les gens prennent tellement... Il y a tellement un discours de prendre soin de soi, mais au niveau psychologique, on commence. C'est par moments, il y a comme des élans. Mais pour moi, c'est sûr que je vais prêcher pour ma paroisse, mais pour moi, c'est quelque chose que... Tout le monde devrait s'offrir d'une certaine façon.
François Lanthier Nadeau: Je suis tellement d'accord.
Claudia Marcotte: De ne pas être obligé d'être au bord du précipice, d'être là avant, parce qu'on revient, mettons, exemple sur la connaissance de soi, ça peut t'éviter de te ramasser au bord du précipice pour prendre des décisions, pour faire des choix avant. Fait que c'est ça. Puis souvent, les gens vont consulter à minuit moins une. Puis là, on va travailler quelque chose, c'est sûr, mais on va souvent après ça remonter à rebours pour essayer de comprendre. Versus de... d'entretenir quelque chose qui est sain par rapport à ta santé mentale. Réunir versus guérir aussi. Exactement.
François Lanthier Nadeau: C'est des classiques, mais c'est tellement vrai. Moi, ce que je disais justement dans le témoignage que j'avais fait sur la santé mentale, pour le camp, il y a un book, un vidéo, c'est comme, tu sais, en tant qu'entrepreneur, ta job, c'est d'identifier des risques. Est-ce que c'est tes compétences à toi qui vont pallier ces risques-là ? Ou est-ce que c'est les compétences de quelqu'un meilleur que toi dans d'autres choses ? T'entourer du monde différent, meilleur que toi dans plein d'affaires, si tu catches qu'un des risques les plus importants, c'est ta psychologie, ta santé mentale, en théorie, ton play intelligent d'entrepreneur, c'est de pogner quelqu'un de meilleur que toi là-dedans, qui comprend plus ça et qui est capable de t'allumer les lumières et de te guider. Fait que c'est juste comme logique, à la limite, c'est capitaliste logique d'avoir un psy ou un coach ou quelque chose comme entrepreneur. Il y en a plein d'entrepreneurs à succès que j'apprends tout le temps comme Ouais, ouais, j'ai ce mentor-là. Ouais, ouais, j'ai cette psy-là, ce coach-là. Je pense que c'est important, Christ.
Claudia Marcotte: Puis tu vois, quand je t'écoute, il y a beaucoup de gens d'entrepreneurs qui vont avoir, par exemple, un mentor. Souvent, le mentor, c'est quelqu'un qui est passé par là et qui va te donner des conseils business. Les gens sont fiers de dire qu'ils ont un mentor ou un coach business, dans le fond. Mais ça devient super difficile après de dire que, mettons, tu as plus un coach personnel ou une psy dans le fond qui t'accompagne. Tant qu'à moi, c'est quelque chose qui devrait tellement cohabiter dans le fond, puis vivre ensemble. Moi, il y a beaucoup de mes clients qui, justement, ils ne connaissent pas, mettons, mon champ d'expertise. Ils disent Ah, une psy, tatata Puis quand ils viennent, mettons, puis qu'on se met à parler des choses, ils comprennent que je comprends les enjeux du travail et des organisations, mais je comprends aussi tout ce qui est santé psychologique. Fait qu'on vient travailler les deux. Souvent, je dis que moi, ma job, c'est psychologie et management. Je mets ça dans un... package, c'est un peu ça ma job. Puis là, les gens sont comme surpris parce qu'ils ont peur de ne pas se faire comprendre, dans le fond d'arriver puis de dire, voici ce que je vis, puis que la personne soit dans l'incompréhension de c'est quoi.
François Lanthier Nadeau: Je vais te dire juste par expérience personnelle, j'en ai passé quelques-uns des petits, puis je n'ai déjà pogné que clairement, leur game de business n'est pas là, genre, hop en tout, puis c'est correct. Je me rappelle d'une madame super fine, super gentille, tout ça, mais qui était très spirituelle, très genre en surface, je veux dire, simple. Ça peut résonner avec des gens, mais moi, quand j'arrivais avec mes anxiétés creuses de genre imposteur, syndrome d'imposteur par rapport à l'équité que j'avais versus un autre, c'est comme, elle ne peut pas suivre.
Participant 3: Exact.
François Lanthier Nadeau: Puis, que ce soit par chance ou pas, j'en ai pogné des psychologues, pardon. comprenait quand même la réalité entrepreneurial mieux que d'autres. Lui que j'ai en ce moment, c'est genre pour moi, c'est un avantage compétitif. Je commence à le présenter comme ça à d'autres gens. Pas Hey, va parler avec lui plus comme Moi, quand je prends la moitié de mon heure avec mon psy pour parler, mettons, de SaaSpasse, puis de ma business, puis mes enjeux, ça accélère, mettons, des affaires, ça accélère des décisions. Parce que au final, le move critique en entrepreneurial, c'est prendre des décisions, exécuter. Mais prendre des décisions, c'est vraiment important. Puis ce que je veux te poser comme question, c'est comme, qu'est-ce qui, les psy classiques, les cliniciens, comme on parlait un peu offline, qu'est-ce que toi, tu as, mettons, qu'eux n'ont pas, justement ?
Claudia Marcotte: Bien, écoute, de façon générale, ce qu'on connaît, c'est les psychologues cliniciens. C'est ça qu'on connaît. C'est des gens qui sont formés, justement, en clinique. que ce soit en clinique adulte ou en clinique enfance-adolescence. Ça, c'est les gens qu'on connaît qui vont justement être plus en mode de psychothérapie pour des troubles de l'humeur, des troubles anxieux, troubles de personnalité. Dans le fond,
Participant 4: c'est… Ou tous mes troubles. Non, c'est pas vrai, Gaëlle. Je pose du diagnostic. Relaxez.
Claudia Marcotte: C'est jaloux. Dans le fond, les cliniciens, c'est ça leur champ d'expertise. Avec ce que tu dis, c'est un peu normal qu'il n'y ait pas ce côté-là. Puis il y en a certains qui ont peut-être un peu ça,
François Lanthier Nadeau: soit par un autre vécu ou par… Des clients qui ont eu des entreprises. Des business, exactement. C'est 45 ans que tu fais de la thérapie.
Claudia Marcotte: Tu en as entendu des histoires, puis tu en as appris des choses.
François Lanthier Nadeau: J'ai l'impression qu'il catch tout de suite c'est quoi mon rôle dans une organisation. Il comprend les canaux de communication, plus l'hierarchie de ce sens-là. Il y a des gens qui vont te mettre en déséquilibre pour atteindre leur objectif. Je n'ai pas besoin de l'éduquer. Toi, j'ai l'impression aussi que quand je t'arrivais vers toi, c'était comme Ok, oui, je n'ai pas besoin de l'éduquer sur la business.
Claudia Marcotte: C'est ça notre champ d'expertise. Notamment, moi encore plus par le fait de ce que je fais au quotidien. Mais quand tu te rends dans ces enjeux-là, tu les comprends. Tu comprends la pression, autant les canaux de communication, la pression, tout ce qui est la gestion RH que ça peut impliquer. justement la fatigue décisionnelle qu'on parlait tantôt, tout ce qui est ce volet-là, on le comprend. Puis faisons le parallèle avec justement, mettons un psychologue pour enfants, c'est très connu et répondu que les psychologues vont comprendre justement les stades du développement de l'enfant. C'est quoi les enjeux de chacun des stades ? Bien moi, je ramène ça chez nous. Moi, je vais comprendre les stades de développement de l'entrepreneur ou de la carrière ou de l'entreprise. Puis je vais comprendre et connaître c'est quoi les enjeux qui peuvent... arriver ou survenir dans ces différentes étapes-là. Fait que, tu sais, c'est un peu un parallèle drôle, mais moi, c'est un peu comme ça que je le vois, comment la business...
François Lanthier Nadeau: Je suis curieux. Moi, mettons, ça a été une référence. Bon, un ami entrepreneur que je respecte et que je fais confiance m'a référé, Claudia, qui est psychologue organisationnelle pour m'aider avec des enjeux d'affaires et de psychologie, mettons. Fait que moi, c'est comme ça. Ta découvrabilité, mettons, le fun, c'était ça. Comment que le monde t'a... trouves, sinon, c'est-tu juste ça, des références ?
Claudia Marcotte: C'est très drôle parce que, justement, je te disais avant de rentrer, moi, comme exposition publique, c'est pas tant ma tasse de thé. Puis c'est drôle de dire ça parce que je donne de la formation. Mais je te dirais que 90% de mes clients, c'est des références parce que, justement, est-ce que c'est parce que le champ d'expertise est méconnu, peut-être ? Est-ce que c'est juste parce que c'est comme niché ? Puis que ce soit des entrepreneurs ou des gestionnaires, parce que j'ai des entrepreneurs, mais j'ai aussi beaucoup de gestionnaires, par exemple, de grandes entreprises. C'est souvent entre eux. J'ai l'impression que c'est ça. Ça m'amène sur un drôle de point, mais souvent, je le dis à mes clients, vous avez le droit de magasiner votre psy.
François Lanthier Nadeau: Je le dis à des amis aussi.
Claudia Marcotte: Choisissez votre professionnel. Ça se peut que ça marche, ça se peut que ça marche pas. Puis dépendant de vos besoins, c'est pas tout le monde. que ce soit en psychologie clinique ou en psychologie du travail, c'est pas tout le monde qui a le même champ d'expertise. Puis on pense trop que tout le monde fait de tout. Mais la réalité, c'est qu'il y a un fit naturel que tu vas aller chercher dans la conversation, dans les échanges, dans la capacité de la personne devant toi à t'aider. Fait que c'est important.
François Lanthier Nadeau: Le nombre de fois, justement, que je me suis fait demander des références par soit d'autres entrepreneurs ou d'autres gens dans mon milieu, mettons, qui étaient comme, Peux-tu me pluguer avec un psy, une psy, whatever ? Puis comme... Je le fais, mais je sais que commencer, mettons, de la thérapie, que ce soit au niveau personnel ou plus professionnel, c'est jamais facile quand t'as jamais ouvert, quand t'as jamais été dans ce contexte-là, quand t'as encore peut-être un bagage de stigma autour de toi, de comme, ben là, ça veut-tu dire que je suis plus fragile ou plus faible ? Fait que ce que je dis au monde, puis je veux que tu me dises si tu adores ou tu challenges cette règle-là, je parle de la règle de 3 par 3. Puis ce que je dis, c'est... Si tu veux commencer un processus thérapeutique, donne-toi, avant d'abandonner, donne-toi minimum trois rencontres pour trois personnes. Fait que tu pognes une personne, t'es pas sûr, fais trois rencontres avec avant de la dropper. Pognes-en une autre, fais trois rencontres avec avant de la dropper. Pognes-en une autre, trois rencontres avec. Si là, ça marche pas encore, ben, I guess, tu peux abandonner ou whatever. Genre, parce que c'est ça, l'alliance thérapeutique, le fit entre la personne pis le thérapeute, c'est pas... C'est ça, c'est très implicite. C'est pas explicite, c'est pas facile nécessairement. T'as peu refité ou pas. T'en penses quoi de cette espèce de règle de 3x3 ? Écoute,
Claudia Marcotte: je trouve ça intéressant. C'est clair que l'alliance thérapeutique ou ce qu'on pourrait appeler l'alliance de travail, vu qu'on fait moins le cours de psychothérapie, c'est quelque chose qui se construit. À un moment donné, justement, t'as une aisance. Je trouve ça intéressant. Je sais qu'il y a certains psy... plus cliniciens qui peuvent prendre quasiment cinq rencontres pour faire une évaluation initiale. Fait que là, c'est sûr que est-ce que tu te rends au bout de savoir si... Les objectifs pour travailler sont les bons, je ne sais pas. Mais moi, clairement, dans ma pratique, c'est plus de courte durée, c'est plus des approches brèves. Moi, clairement, ça peut marcher. Si après trois rencontres, on ne sent pas qu'il y a un fit naturel, peut-être qu'on n'est pas dans une bonne compatibilité.
François Lanthier Nadeau: Combien de rencontres en moyenne tu vas avoir par client ?
Claudia Marcotte: Écoute, je n'ai pas ça chiffré.
François Lanthier Nadeau: Il y en a qui restent six ans, qui restent tout le temps.
Claudia Marcotte: De part, moi, mon champ d'expertise, il n'y en a pas beaucoup. Moi, ça va être beaucoup. beaucoup, je te dirais, entre genre de, je ne sais pas, 8 à 15 peut-être. Mais c'est beaucoup des gens qui vont revenir, dans le fond.
François Lanthier Nadeau: Ce sont des enjeux.
Claudia Marcotte: Oui. Là, je vis telle affaire, j'ai besoin d'en parler, on peut-tu se prendre quelques séances, quelques consultations ensemble. Fait que j'ai très peu, moi, de clients. Vu que justement, mettons, je ne travaille pas sur, par exemple, des troubles de la personnalité qui sont reconnus comme une problématique qui peut nécessiter un accompagnement plus long. Fait que vu que je ne travaille pas avec ça, comment se passe-t-il de... plus courte durée. Puis c'est souvent des enjeux professionnels. Fait que la vie professionnelle, ça bouge vite. Fait que souvent, tu sais, on va travailler quelque chose puis, ah, tu sais, parfait, on part, la personne va aller un peu intégrer ce qu'on a discuté, ce qu'on a travaillé dans sa réalité. Puis il y a des choses qui vont bouger ou des choses que je pensais que c'était plus fort. Faire un peu déstabilisé, puis ils vont revenir quelquefois. Fait que c'est plus ça.
François Lanthier Nadeau: Une ressource, pas just in time, mais qui est là quand t'as besoin.
Claudia Marcotte: Bien, tu sais, moi, j'essaie de me voir un peu comme un bras droit, mettons. disponibles pour qu'on affronte ça ensemble. Fait que, tu sais, j'ai des clients sur plusieurs années, mais je les vois souvent, rarement, toute l'année. Oui, c'est ça.
François Lanthier Nadeau: Il y a une grosse différence là-dessus avec, je pense, la thérapie plus clinique. Moi, en tout cas, je pense aussi que tu peux faire on and off de thérapie clinique. Mais comme, la vérité de mon expérience, du moins, c'est que tu vas avoir des enjeux court terme qui sont dans le top de ta conscience, que tu dois régler pour être mieux dans le court terme. Il y a beaucoup de chances que tu aies des enjeux long terme que quand il n'y a pas de problème en surface et que les eaux sont calmes, c'est le temps de plonger et d'aller creux. C'est tough, c'est plate. Je pense que ça varie de personne en personne. Il y a des périodes de ma vie que je n'allais pas consulter et qu'en théorie, j'aurais pu avancer pareil. C'était plus moi qui étais lâche, qui prenais un break ou whatever. T'as-tu l'impression, quand tu parles avec des entrepreneurs, t'as-tu l'impression qu'il y a une différence psychologique entre le monde en tech et le monde pas en tech ?
Claudia Marcotte: Ta question est bonne. Hé, j'essaie de me faire un profil grosso modo. C'est sûr que ce que je remarque, puis tantôt on parlait, est-ce qu'il y a un profil d'entrepreneur ou pas ? Je te disais, moi, je ne crois pas au moule unique, clairement. Mais moi, ce que je remarque au niveau des entrepreneurs qui sont en tech, il y en a beaucoup que c'est justement des experts, soit des devs ou qui ont comme parti une business. Puis le volet, quand ils tombent dans le volet gestionnaire, c'est une grosse bouchée. Puis justement, dans toute la charge émotionnelle, le fait de gérer plein d'êtres humains, en plus de souvent être comme la tête de ton produit ou de ton service ou whatever, et que ça, souvent, je le vois comme un enjeu très, très, très difficile, le saut en gestion.
François Lanthier Nadeau: En fait, il y en a qui sont juste, moi, je pense, pas faits pour le faire, tout court. Il y en a que, quand ils arrivent à cette fracture-là ou cette étape-là, il y en a qui devraient dire, parfait, je rentre un autre partenaire ou j'engage, mettons, un gestionnaire plus haut niveau. Puis cette personne-là va s'occuper plus du leadership ou de la vision de la compagnie. Puis moi, je vais peut-être continuer à m'occuper plus de la vision du produit puis l'expérimentation, l'innovation là-dedans. Puis il y a plein de fondateurs qui le font sans remords, ce saut-là. Mais il y en a qui restent dans cette zone grise-là de genre, est-ce que je deviens un gestionnaire, leader, manager ou je continue à être un contributeur ou un technicien ? Puis c'est tough, man, parce que t'as l'ego qui te dit, je veux être le CEO, je veux avoir les fleurs, puis tout ça. Mais il y a vraiment des fondateurs smarts que j'ai vu caler la chute. Genre, non, c'est pas moi qui va gérer, mettons, une équipe, puis mettons, les finances, je vais m'occuper du produit, puis je vais faire rentrer quelqu'un, tu sais, plus en gestion suite, ou quoi que ce soit.
Claudia Marcotte: Bien, clairement, en tout cas, pour moi, quand vient cette transition-là, ça vaut la peine de se questionner.
François Lanthier Nadeau: Oui, exactement. Pas mal.
Claudia Marcotte: De peut-être aller voir, tu sais, puis aller voir justement ton profil de compétence. C'est quoi, tu sais, c'est quoi ton profil à toi ? Puis où est-ce que tu peux exceller, tu sais ? Je te ramène dans le temps, mais quand je travaillais, mettons, en grande firme, je pouvais évaluer peut-être 350 gestionnaires par année. Dans le fond, c'est d'évaluer des personnes pour des postes de gestion et de dire oui, non, peut-être. Après ça, on les voit dans le temps. On voit ceux qui réussissent, ceux qui ont plus de difficultés, où est-ce qu'ils sont. C'est un peu la même chose, même si tu es un fondateur. Je te parle plus d'un processus grande entreprise, mais même si tu es un fondateur, il devrait y avoir ce questionnement-là. Test psychométrique ou pas, ce n'est pas obligatoire. Mais d'avoir ce questionnement-là, de dire, je suis la bonne personne, sérieusement. Puis, est-ce que je vais avoir du fun ? Puis, est-ce que les gens vont avoir du fun ? Puis aussi, le volet gestionnaire, on ne se cachera pas. Il y a le volet d'être gestionnaire de proximité, donc, mettons, avec ton équipe. Mais plus ça grossit, plus tu peux te ramasser, plus un gestionnaire stratégique. Après ça, tu es CEO. pas le même rôle non plus de gérer des gens au quotidien versus d'être dans la chaise de président à part entière. T'es gestionnaire les deux, mais c'est pas la même chose.
François Lanthier Nadeau: Exact. Non, c'est super intéressant. T'as-tu... As-tu l'impression, pour revenir à la question, que le monde en tech, ils ont ce défi-là, clairement, qui arrive souvent. Mais tu prends quelqu'un qui a... Je vais reformuler. Est-ce que le fait que la tech, ça bouge vite, et que le monde a des attentes souvent. Tu penses à des VCs qui mettent de l'argent beaucoup et qui s'attendent à ce que ça accélère, ça aille vite. Est-ce que le fait qu'il y ait une vitesse ou une rapidité dans le SaaS, ça joue sur la psychologie des fondateurs, tu penses ?
Claudia Marcotte: Définitivement. Le volet que ça va vite, qu'il y a comme un bateau à ne pas manquer, il y a beaucoup ce discours-là aussi, que c'est un domaine florissant. Mets-toi en action, va chercher tout ce que tu peux. On l'entend moins chez un entrepreneur du milieu manufacturier ou qui fait des portes et fenêtres. Lui, à chaque année, il faut qu'il remplisse son carnet de commandes, qu'il livre ses portes et fenêtres. À chaque année, il recommence. L'objectif, c'est d'avoir des bons partenariats et d'avoir ses clients qui reviennent.
François Lanthier Nadeau: Un cycle plus lent ou moins rapide ? Vous pouvez nous en dire qui est lent ?
Claudia Marcotte: C'est surtout que... On est... on n'est pas dans l'exponentiel. Ton usine, elle a une capacité X. Tu fais rentrer les commandes. Si tu veux en faire plus, tu peux automatiser, tu peux ajouter du staff, tu peux avoir des meilleures machines, tu peux faire des agrandissements. Tu as des options. Mais ce n'est pas la même chose que, mettons, une business SaaS ou pour grossir, mettons, ton revenu récurrent mensuel ou quelque chose comme ça. C'est juste d'aller chercher souvent du bassin, des parts de marché. Tu peux ajouter du monde, mais on ne parlera jamais. d'agrandissement. Oui, tu peux déménager, mais tu comprends, c'est comme pas la même chose. Le modèle, il peut vraiment être exponentiel et c'est étourdissant.
François Lanthier Nadeau: C'est ça le problème avec le code, puis les 1 puis les 0, c'est que tu peux en avoir à l'infini quasiment. Mais ouais, en SaaS, t'as raison, ça peut aller vite. Puis je pense qu'il y a du monde qui doit se mettre de la pression de voir des compagnies qui vont vite, qui pognent leur J-curve ou leur hockey stick ou whatever, puis que là, ils sont comme... Pourquoi nous, ça ne fait pas ça ? Alors que pour moi, ça a le preacher beaucoup, l'espèce de croissance organique, l'âme de bootstrap J'adore encore, vraiment foncièrement, je pense que ce n'est pas parce que tu peux aller exponentiel qu'il faut que tu ailles exponentiel. Ça revient à la connaissance de toi, à la connaissance de ton marché, comme modèle de business avec toi.
Claudia Marcotte: Est-ce que je reprends cette phrase-là ? Je la dis vraiment souvent à mes clients. C'est pas parce que tu peux faire quelque chose que tu dois le faire. C'est pour toi. tout.
François Lanthier Nadeau: Ça pourrait être psy,
Claudia Marcotte: dans le fond. Oui, c'est ça. Écoute, je vais te donner mon papier. Mais tu sais, parce que ça s'applique dans ton modèle, mettons, business, dans ta transition, par exemple, de gestionnaire. Ça s'applique, écoute, j'avais une cliente entrepreneur à un moment donné qui me parlait même de sa vie familiale et de tout ce qu'elle... Je disais, c'est pas parce que tu peux le faire que tu dois le faire. Souvent, ce que ça crée, c'est juste que t'es haut performant ou toi, c'est une personne hautement performante. Tu vas juste te rendre au point de rupture où tu fais juste tout ce que tu peux faire, mais avec aucune compréhension de est-ce que tu as valeur ajoutée ? Quand tu ramènes les gens à est-ce que tu as valeur ajoutée dans ce que tu fais ?
François Lanthier Nadeau: C'est trop intéressant. Est-ce que... Là, tu viens de parler d'une mère de famille, d'un entrepreneur, whatever. Toi, tu... Tu vas creux, right ? Genre, côté personnel, mettons, quelqu'un travaille avec toi. Moi, je sais qu'on est allé creux dans des trucs personnels, pas juste d'affaires. C'est quoi le ratio ? Mettons, si tu as fait naff, de façon générale, je sais que tu es capable d'aller creux dans le personnel, mais essaies-tu de te limiter pour pas que la personne se sente en genre de thérapie clinique puis qu'elle se sente encore coachée en affaires, whatever ?
Claudia Marcotte: Tu sais, moi, là, l'espèce de phrase clichée de laisse tes problèmes de job à... à job, puis là, tu es probablement de maison à maison. Cette espèce d'affaire-là où c'est deux mondes séparés. Moi, je n'y crois pas. Souvent, les gens vont arriver vers moi avec une problématique de business ou liée au travail, justement, un épuisement, un questionnement, tout ça. Mais souvent, avec le temps, on va aller ailleurs. Parce que c'est interrelié, parce qu'il se passe des choses dans leur vie, puis parce que l'un influence l'autre. Souvent, la demande initiale va être en lien avec le business travail, mais je te dirais, c'est peut-être 60, 40, 60 volets travail-business, 40 personnels que finalement, on va aller toucher. Parce que même, j'en ai des conflits entre associés. C'est super business. Mais la réalité, en arrière de ça, souvent, il y a des enjeux personnels, relationnels, il y a de l'historique, tu sais, il y a bien des affaires, là. Fait que... Ouais.
François Lanthier Nadeau: Non, mais c'est ça qui est intéressant, c'est de pouvoir aller dans deux mondes, puis être à l'aise avec les pieds dans les deux bords.
Claudia Marcotte: Ouais, puis ce que Mick-Liam me dit souvent, c'est je peux comme ramener mes acquis business ou professionnels dans ma vie personnelle, ou je peux ramener mes acquis personnels dans ma vie de business, tu sais, puis je suis comme ben c'est ça, tu sais, c'est ça.
François Lanthier Nadeau: T'es moins dans les deux bords, là. tu vis des émotions, puis tu as des relations dans les deux, super.
Claudia Marcotte: Exact.
François Lanthier Nadeau: Quand, bon, pour revenir un peu à la genèse de notre relation qui est, OK, Claudia, j'ai vendu ma compagne, il faut que je l'annonce à mes employés, à notre staff, tout ça, je suis stressé, qu'est-ce que je devrais faire, j'ai pratiqué un pitch, whatever. Y a-tu, à part des M&A, mettons, merger and acquisition, acquisition et fusion, comme moi j'ai vécu, y'a-tu d'autres communications vraiment critiques en entreprise que tu te dis, ça mon petit gars, ça vaut la peine d'y penser deux fois avant de juste aller annoncer ça freestyle ?
Claudia Marcotte: Ben honnêtement, y'en a, moi je trouve qu'il y en a beaucoup. Ok,
François Lanthier Nadeau: je trouve qu'on a une couple juste pour que...
Claudia Marcotte: Dans le fond, même quand t'as des licenciements à faire.
François Lanthier Nadeau: Des annonces de renvoi un peu.
Claudia Marcotte: Ouais, dans le fond, quand j'ai dit quelqu'un, pis... Pour moi, une annonce délicate, ce n'est pas juste à grands groupes. Mettons que tu congédies quelqu'un dans une équipe, mais après ça, il faut que tu l'expliques à l'équipe. Ton directeur, c'est un directeur aussi. Il va falloir qu'il vive avec toi. Au-delà de tout ça, avant ça, il a annoncé le renvoi de la personne. Pour moi, toutes ces communications-là, c'est bien critique parce que ça dit un peu, ça traduit un peu tes valeurs dans le fond.
Participant 4: C'est vrai, c'est bien.
Claudia Marcotte: Pour moi, tout ça, c'est critique. Ce n'est pas obligé d'être une grande annonce. Écoute, pour revenir sur... Je te fais un parallèle avec Kronos. Nous, on a eu une fusion-acquisition, mais on a aussi eu un déménagement. Ça aussi, c'est une annonce... Un déménagement physique. En fait, on a même eu deux déménagements. Ça a été un premier déménagement où on divise les gens en deux. Après ça, on les ramène dans un même bureau. Fait qu'écoute, que ce soit déménagement, renvoyer quelqu'un, des annonces de fusion, des annonces de changement, par exemple, au niveau de la haute direction. Tu sais, un associé qui devient, tu sais, qui fade out, puis t'as l'autre qui prend vraiment le top. Des nominations aussi, ça peut être délicat.
François Lanthier Nadeau: Des nominations,
Claudia Marcotte: oui. Oui, ça peut être ça. Des démotions. Fait que quelqu'un comme que tu remets à une place. Moi,
François Lanthier Nadeau: je l'ai fait, j'ai deux d'eux, oui.
Claudia Marcotte: Mais tu sais, il y a des questions derrière de ça. Tu sais, les gens peuvent se dire pourquoi. Oui, oui.
François Lanthier Nadeau: Il y a une couple d'affaires que j'ai apprises à travailler avec toi et à, mettons, en faire des annonces un peu plus critiques. Il y en a une que c'est... Parfois, ça vaut la peine de considérer s'il y a des personnes qui devraient être informées à l'avance. Ne serait-ce que parce que si ces personnes-là le savent en même temps que tout le monde, peut-être qu'il y a un risque qu'ils réagissent mal.
Participant 3: Oui.
François Lanthier Nadeau: Puis qu'ils teintent beaucoup de par leurs commentaires, leurs réactions, leur attitude, qu'ils teintent la suite de ton annonce. Et le reste de ton équipe aussi, tu sais. Ça ou parce qu'il y a des personnes, c'est comme en prévention, je guess. Puis comme en augmentation ou en support, il y a des personnes aussi qui, si tu leur en parles à l'avance, puis qui font partie de cette décision-là puis de cette annonce-là, ils vont être un magnophone, je ne sais pas, un speakerphone, mettons. Un speakerphone vraiment positif. Après, ils vont amplifier un peu le côté positif de ton nom.
Claudia Marcotte: Comme un ambassadeur, en fait. Oui, oui,
François Lanthier Nadeau: c'est ça. Ça, c'est un truc que toi, tu m'as fait clotcher, que j'ai fait, Ah, OK. j'avais pas pensé à ça un autre truc que tu m'as fait clôturer que j'ai vraiment aimé c'est, tu sais, Frank ça fait 7 mois que t'es en train de négocier le deal t'as viré ça bord en bord dans ta tête tu sais le futur ressemble à quoi tu connais beaucoup de détails, pis toi tu penses à genre la survie de l'entreprise, le montant qui va être qui va être généré, les conditions des employés l'intégration dans de la compagnie mais que t'annonces ça au monde eux autres ils vont penser à, ok ben ça veut-tu dire que genre mon horaire change, j'ai-tu plus de meetings j'ai-tu des outils différents, tu sais... On en avait parlé un peu dans le pod avec Émilie, mais ça, c'est beaucoup des choses que toi et elle m'aviez parlées. L'autre affaire que je veux dire, puis je veux t'entendre là-dessus, c'est... Le timing, mettons. Moi, je suis le genre, j'aime pas ça qu'il y ait des affaires qui restent en dedans ou opaques. Je suis trop transparent quasiment. Fait que je veux tout le temps dire tout, mettons, rapidement. Puis chez nous deux, une affaire que j'ai bien appris, c'est ça. C'est que genre, non, il y a des choses qui se communiquent à un timing spécifique puis qui se préparent. Je sais pas si ça, tu sais, mettons, les gens t'impliquent à l'avance ou pas. Le timing, quand est-ce que tu choisis, tu sais, t'as-tu des thoughts là-dessus ?
Claudia Marcotte: Hé, ça là, c'est... C'est super difficile parce qu'il y a un peu d'intuition là-dedans. Il y a quand même de l'intuition parce que toutes les situations sont vraiment différentes. Puis ça vaut la peine justement de réfléchir avant, puis de voir c'est qui mes alliés justement, c'est qui mes possibles détracteurs pour voir comment tu veux les gérer et à quel moment. Mais ceci étant dit, le timing, c'est que ça dépend de tellement de choses. Puis il reste que tu as une culture dans ta business aussi.
Participant 5: Oui, il faut respecter ça.
Claudia Marcotte: Fait que souvent, mettons, il y a aussi le volet que tu dis, mais tu dis... accepte aussi de ne pas avoir toutes les réponses. Parce que ça, j'en vois aussi dire, je ne peux pas en parler à mon équipe, je ne sais pas toutes les réponses. OK, mais quand est-ce que tu vas les savoir ? Je ne sais pas. Mais là, ce que ça fait, c'est que la personne justement devient super opaque. Les gens se questionnent. Des fois, il y a même des meetings qui sont lancés, qui sont retirés. Ça crée quand même de l'incertitude. Les gens ne savent plus comment danser. Versus, justement, le fait de tout dire. Tout dire, ça amène aussi des questionnements. Parce que là, les gens veulent en savoir plus ou veulent avoir justement des certitudes. Puis, tu sais, je ne sais pas si on a déjà parlé ensemble. Là, je fais un petit aparté, mais on a-tu déjà parlé comme des stresseurs, dans le fond, des stresseurs universels ? On a-tu déjà parlé de ça ?
François Lanthier Nadeau: Ça me divague, mais de quoi ? Vas-y, show.
Claudia Marcotte: Tu sais, il y a comme quatre stresseurs universels. Tu sais, c'est l'acronyme Nice ou NICE en anglais. Fait que, tu sais, le C, c'est le manque de contrôle. Le I, c'est l'imprévisibilité. Le N, c'est la nouveauté. puis le E, c'est la menace à l'ego. Ça, c'est des choses pour lesquelles, dans le fond, universellement, ça, c'est tiré des travaux de Sonia Lupien, si jamais quelqu'un s'intéresse.
François Lanthier Nadeau: Parlante à Sonia Lupien.
Claudia Marcotte: Parlante à Sonia Lupien, qui est une chercheuse super intéressante au niveau de la gestion du stress. Puis c'est ça. Dans le fond, ça parle que ces quatre éléments-là peuvent déclencher du stress. On revient, mettons, sur une annonce qui est peut-être trop tôt. Dans le fond, ça peut amener plus d'imprévisibilité. Puis là, les gens peuvent se mettre à énormément stresser. Puis c'est des stresseurs que chacun a une dominante. Fait que tu sais, tu as sûrement une lettre, toi, qui vient plus te chercher, comme moi, comme n'importe qui.
François Lanthier Nadeau: Moi, c'est le ciné au complet. Ah bon ? Je vis dans le cinéma. Tu n'as même pas besoin de chercher, c'est bon. Non, mais je peux voir comme une annonce critique, comme, mettons, une promotion d'émotion. Bien là, ce serait sûrement l'égo, beaucoup, tu sais. C'est impliqué, genre, comme stresseur.
Claudia Marcotte: Oui, c'est ça, exact. Mais... Tu comprends que, mettons, une annonce de fusion-acquisition, ce que ça crée, c'est que les gens ont l'impression de perdre le contrôle. Les gens se sont mis devant l'imprévisibilité, de la nouveauté. Puis il y a de la menace pour l'ego parce qu'il y a des gens qui ont peur de perdre leur job, de perdre leurs conditions.
François Lanthier Nadeau: C'est le package au complet.
Claudia Marcotte: C'est le package au complet. Même si tes gens sont plus sensibles, par exemple, au contrôle ou à la nouveauté, tu vas comment aller chercher tout le monde. C'est pour ça que, puis même ça, ça vaut la peine, on revient à ça, mais de se questionner dépendant de la... teneur stressante de ton annonce, peut-être que ton timing va changer.
François Lanthier Nadeau: Oui, absolument. C'est trop intéressant. Je trouve que c'est un modèle mental que tu peux te dire, j'ai de quoi annoncer. Qu'est-ce que ces paramètres-là, CINA, jouent ? Est-ce qu'ils influencent ? Comment je vais le dire ? Quand je vais le dire ? À qui je vais le dire ?
Claudia Marcotte: Inversement, si toi, tu es stressé, qu'est-ce qui se passe ? Dans le fond, c'est quoi qui vient te déclencher là-dedans ? C'est quoi les leviers qu'on a pour essayer d'amoindrir ça ?
François Lanthier Nadeau: Mais c'est stressant, une verselle-là, c'est pas nécessairement juste en entreprise, c'est genre dans la vie. Non, non, c'est dans tout, là. C'est dans tout,
Claudia Marcotte: tout, tout. Fait que n'importe qui a ça, là. On s'entend, les exemples typiques, mettons, du manque de contrôle, c'est avoir de la maladie. Fait que, tu sais, c'est vraiment pour tous les domaines.
François Lanthier Nadeau: Pour une nouvelle relation. Exact,
Claudia Marcotte: exact.
François Lanthier Nadeau: Qu'est-ce... Y a-tu des anti-exemples ? Des fois, j'aime ça comme... apprendre via ça. Soit que t'as vu des clients, t'anonymises tout, tu dis rien, ou que t'as vu dans ton expérience, mais que genre, OK, quand t'annonces de quoi de critique comme une fusion, ou comme un renvoi, ou une promotion, peu importe, ou un investissement, ça fallait pas de même. C'est genre d'anti-exemple.
Claudia Marcotte: Toutes les annonces confondues, là ?
François Lanthier Nadeau: Oui, ou une en particulier.
Claudia Marcotte: Écoute, il y a plein de choses qui me viennent. C'est clair que... Tout le volet, un peu ce qu'on a parlé, toi et moi, quand on a travaillé ensemble, mais dans le fond, de juste focusser sur les objectifs business. Fait que là, tu essaies d'expliquer au monde pourquoi c'est business-wise, ce qu'on est en train de faire, mais que justement, tu ne sais pas leurs conditions de travail. Par exemple, pour une fusion acquisition, leurs conditions de travail, leur horaire de travail, ils vont-ils avoir une cafétéria ? Tout ça, tu ne le sais pas. Ça, c'est pas une bonne idée parce que reste que les gens, quand ils reçoivent ça, justement, c'est un stresseur, ils se mettent en mode un peu survie et ils se retournent un peu vers eux-mêmes. Ça, clairement. Au niveau d'un renvoi ou de tout ça, les choses que moi, je trouve pas optimales, c'est pas dire la bonne raison, cacher la raison.
François Lanthier Nadeau: Je comprends pourquoi le monde va là. Mettons que la vraie raison, c'est que tu es un turbo-pingouin, puis tu ne comprends rien de ce qu'il faut que tu fasses, puis on perd notre temps à essayer de t'expliquer, puis tu n'es pas bon, mettons. Des fois, c'est plus facile de dire Ouais, on n'a pas assez de bande passante pour gérer des personnes plus juniors ou whatever. Moi, je struggle avec ça beaucoup.
Claudia Marcotte: Je pense que c'est un apprentissage, honnêtement, dans le temps, à faire. C'est parce que... Il y a comme un bout où ça n'aide pas. Si on s'entend, il y a des limites. Mais ça n'aide pas vraiment la personne, ni toi. Tu sais, dans le fond, on a ce qu'on appelle du courage managérial. Puis, il faut être capable. Courage managérial. Courage de gestion. C'est le fait d'être capable d'affirmer quelque chose. Ça n'implique pas de dire ça en corbeau. Ce n'est pas ça que je dis. Mais d'être capable de nommer des choses. Puis, justement, s'il y a un problème de performance. Il pourrait avoir une responsabilité de l'avoir justement documenté au préalable, ce qui n'est pas souvent fait.
François Lanthier Nadeau: Parlons de ça un peu, parce que je pense qu'il y a des entrepreneurs qui sont dans brume par rapport à ça, puis moi je l'ai été. Quand on a été acheté par Duda, j'ai fait Oh, attends un petit peu. Eux se sont informés et connaissent maintenant plus les lois, normes du travail au Canada que moi parce qu'eux, leur risque de Il y a quelque chose qui fuck up. Il était rendu plus élevé en tant que compagnie canadienne maintenant. Tu veux renvoyer quelqu'un en 2023 ou en 2024-2025, si tu écoutes le pod plus tard. Faut-il absolument que ça soit documenté ? Tu peux-tu juste sagrer quelqu'un dehors ?
Claudia Marcotte: Bien, ta question est comme un double tranchant. Officiellement, je veux dire, ça peut se faire. Tu peux mettre quelqu'un dehors. Mais il reste que les normes du travail, elles s'appliquent à tout le monde. Elles s'appliquent autant à... ta business de quatre employés que ta multinationale. C'est toujours une question, en fait, je pense, d'avoir une certaine conformité, mais aussi d'être cohérent. J'en reviens là-dessus, mais d'être cohérent. Pour moi, c'est aussi une cohérence envers la personne. Trop souvent, c'est comme Ça fait six mois que cette personne-là est non performante. Est-ce que tu lui as déjà dit ? Ah non, je n'ai pas eu le temps, mais elle doit le savoir. Ces histoires-là, je comprends en même temps, parce que c'est tellement de jus. de gérer quelqu'un, puis de, tu sais, de juste accompagner une équipe, tu sais, c'est full-time. Fait qu'en plus, t'as une plus petite, tu sais, mettons, t'as d'autres responsabilités, genre la viabilité d'un produit, puis qu'en plus, faut-tu gérer une équipe. Je comprends, là, tu sais, que ça devient super difficile, mais il y a quand même un bout que je me dis, tu sais, ça peut être important d'être capable de le nommer, puis de documenter, puis c'est aussi de se protéger comme employeur, hein.
François Lanthier Nadeau: C'est ce côté-là qui m'intéresse.
Claudia Marcotte: Ce n'est pas juste de dire que je fais les choses comme il faut, la personne a du feedback clair, précis pour s'améliorer, mais c'est aussi de te protéger comme employeur et d'avoir assumé ta responsabilité de donner tous les moyens à la personne. Parce que souvent, non pas souvent, parfois, les gens vont se dire que ça n'a pas marché, c'est la faute de l'employé.
François Lanthier Nadeau: La responsabilité à l'employeur de donner un environnement dans lequel quelqu'un peut thrive et avoir du succès.
Claudia Marcotte: Exact. Puis si ça ne fonctionne pas, qu'est-ce que tu as échappé ? Il y a un apprentissage de tout à faire. Qu'est-ce que tu as échappé ? Qu'est-ce que tu aurais dû faire ? Il y a comme un regard sur soi, autant comme personne que comme employeur.
François Lanthier Nadeau: C'est pader un petit peu le risque légal, respecter les normes, mais aussi avoir quelque chose de, comme tu dis, de cohérent, de transmutique. que la personne comprenne et que toi, tu comprennes qu'est-ce qui n'a pas bien été et que ça a été documenté. L'action de documenter force cet acte de cohérence et de compréhension-là. Ça, c'est intéressant. C'est une référence, une documentation pour plus tard. Quand on l'avait échappé, c'était à cause de ça. On ne sait pas l'échapper encore.
Claudia Marcotte: L'autre affaire aussi, c'est qu'on aura beau le dire, mais il peut arriver justement des situations où la personne n'est pas contente et elle décide de traîner. Puis il n'y a rien de plus plate que de devoir essayer de tenir un dossier que tu n'as pas monté. C'est ça. Puis on parle de cohérence. Il y a aussi une cohérence sur tes valeurs. Puis mettons, là, on parle justement du monde en tech. C'est un milieu qui est petit. Autant la façon que tu embauches, que tu développes, que tu gères ou que tu renvoies tes gens. Si c'est pas cohérent au niveau des valeurs, les gens gardent quand même un certain goût puis ça se parle. Fait qu'il y a ça aussi, je pense, d'être cohérent là-dedans. Ça peut être un bon...
François Lanthier Nadeau: Je sais pas pourquoi, mais je réagis mal intérieurement à ça quand tu dis que c'est un petit milieu, ça se parle. Je m'étais déjà fait dire ça. Je m'étais déjà fait dire ça. Je me suis mis menacé par une personne quand j'étais vraiment en flot. C'était même pas en texte. Il y a des années, puis t'es comme... Tu sais, le Québec, Québec, c'est petit, pis genre, là, t'as fuck up cette job-là, pis tu veux t'en aller de façon, genre, pas responsable, ben, tu sais, je connais du monde à Québec, pis j'étais tout le temps comme... C'est-tu que c'est petit peuple, man ? C'est-tu que c'est genre... Oui, Québec, c'est petit, mais genre... Tu sais, à chaque fois qu'il y a un incident, ou un renvoi, ou une grosse décision, c'est tout le temps deux côtés, pis comme... Même si tu documentes tout, même si t'es super éthique, super responsable, super professionnel, que tu fais tout ce que t'as à faire comme du monde... Si la personne a un réagiment au fait de se faire crisser dehors, puis qu'après elle raconte une histoire de merde à toi, il y a un certain point où tu n'as pas le contrôle là-dessus, puis il faut que tu laisses aller.
Claudia Marcotte: 100 puis tu vois, je pense que je peux peut-être clarifier ma pensée. Pour moi, ça ne veut pas dire que si tu fais bien les choses, ça va bien se passer. Ah oui. On se comprend là-dessus. Il y a un bon nombre de personnes qui ne vont pas accepter un renvoi puis qui vont mal réagir. Mais pour moi, c'est juste le fait que quand tu te regardes dans le miroir à la fin de ta journée, puis que tu as mis quelqu'un dehors, par rapport à toi-même, tu sens que tu as été légit, puis comme aligné. Moi, c'est plus ça qui m'intéresse que comment... Tu sais, c'est comme dans tout, hein ? Comment les gens vont réagir, tu le contrôles pas, ça t'appartient pas. Ce qui t'appartient, c'est comment tu vas le faire, puis l'intention en arrière.
François Lanthier Nadeau: Ouais. Non, c'est... Puis juste un petit point technique, mais qui me bug tout le temps, comme, c'est-tu vrai, réaliste, que pendant une période d'essai, genre les trois premiers mois, là, tu sais, justement, un renvoi, un congédiement, c'est... Ça n'a pas besoin d'être documenté, ça n'a pas besoin d'être aussi lourd comme processus, tu peux juste renvoyer quelqu'un pendant cette période-là.
Claudia Marcotte: Les processus en bas de trois mois, en effet, dans le fond, c'est moins compliqué.
François Lanthier Nadeau: Ça devient une fenêtre critique pour les entrepreneurs, les gestionnaires, les gens qui embauchent. C'est-à-dire qu'il faut que le niveau technique, le niveau de compétence, la capacité de chipper, l'intégration dans l'équipe, l'attitude, il faut quasiment qu'idéalement tu essaies d'évaluer ça dans ces trois mois-là pour avoir...... taper ces processus lourds-là après si ça ne marche pas. Je ne sais pas si c'est un bon heuristic que je suis en train de dire.
Claudia Marcotte: Bien, oui, mais je te dirais même au-delà de tout ça, parce que ça implique des gens qui souvent vont changer de job et qui ont une famille et tout ça, je te dirais des bons gros processus d'embauche, ça peut valoir la peine.
François Lanthier Nadeau: Oui, oui, de hire slow, fire fast.
Claudia Marcotte: Oui, c'est ça.
François Lanthier Nadeau: Mais c'est tough de fire fast.
Claudia Marcotte: Et puis, c'est tough aussi d'embaucher et... tranquillement parce que, tu sais, le marché puis là, les gens, c'était... Mais moi, je me souviens que des bonnes embauches, souvent, il y avait eu un fit avec l'équipe, il y avait eu soit des tests techniques ou si c'était, mettons, un poste de directeur, tout ça. Il y avait eu des pitches, il y avait eu des préparations. Puis ça a été des bonnes embauches parce que, justement, on savait puis on n'a pas eu de surprise. Fait qu'on n'avait pas à checker le 3 mois super serré.
François Lanthier Nadeau: En fait, c'est drôle, j'en parlais sur un podcast hier avec Antoine. Je ne sais pas si on va le publier ou pas, mais peu importe. On disait... Il y a beaucoup de fondateurs ou de personnes en RH qui vivent la pression du marché de il n'y a pas beaucoup de ressources, pénurie de main-d'oeuvre, tout le monde s'arrache les devs, tout le monde s'arrache les whatever Fait qu'ils vont prendre, accélérer des processus, puis prendre des décisions à partir d'une place de peur. J'ai peur de manquer d'employés, j'ai peur que quelqu'un me le vole, j'ai peur que ça me file entre les doigts, whatever, whatever. Mais c'est jamais une bonne place pour prendre des décisions, right ? Puis à la limite, si tu veux prendre des décisions avec la peur... Tu seras encore plus peur d'embaucher quelqu'un trop vite qui est une pomme pourrie et qui va contaminer la moitié de ton équipe et fucker ta bande passante et ton énergie. Logiquement, tu prends ton temps, tu valides le fit, tu fais des tests techniques, peu importe ce que tu fais. Mais après ça, humainement, émotionnellement, dans la pression du moment et tout, c'est sûr qu'on ne fait pas tout le temps les meilleurs calls, mais je suis trop d'accord avec ça.
Claudia Marcotte: Les gens aussi ont peur de perdre quelqu'un qui aille ailleurs. Mais il y a aussi une job de bien expliquer t'es qui, tu fais quoi, ta culture c'est quoi. Parce que quelqu'un qui fait juste aussi se tirer sur n'importe quel job, ça dit d'autres choses aussi.
François Lanthier Nadeau: Oui, clairement. Qu'est-ce que tu penses du monde, du mot ? Juste le mot, le monde toxique. Tu sais, moi j'ai l'impression que c'est comme, il y a le vodeux aussi comme terme là. Dès que, mettons que quelqu'un que t'aimes pas, tu peux tout de suite l'appeler toxique. Ou genre, qui a pas la même valeur ou la même politique que toi, tu peux tout de suite l'appeler toxique. Mais la réalité c'est qu'il y en a du monde qui ont un niveau de toxicité dans des entreprises, des équipes. Des fois, c'est comme sournois à identifier. Une fois que tu as un hint que c'est peut-être une personne qui a un niveau de toxicité, comment tu fais pour gérer ça ? Comment tu fais pour l'identifier ? As-tu des tasks là-dessus ?
Claudia Marcotte: C'est drôle parce que je pense que je n'utilise jamais le mot toxique.
François Lanthier Nadeau: Pourquoi tu trouves ça toxique ?
Claudia Marcotte: Je ne sais pas. Je pense que ce n'est pas dans mon langage. Pour moi, je les fais comme en deux catégories. J'ai fait ça comme des employés difficiles puis des employés en difficulté.
Participant 4: OK.
Claudia Marcotte: Puis de façon générale, tout le monde met comme ça dans le même sac. Puis c'est parce que c'est quelqu'un qui te fait vivre quelque chose de désagréable ou qui fait vivre quelque chose à l'équipe de désagréable. Fait qu'on met ça comme tout dans le même sac.
François Lanthier Nadeau: Difficile ou en difficulté ?
Claudia Marcotte: Fait que première étape pour moi, c'est comme d'essayer d'identifier à quoi tu as affaire. Es-tu quelqu'un de difficile ?
François Lanthier Nadeau: Quelqu'un de difficile, c'est genre moi, genre mettons quand j'étais ado puis que j'avais une attitude de marde. Puis quelqu'un en difficulté, c'est quelqu'un qui a de la misère à accomplir ses tâches, mettons.
Claudia Marcotte: Je ne te connaissais pas assez à dos, mais quelqu'un de difficile, en effet, c'est quelqu'un, mettons, qui a un problème genre d'attitude ou qui a quelque chose vraiment derrière de problématique. Versus en difficulté, c'est souvent quelque chose, il y a des circonstances, que ce soit personnelles ou dans l'arrivée.
François Lanthier Nadeau: C'est pas un technique.
Claudia Marcotte: Non, c'est ça. Ça peut être quelqu'un qui vit quelque chose sur le plan personnel ou que l'environnement de travail ou, tu sais, des fois, j'ai vu des choses super, je vais dire niaiseuses, mais tu sais, de base, quelqu'un qui manque de... de ponctualité. Là, tu es comme employé difficile. Mettons plus en manufacturier. Finalement, tu te rends compte que c'est parce que l'horaire, on l'a changé il y a trois mois. Dans le fond, il y a un conflit d'horaire avec sa blonde qui travaille de nuit. Tu es comme il est juste en difficulté. Il n'est pas capable d'arriver.
François Lanthier Nadeau: Non, je te feel. C'est bon.
Claudia Marcotte: De comprendre ça, première des choses.
François Lanthier Nadeau: Juste une chose qui m'énerve vraiment. Vas-y. Je te coupe, m'excuse. Mais genre, Il y a du monde difficile qui mascarade en difficulté. Fait qu'ils vont trouver toutes ces hosties d'histoires-là puis de leviers de genre, Ouais, mais là, conflit d'horaire au travail. Ah, j'avais pas eu le mémo à ce niveau-là. Puis ça, c'est décausé.
Claudia Marcotte: Bien, tu sais, les employés en difficulté, les premières étapes, c'est comme d'avoir une certaine empathie puis de les aider, puis d'être en mode solution.
François Lanthier Nadeau: Oui.
Claudia Marcotte: Mais si ça marche pas, ou si ça revient toujours, bien peut-être que... C'est plus quelqu'un de difficile, finalement. Fait que ça, il y a une lecture à avoir par rapport à ça. Puis après ça, c'est aussi de comprendre pourquoi ces gens-là viennent te chercher. Dans le fond, c'est quoi ton... Moi, j'appelle ça des hot buttons. Puis on n'a pas tous les mêmes hot buttons. Des boutons chauds. Des boutons chauds, des choses qui te font... qui te font lever de l'intérieur. Fait que d'essayer de comprendre ça. Puis après ça, de vraiment prendre soin de les gérer de la bonne façon. On revient à ça, mais un employé difficile...
François Lanthier Nadeau: Oui, c'est ça, j'allais là.
Claudia Marcotte: Tu penses-tu comment ?
François Lanthier Nadeau: Tu n'as pas de contrôle sur comment il est, qui est allé ?
Claudia Marcotte: Pour moi, les secrets, ça va faire très relation de couple, c'est la communication, une certaine constance. On parle autant dans le fait de documenter et tout ça. Tu me disais, c'est quoi les signes pour les identifier ? Mais ça, honnêtement, c'est avoir au moins une culture où les gens se sentent en genre de sécurité psychologique pour nommer des choses. que des gens disent là, il faut que je sois super proche de mon équipe pour savoir s'il y a quelqu'un qui… Bien, plutôt, responsabilise tes gens à flaguer les problématiques, mais pas toutes. Dans le sens, on s'entend, il n'y a pas le crayon bleu, j'ai pris le crayon rouge, ça ne marche pas. Mais d'essayer de responsabiliser tes gens à gagner en maturité pour essayer de gérer entre eux ce qu'ils sont capables et de remonter quand il y a vraiment une problématique.
François Lanthier Nadeau: Il y a un entrepreneur que je rencontrais récemment et il était comme, tu sais, on a construit, pour le meilleur ou pour le pire, on a construit une culture qui filtre et qui identifie rapidement les gens qui ne fitent pas avec cette culture-là. Quand tu es quelqu'un, c'est tous des performants qui veulent exceller. Quand tu es quelqu'un qui rentre là-dedans et qui met de la bisbille ou qui n'amène pas de valeur, ce n'est pas long que ça remonte. Moi, je n'ai rien besoin de faire. Bon, est-ce que l'équipe est trop serrée, pas assez ouverte ? Whatever, mais comme... Avoir un modèle comme ça, que t'as pas à tout le temps être en questionnement et en poker pour voir si ça marche ou pas, ça c'est bon. Mais la fois, si tu le dis pas à ta team, yo, vous pouvez me remonter du feedback. Ou tu leur donnes pas les fenêtres d'opportunité, tu sais quand j'allais prendre les marches avec mes employés, tu leur donnes pas les fenêtres d'opportunité. C'est juste pas dans leur personnalité de lever des flags, prendre plus de responsabilité pour dire, cette personne-là, quand on arrive pour lui donner du feedback, ça marche pas, ça met tout le monde mal à l'aise à chaque semaine.
Claudia Marcotte: Oui. Ça ressemble un peu à des principes de l'entreprise libérée ou l'entreprise responsabilisée. Je peux te dire ça. C'est un peu des tendances, mettons, en culture d'entreprise et en façon de manager ton entreprise. Fait que, mettons, l'entreprise responsabilisée, c'est justement, je pense à un client, que lui, ses équipes, dans le fond, il se rencontrait à chaque semaine et il se donnait du feedback. Il n'était pas là. C'est juste son équipe qui se donnait du feedback. Intéressant ça. Comme quand ça réagissait, les gens qui réagissaient ou qui n'étaient pas prêts à prendre le feedback, éventuellement, souvent, les gens étaient portés à quitter d'eux-mêmes. Parce que quand on parle de responsabiliser les gens, leur donner plus de responsabilité, mais il faut faire attention. Il ne faut pas que ça devienne des cercles de bashing. Exact. Mais tout ça, je pense, ça s'apprend. Il faut que tu ailles avec les employés qui sont capables, justement, d'avoir un cadre là-dessus. Il faut que tu encourages ça aussi. Mais oui.
François Lanthier Nadeau: Est-ce que c'est tough gérer des humains ?
Claudia Marcotte: C'est la chose la plus difficile, je pense.
François Lanthier Nadeau: Il y a tellement d'entrepreneurs et des founders ces temps-ci qui me disent, gérer le produit, gérer l'acquisition, gérer les finances, le réinvestissement. Tout ça, ça va. Mais quand il y a quelqu'un qui arrive en bravure dans mon bureau ou quand il y a quelqu'un qui se plaint d'une autre personne ou quand il y a quelqu'un qui pense s'en aller à quelque part mais qu'il ne le sait pas trop, qu'il y a un problème, est-ce que c'est pas clear-cut ? C'est pas genre... le code, il roule-tu ou il ne roule pas ? Oui, c'est ça. C'est vraiment plus boiteux, comme juste gris, genre nuancé.
Claudia Marcotte: Puis souvent, ce que j'entends, c'est que les entrepreneurs voient ça beaucoup comme du... Je vais appeler ça du bruit.
François Lanthier Nadeau: Ah oui, oui. Tu sais,
Claudia Marcotte: beaucoup du bruit sur...
François Lanthier Nadeau: Je n'ai pas besoin de ça, genre. Oui, c'est ça. Mais c'est clé.
Claudia Marcotte: Mais c'est comme ta plus grande valeur. C'est eux. Ça devient super difficile parce qu'ils veulent se mettre des œillères, mais moins tu le gères. Plus c'est problématique aussi. Puis là, on revient aux forces puis aux talents. C'est pas tout le monde qui est là. Fait que si, en plus, c'est pas dans tes forces, c'est dans tes talents, dans le fond, ça veut pas dire que tu vas pas être capable, mais ça veut dire la quantité de ressources que ça va te prendre pour le faire, t'es décuplé. Fait qu'après ça, t'es vidé, là. T'sais, t'es complètement vidé. Fait que c'est aussi, là, fait que tu procrastines. En tout cas, fait que... Ouais, c'est pas évident. C'est pas évident.
François Lanthier Nadeau: Non. Puis une affaire que je veux rappeler au monde, c'est que c'est pas juste à propos de gérer les autres. puis d'aider ou de comprendre ou de discipliner les autres, c'est aussi de comprendre et de discipliner toi. C'est tout le temps un canal à deux, une rue à deux sens, un double sens. Il me reste deux points que je veux checker avec toi avant qu'on littéralement meure de chaud dans le studio. Jesus Christ !!
Claudia Marcotte: On est à thermomètre !
François Lanthier Nadeau: Je vais faire un financement à l'OIF pour qu'ils nous... Non, je ne veux pas savoir le thermomètre, je vais mourir tout de suite. Premièrement, le burn-out. Je veux savoir, y a-t-il des signes... d'épuisement professionnel que tu... Si t'avais à partager de façon un peu générale, be on the lookout. Genre, soyez vigilants sur tel signe pour pas se rendre là, un petit peu.
Claudia Marcotte: Écoute, il y en a tellement beaucoup. Tantôt, je te parlais de robotisation du comportement. Ce n'est un signe.
François Lanthier Nadeau: Quand t'es sur l'autopilote, genre...
Claudia Marcotte: Exactement. T'es comme déconnecté. Quand... Écoute, il y en a plein. Quand tu as un genre de désengagement, c'est une espèce de distance qui se crée, mettons, entre... Ton cœur était là-dedans, puis là, on dirait que tu es vraiment distancé. Un modèle à lequel je pense souvent, du burn-out ou de l'épuisement professionnel, c'est comme... C'est une batterie, dans le fond. C'est comme les gens, ils se disent Ma batterie est basse, donc j'arrête. Je prends une pause. C'est souvent ça. Un peu comme on le fait avec des arrêts de travail. Mais la réalité, c'est que le levier le plus important, c'est de trouver comment tu la remplis. Les gens pensent que ça va se remplir de soi. Mais non, ça te prend du ressourcement. Souvent, avec le temps, les gens ne savent plus. Ils ne savent pas en fait c'est quoi leurs activités de ressourcement. qu'est-ce qui leur permet de se remplir d'énergie.
François Lanthier Nadeau: Pas juste pause. Parce que des fois, si tu poses puis tu rumines pendant un mois, tu ressources pas.
Claudia Marcotte: Ben, vois ça comme un téléphone. T'auras beau prendre ton téléphone, fermer toutes les applications, ta batterie va pas plus charger. Mais c'est un peu la même chose au niveau du burnout. Fait que, tu sais, on parlait de désengagement, tout ça, tu peux avoir des problèmes de concentration. Au niveau du burn-out, tu peux avoir des symptômes qui peuvent se rapprocher un petit peu de la dépression. Fait que t'es une humeur changeante, un sentiment de tristesse. Tu peux avoir... C'est multiple. C'est vraiment multiple.
François Lanthier Nadeau: T'as-tu l'impression que... Moi, je pense que oui, mais si d'autres dimensions, normalement clés ou importantes de ta vie, commencent à s'affricter aussi, pis que tu sais comme pas trop pourquoi, ça se peut que ce soit un signe qu'on est professionnel.
Claudia Marcotte: Ben, c'est sûr que dans l'optique où t'as des symptômes... qui apparaissent, mettons, je reprends la robotisation du comportement, mettons, souvent ça va se refléter dans ta vie personnelle. C'est rare que tu vas agir en autopilote. dans ta business, puis que tu vas arriver à la maison puis que tu vas être complètement aligné dans l'intention puis dans la conscience de ce que tu fais. Souvent, ça va un peu effriter après ton autre volet. Fait que si tu causes conséquences, je le sais pas. Si tu as les symptômes qui viennent interférer sur les deux pans de vie, ou le fait que tes pans de vie, ça soit plus difficile, ça peut être un signe, mais c'est peut-être un signe que tes symptômes sont là. Fait que...
François Lanthier Nadeau: Puis comment tu... Parce que t'as comme deux... J'ai l'impression qu'il y a deux chemins. Un, que t'es comme, oh, voici des signaux de, je suis probablement en épuisement professionnel ou je m'en vais là. Dans ce chemin-là, tu peux essayer de te ressourcer ou peut-être que t'as besoin de faire un arrêt de travail. Comment tu... Si c'est la décision un petit peu plus atomique de genre, non, j'arrête pendant un bout parce que ce que j'amène dans l'entreprise sera plus négatif que positif ou whatever. Comment t'annonces ça à des employés ?
Claudia Marcotte: Tu sais, il y a un courant actuel aussi sur le pouvoir de la vulnérabilité. Encore là, je n'aime pas les grandes généralités. Fait que si tu es bon, si tu n'es pas bon, je ne sais pas. Mais ce que je trouve intéressant là-dedans, c'est qu'il y a une authenticité qu'on souhaite en tout cas voir. Autant chez les entrepreneurs, chez les gestionnaires.
François Lanthier Nadeau: C'est toujours paternel, les leaders. N'importe qui.
Claudia Marcotte: En fait, il y a une authenticité et une vulnérabilité que tu veux que les gens soient capables de mettre sur la table. Je ne te dis pas que c'est facile. Je pense que ça dépend. Ton équipe est comment ? Ton équipe va comment ? Ça dépend aussi de la maturité de l'équipe. Parce que c'est sûr que le message que ça peut renvoyer pour un employé qui reçoit ça, c'est En effet, c'est brûlant ce qu'on vit. Moi aussi, je ne suis plus capable. Ça fait que si on peut recevoir ça comme ça ou... Il n'est plus capable, il va vendre la business ou elle n'est plus capable, elle va vendre la business. C'est beaucoup des inquiétudes qui vont venir. Si tu es dans un environnement plus bienveillant où justement il y a de la sécurité psychologique puis de l'ouverture à la vulnérabilité, je pense que ça peut être mieux reçu. Mais l'autre volet, c'est qu'après ça, tu te dis, OK, mettons que je fais un arrêt, tu es comme, qui va s'occuper des choses ? Il y a ça aussi où... Idéalement,
François Lanthier Nadeau: le monde se responsabilise ou tu as déjà de la redondance dans ton leadership, ton management. Genre, tu sais, mais sûr que c'était les quatre.
Claudia Marcotte: Oui, c'est ça. Le risque là-dedans, c'est d'en amener d'autres en épuisement parce qu'ils vont prendre un autre bout de chapeau. Moi, des fois, j'appelle ça le domino de l'épuisement. Il y en a un, mettons, qui va prendre un moment d'arrêt totalement justifié. Mais ce que ça ferait, c'est que cinq personnes qui se ramassent un bout. Ça augmente la chance. Ça, écoute, c'est un de mes rêves. Je vais lancer ça dans l'univers. Mais tu sais, à un moment donné, je me dis, ça serait tellement intéressant d'avoir une micro-cellule ou une micro-équipe que tu peux enlever un CEO ou un DG ou un fondateur, puis mettre une micro-équipe qui s'occupe de ses affaires temporairement pour y permettre de se reposer comme il faut. Tu sais, ça, c'est comme un peu mon rêve, parce qu'aussi, la réalité, c'est que souvent, ils vont dire, je prends un temps d'arrêt. Ils checkent leur courriel, ils se font appeler pareil.
François Lanthier Nadeau: Genre, papa a besoin de se reposer, voici votre faux-papa pour les deux prochains mois.
Claudia Marcotte: À peu près ça. Tu sais, à peu près ça. Mais avec, tu sais, des fois, tu entends, il faut qu'il y ait une connexion à l'équipe, mais tu sais, des fois, je me dis...
François Lanthier Nadeau: Ah, c'est tough à puller off. Mais si tu le fais, c'est hot.
Claudia Marcotte: Puis c'est surtout parce que je me dis, les entrepreneurs... Ils ont besoin de se sécuriser. Tu sais, mettons que tu sors, est-ce que ça crée un vide ? Puis c'est souvent ça qui fait que je pense qu'il y en a qui attendent trop tard.
François Lanthier Nadeau: Ah, je sais.
Claudia Marcotte: Trop tard pour sortir.
François Lanthier Nadeau: Je vais finir en te parlant de mon idée SaaSpasse à huis clos Dans le fond, justement, via le podcast, l'événement, je rencontre un paquet de fondateurs. Il y en a que je les rencontre pour les prep pour le podcast ou pour l'événement. Il y en a que c'est juste on va dîner ou peu importe. Puis il y en a beaucoup qui me disent des choses qui sont plutôt confidentielles. qui me disent même des disclaimers genre, tu sais ça, je peux te le dire à toi parce que t'en as eu une business ou que t'en as une à un certain point en ce moment mais je peux pas dire ça à personne d'autre, tu sais. Fait que ça crée des micro safe space où est-ce que, je te donne des exemples pas concrets évidemment mais mettons que tu veux mettre dehors une personne genre super talentueuse mais super toxique dans ta compagnie. Tu peux pas juste parler de ça à tout le monde. Mettons que tu veux racheter ton partenaire. Mettons que tu vas manquer de cash dans les prochains mois. Mettons que tu as des investisseurs qui te font turbo chier. Ou des clients qui menacent de partir dans la compétition. Ou des leaders positifs dans ta compagnie qui vont peut-être quitter la compagnie et aller chez un compétiteur. Tu sais, tu as tellement d'affaires que c'est juste pas... logique puis stratégique d'en parler tout le temps à tout le monde, surtout pas à ta team. Puis, les gens qui ne sont pas dans ta compagnie, ta famille, tes amis, s'ils ne sont pas entrepreneurs eux-mêmes dans le milieu de la tech, ils ne comprendront pas et ils ne vont pas nécessairement te donner les bons conseils. Je me rends compte qu'il y a un besoin de pouvoir parler de façon sécuritaire et savoir qu'on va être compris et écouté par des pairs, par d'autres entrepreneurs qui, eux aussi, ont le même genre de skin in the game, ils ont le même genre de challenge. Ce que je voudrais starter, puis ça reste une idée pour l'instant, mais c'est un petit groupe mensuel qui s'appellerait justement SaaSpasse à huis clos. On fait peut-être une rotation. Il y a 3-4 membres core des entrepreneurs qui invitent un autre entrepreneur qui a des enjeux. On a toute une espèce de NDA qu'on signe. C'est quelqu'un qui host chez lui ou dans un restaurant à chaque mois. On peut juste parler de tout ce qu'on a à parler. Je ne veux pas en faire un modèle d'affaires à la YPO ou à Hampton ou plein d'affaires. Juste créer cet aspect. pace-là, je pense que ça pourrait tellement aider les entrepreneurs. Puis une partie de la mission de SaaSpasse, c'est ça. C'est d'aider les entrepreneurs, pas juste faire de la visibilité. Je ne sais pas. La ligne est mince. Je ne veux pas être... Il ne faut pas que ça soit brandé thérapie pour fondateurs Mais en même temps, il y a une partie de ça que c'est clairement de la thérapie pour fondateurs. Je réfléchis un peu à haute voix, mais tu en penses quoi de cette idée-là ?
Claudia Marcotte: Moi, honnêtement, j'ai toujours cru... au soutien et à l'aide par les pairs. Pour moi, justement, souvent, tu as besoin de soutien et d'expertise. Souvent, je trouve qu'avec ces deux morceaux-là, tu peux vraiment faire un bon bout de chemin. Je trouve ça intéressant. Je trouve que ça peut répondre à un besoin. C'est un peu comme tu me disais tantôt, que tu accueilles des confidences parfois. Je les accueille comme, par exemple, un père parce que j'ai vécu quelque chose de similaire et je peux te donner, moi, comment je l'ai vécu. La vérité,
François Lanthier Nadeau: c'est que j'ai probablement du monde qui ont encore plus de conseils à te donner si on laisse passer un secrétaire. Exact. Il y a plein d'affaires que je n'ai jamais vécues ou que je ne sais pas quoi dire, mais que je vais être une oreille à tenter.
Claudia Marcotte: Je pense que c'est... On n'a pas parlé tant que ça, mais le sentiment de solitude...
François Lanthier Nadeau: Oui, c'est rough.
Claudia Marcotte: Je l'entends tellement partout. Fait que, tu sais, justement, des safe space, des espaces sécuritaires comme ça, c'est des éléments qui, je pense, qui peuvent être salvateurs, honnêtement, pour certaines réalités, pour certaines personnes, parce que ça vient, justement, contre-carrer un peu cet effet de solitude-là, où, justement, tu ne sais plus à qui et comment parler, tu sais.
François Lanthier Nadeau: Tu sais, comme je te dis, il y a plein de monde qui font des modèles d'affaires autour de ça, des business autour de genre de groupes exclusifs de I'm whatever puis c'est comme, après avoir parlé à mon psy, il m'a vraiment dit comme, Ouais, là... La nature de ce que tu veux accomplir là, ça devrait pas être vu dans une optique monétisable ou économique. La nature de développer les relations, de la confiance, s'aider, tu vas avoir un retour qui va pas être monétaire. La profondeur des relations, la confiance, pouvoir compter sur quelqu'un. Ça m'a vraiment flashé, j'ai pas besoin de framer ça comme une business, de faire de l'argent avec ça. Fait qu'on verra si SaaSpasse à huis clos ou pas. Claudia, avant qu'on se renouisse, tous les deux dans ce hot studio, merci, merci tellement d'être venue. C'était trop le fun.
Claudia Marcotte: Merci de m'avoir invitée. J'espère que ça a été intéressant, pertinent. Ça peut en avoir aidé quelques-uns, quelques-unes de loin ou de proche.
François Lanthier Nadeau: Où est-ce qu'on peut te trouver si le monde veut te jaser un petit peu plus ?
Claudia Marcotte: Claudia pas plus compliqué que ça.
François Lanthier Nadeau: That's it.
Claudia Marcotte: Ou sur LinkedIn aussi. Ou sur LinkedIn aussi, très facile.
François Lanthier Nadeau: All right, on sort d'ici.
Claudia Marcotte: Bye-bye. Bye.
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